Ce jeudi 04 mars 2010, l’excentrique et facétieux R OCCOLIER, homme politique et professeur en enseignement général en collège (au collège du VAUCLIN et non au Collège de France) eut l’honneur des colonnes de notre quotidien France Antilles avec un titre évocateur en première page :
« Ni remords, ni rancunes ».
Serait-ce là un enterrement annoncé en grande pompe, « sans fleurs, ni couronnes » de la vie politique de cet élu ?
Je pense sincèrement que la rédaction du journal n’avait pas un choix de programmation alléchant pour ce tirage en décidant de publier cette interview accordée par R OCCOLIER. En effet, sur les 15 questions posées par le journaliste, R OCCOLIER s’est livré à 7 reprises à son jeu favori de répondre par une pirouette. Pour un homme qui se définit lui-même comme un intellectuel (hic…! auto-proclamation lors d’un entretien sur ATV avec le journaliste CHESNEAU), je ressens une profonde frustration et déception en tant que lecteur. Par cette attitude, R OCCOLIER ne fait pas honneur au « club » des nombreux « intellos politiciens» [………….] de ce pays. Soit… !
Revenons sur cette interview dont quelques affirmations avancées par notre homme ont particulièrement retenu mon attention.
1. Les éléments qui ont déterminé son choix pour la liste RDM « Alliance pour le développement de la Martinique » :
· La stature internationale de M DE GRANDMAISON
· La mandature de M DE GRANDMAISON au parlement européen
· La présidence de M DE GRANDMAISON à la tête du réseau international des comités de bassins
2. Le bilan du conseil régional
· Les lycées en Martinique sont les mieux équipés de France
· Le constat d’un budget en équilibre et une notation financière positive
3. Les propositions de R OCCOLIER
· Le lancement d’un emprunt obligatoire de 80 millions auprès des martiniquais
A. La stature internationale de M DE GRANDMAISON
Vaste sujet, cette stature internationale aisément mesurable d’après les indicateurs suivants :
Le nombre de kilomètres parcourus à travers le monde, le nombre de pays visités, le nombre de billets d’avions et autres titres de transport libellés au nom de notre élue et de sa proche délégation, le volume de réservations en classe affaire, VIP, ALIZEE, le nombre d’aéroports empruntés, le nombre de boutiques DUTTY FREE fréquentées pour les foulards HERMES, les chapeaux, le nombre de type d’avions utilisés, de compagnies aériennes, maritimes, ferroviaires (spatiales heu…qui sait !), de sociétés de location de voiture sollicitées, le taux d’hébergement à l’hôtel et le nombre d’enseignes hôtelières essayées, l’expertise accumulée en découverte gastronomique, et pour finir, le nombre de milles accumulés auprès des compagnies aériennes pour s’offrir quelques virées exotiques après la retraite politique sur le dos des contribuables et de……l’Etat français.
Voila ce qui a fait la stature internationale de M DE GRANDMAISON, évidemment improductive pour le développement de notre pays et le bien-être de ses habitants. Toutefois cette incommensurable expérience des voyages, lui confère une compétence sans commune mesure pour apporter à nos agences de voyages locales un conseil avisé en marketing commercial. De même que nos bijoutiers peuvent s’enorgueillir d’avoir eu, à « leur propre insu », une égérie de la joaillerie locale en faisant découvrir au monde entier, nos inimitables collier-chou et chaine-forçat.
B. La mandature de M DE GRANDMAISON au parlement européen
Gloire à Paul VERGES, homme de parole, lui, qui démissionna pour permettre la nomination de M DE GRANDMAISON au poste de député européen le 14 octobre 2007. Cet acte plein de panache (A MARIE-JEANNE prenez en de la graine.. !), a propulsé la dite Dame à BRUXELLES pour une période de deux ans. De cette mandature relevant du bon vouloir de P VERGES, je retiendrai comme point d’orgue de l’action politique de M DE GRANDMAISON en faveur du développement de la Martinique et des DOM :….. demander à l’Europe la reconnaissance de l’esclavage. Et c’est tout !!!!!!
C TAUBIRA en a rêvé et l’a fait à l’assemblée nationale française, M DE GRANDMAISON en a rêvé mais n’a pu le faire au parlement européen de Bruxelles. N’est-ce pas là un manque de pertinence intellectuelle, à vouloir pratiquer avec futilité un « copier-coller » sans vergogne. La Martinique, pressée par la crise au même titre que le reste du monde, avait sans doute d’autres priorités, portées sur un réel processus de développement économique et de relance de l’emploi. Voilà la mission qui incombait à M DE GRANDMAISON en tant qu’élue martiniquaise, plutôt que cette perpétuelle revendication démagogique et stérile au nom de l’idéologie identitaire avancée à BRUXELLES. M DE GRANDMAISON n’a pas pesé bien lourd face aux enjeux auxquels elle était confrontée, ne disposant à l’évidence d’aucun projet solide prenant en compte chaque secteur économique défavorisé à aider, par méconnaissance des mécanismes et des procédures administratives à solliciter. Elle n’a pu comprendre et s’imposer dans les jeux d’influence permanents auxquels vous devez vous confronter en tant que député européen. Il est bien plus aisé d’afficher une personnalité dotée de prestige et de charisme dans nos médias locaux et nos places publiques que dans l’hémicycle bruxellois. M DE GRANDMAISON l’a appris à ses dépends et ne s’en relèvera pas.
B. La présidence de M DE GRANDMAISON à la tête du réseau international des comités de bassins
Pour faire court, je vous renvoie au lien suivant http://www.riob.org/spip.php?article20 qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur le réseau international des organisations de bassins (le RIOB), dont M DE GRANDMAISON fut la présidente de 2004 à 2007. Je suis convaincu que vous parviendrez à la même conclusion que moi, à savoir une « usine à gaz » dont notre élue doit chercher les tenants et aboutissements encore à ce jour. Toutefois, « ce machin », dont on n’aura vu et perçu aucune retombée sur le problème de l’eau ni sur le coût sans cesse en augmentation pour les consommateurs, aura permit à M DE GRANDMAISON de peaufiner sa carrière personnelle et d’occuper un titre honorifique supplémentaire, à défaut d’en retirer de réels avantages pour la Martinique. Les coupures d’eau récurrentes subies par la population martiniquaise pendant le carême, ne semblent pas en tout cas avoir fait l’objet d’une réflexion nourrie au sein de cette instance pour y pallier, même sous la mandature de M DE GRANDMAISON.
C. Les lycées en Martinique sont les mieux équipés de France
Même si R OCCOLIER, contrairement à M DE GRANDMAISON, n’eut guerre droit aux voyages, affirmer que les lycées en Martinique sont les mieux équipés de France relève d’une gageure inacceptable. Pareille déclaration, d’un professeur d’enseignement général en collège, certes, « en roue libre », d’un ancien président de la commission éducation à la Région, et méconnaitre la situation déliquescente des lycées, me laisse perplexe. Vu du ciel, « l’habitat scolaire» s’apparente au port de la Pointe des grives. Nos enfants sont de plus en plus parqués dans des containers. Confrontées à des nécessités d’extension, les collectivités ne construisent plus. Elles se contentent d’implanter à profusion « ces caisses à bananes » transformant nos espaces d’éducation en bananeraies géantes. BANAMART a de beaux jours devant lui ! L’état du bâti et des équipements pédagogiques sont désuets et indignes pour la formation de nos enfants. Les lycées professionnels, qui accueillent un fort pourcentage d’enfants d’origine sociale défavorisée, sont particulièrement laissés à l’abandon. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que les lycéens du LP PETIT MANOIR n’ont pas eu une seule heure de cours en atelier pendant l’année scolaire 2008-2009. Les ateliers étaient dans un état de délabrement et ne respectaient plus les règles de sécurité en vigueur. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que le personnel enseignant (ses collègues) de ce même Lycée professionnel a débrayé il y a tout juste un mois pour protester contre l’équipement désuet du matériel pédagogique des ateliers opérationnels qu’à partir de septembre 2009. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que le Lycée Joseph PERNOCK du LORRAIN situé dans le nord atlantique, région « sous-développée » par l’incompétence de ses élus et d’une politique d’aménagement territorial déséquilibrée et partisane, se trouve dans un état de délabrement au niveau de sa structure physique même, et nécessite de toute urgence une réhabilitation. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que les élèves de ce lycée se sont mis en grève et ont manifesté dans les rues de la ville à deux reprises, en 2007-2008 et en 2008-2009 pour réclamer des conditions de travail et de vie auxquelles ils sont en droit d’attendre. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que dans ce même Lycée, dans le centre de documentation, les élèves circulent en slalomant entre des étais qui retiennent le plafond. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que la fracture numérique est bien réelle dans nos lycées. Le taux d’équipement des lycées (tous types confondus) est en dessous de la moyenne nationale, en dessous de la moyenne guadeloupéenne. Certes avec l’arrivée de MAYOTTE dans le giron français, nous gagnerons une place… Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que la cité scolaire du MARIN, donc le Lycée professionnel R NERIS, est sinistré depuis le séisme. La réaction mesurée de la Région pour permettre la rapide reprise des cours a eu pour effet que les élèves n’ont pas pu avoir de cours théoriques et d’ateliers sur une partie non négligeable de l’année scolaire 2007-2008. Leur formation a pu se dérouler grâce à l’opiniâtreté des enseignants (ses collègues) et les entreprises locales qui les ont accueillis pour pouvoir se présenter décemment aux examens. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que tous les lycées ne sont toujours pas dotés de réseau informatique wifi pour permettre à nos enfants d’accéder aux technologies nouvelles et à la culture.
Je pourrais encore développer ce dossier et prouver aux martiniquais l’incurie de la Région et de R OCCOLIER quant à la politique d’éducation menée par ces derniers, au risque de générer un buzz sur le blog.
Voilà Monsieur OCCOLIER une infime réalité de la situation des lycées en Martinique. Avant d’avancer des contre-vérités comme c’est l’usage entre vous, imprégnez-vous des dossiers. Quelle irresponsabilité !! Je vous ai donné des pistes, ALLEZ SUR LE TERRAIN comme vous et vos collègues de la Région auriez du le faire.
D. Le constat d’un budget en équilibre et une notation financière positive
Que n’ai-je pas lu !! Il est de bon ton et de bon genre de plébisciter les qualités de bon gestionnaire de A. MARIE-JEANNE. Très perfide et malhonnête, quand plus du quart des Lycée (sur 23) méritent une réhabilitation totale. Quand nos enfants travaillent avec des conditions matérielles vétustes, dépassées techniquement, avec des centres d’information et de documentation sous-dotés en ouvrages littéraires, culturels et professionnels. Les internats sont laissés à l’abandon et sont pour la plupart insalubres. Le concept d’hébergement est resté identique à ceux en vigueur dans les années 60. Ces conditions rétrogrades ne motivent pas nos enfants à adopter ce type d’hébergement et ont pour effet de leur imposer les journées les plus intenses et longues au monde : réveil en moyenne à 5H30, retour au domicile à 18H30. Imaginez la vie d’un lycéen de STE MARIE scolarisé en BTS au lycée de BELLEVUE avec des cours commençant à 7H00 et se terminant à 17H00. Vient se greffer à cette donnée la question du transport scolaire qui n’en est pas un vrai et qui pèse fortement sur la vie de nos lycéens. Nos enfants, ne mériteraient t’ils pas que la collectivité Région souffre d’un déficit budgétaire pour améliorer leurs conditions de vie, et ainsi préparer les futures forces vives du pays ?
E. Le lancement d’un emprunt obligatoire de 80 millions auprès des martiniquais
Quelle ingénieuse idée R OCCOLIER !, quand on sait que le taux de chômage en 2009 s’élevait à 22% de la population active et que les plus touchés étaient les jeunes actifs de moins de 30 ans avec un taux de chômage de 35,8% (chiffres INSEE). Le PIB de la Martinique est de 9,682 milliards de dollars soit 24 118 dollars par habitant en 2006, ce qui correspond à 70% de la moyenne européenne. Sachez Monsieur OCCOLIER que la Martinique reste hélas une région pauvre de « l’Europe » même si elle garde le leadership dans les DOM. Pour la circonstance, votre lumineuse idée d’emprunt obligatoire s’apparente à un délire voire une fumisterie. Qui payera cet emprunt obligatoire ? Je crains que l’Histoire et Géographie que vous enseignez « en roue libre », en votre qualité de professeur d’enseignement général en collège vous ait « embrouillé la tête » en voulant nous imposer un nouvel emprunt russe.
Ma liberté de parole dans un pays encore en démocratie, mon aversion pour le culte de la personnalité, notamment pour les imposteurs, ma réprobation de l’obligation de servilité avilissante, de mise en politique, m’autorise sans émoi et sans états d’âmes à commenter ces affirmations, et à les porter à votre appréciation. N’en déplaise à ceux qui acceptent de subir l’embrigadement de leur conscience, courant le risque de restreindre ce pour quoi tant d’hommes et tant de femmes ont lutté au fil des siècles :
LA LIBERTE DE L’HOMME.
Félix PETIT