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Rapport de l’ANACT sur l’approvisionnement en carburants des départements français d’Amérique

MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR,

DE L’OUTRE-MER ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

MINISTÈRE CHARGÉ DE L’OUTRE-MER

Communiqué de presse

de Marie-Luce PENCHARD

Ministre chargée de l’Outre-Mer

Paris, le 7 juillet 2010

Rapport de l’ANACT sur l’approvisionnement en carburants des départements français d’Amérique

Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer, a pris connaissance des conclusions du rapport de l’agence nationale de l’amélioration des conditions de travail (ANACT) qu’elle avait commandé le 22 janvier 2010.

La ministre avait souhaité une large concertation sur place, notamment avec les représentants des consommateurs, des syndicats et des acteurs de la filière. Ce rapport s’inscrit dans une démarche de transparence que le Gouvernement a privilégiée de façon constante pour rendre compte des résultats des études successives sur l’approvisionnement en carburant et énergies des départements francais d’Amérique (DFA).

Par son approche, ce rapport complète, en effet, celui effectué en mars 2009 par l’inspection des finances sur la fixation des prix des carburants dans les DOM ainsi que l’avis rendu le 24 juin 2009 sur le même thème par l’Autorité de la concurrence.

Il convient d’ailleurs de rappeler qu’à la suite de ces travaux une réduction des marges a été mise en œuvre par arrêtés préfectoraux.

En complément, le rapport de l’ANACT explore des pistes nouvelles pour répondre aux interrogations de long terme sur la filière d’approvisionnement en carburants des DFA.

Le rapport de l’ANACT étudie, en effet, les trois scénarios suivants :

- les possibilités d’approvisionnement en carburants aux normes européennes dans l’environnement régional des Antilles-Guyane ;

- l’importation de carburants raffinés en provenance d’Europe ;

- la pérennisation du dispositif actuel en l’aménageant pour accroître son efficacité.

Pour bien appréhender les enjeux qui s’attachent  à  chacun  de  ces  trois  scénarios,  Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer, a reçu successivement les représentants des pétroliers, les trois préfets directement concernés ainsi que l’intersyndicale de l’entreprise SARA. Elle a aussi pris acte de l’avis des trois  présidents  de  région  réunis le 17 juin dernier au sein de l’Union régionale Antilles-Guyane, en faveur de la préservation de l’outil industriel SARA.

C’est donc sur le fondement de ces échanges que Marie-Luce PENCHARD, Ministre chargée de l’Outre-mer, a décidé de :

- prendre en considération l’attachement des acteurs locaux à l’outil industriel SARA, notamment en raison de son impact positif sur le plan économique et social et en l’absence de solutions alternatives à court terme pour garantir la sécurité des approvisionnements en toutes circonstances ;

- privilégier l’amélioration des conditions d’exploitation de l’outil SARA en liaison avec les opérateurs actuels et par une plus grande implication des principales collectivités concernées.

Pour l’avenir, la ministre souhaite que les acteurs s’engagent dans une démarche prospective qui valorise l’utilité sociale et l’efficacité économique de l’outil industriel.

Le travail de transparence et de concertation mené depuis un an permet d’arrêter aujourd’hui une position claire sur l’avenir de la filière ainsi que sur son retour à l’équilibre économique.

En effet, la solidarité nationale ne doit pas servir à subventionner de façon pérenne le prix d’un bien de consommation courante. L’Etat doit concentrer son intervention sur les dépenses de solidarité au bénéfice des personnes les plus fragiles, notamment :

-          l’entrée en vigueur du Revenu de Solidarité Active (RSA) au 1er janvier 2011,

-          le nouveau dispositif de la continuité territoriale avec des aides prioritaires pour les publics les plus modestes,

-          l’engagement financier massif de l’Etat pour la construction de logements sociaux.

Serge Letchimy et les élus ultramarins obtiennent à l’arraché une loi d’orientation agricole en Outre-mer !

COMMUNIQUE

Les débats sur se sont achevés dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Le député Serge Letchimy a participé à l’ensemble des travaux et débats sur le projet de loi de modernisation de l’agriculture. Il a été l’auteur d’une quinzaine d’amendements et a fait adoptés deux dispositions importantes pour l’outre-mer et la Martinique.

La première disposition a été adoptée à l’occasion de l’amendement n°1222 du gouvernement dont l’objet est de mieux impliquer les exploitants et la production agricole de proximité dans l’approvisionnement des services de restauration collective, par le biais de la commande publique. Le député Serge Letchimy a obtenu que, dans ce cadre, il soit tenu compte des possibilités d’adaptation qu’offre l’article 73 de la constitution. Le député a souligné que « cela aurait l’avantage, au-delà du circuit court en termes de filière qui permet de réduire, voire de supprimer, le nombre d’intermédiaires, d’introduire la notion de proximité. Le problème central en effet (…) est qu’on ne peut pas sans cesse répéter (…) que nous sommes à 15 % en moyenne, seulement, de satisfaction par rapport à la consommation locale et ne pas prendre une mesure forte notamment en modifiant le code des marchés publics à la hauteur des besoins pour permettre à la production locale de mieux assurer l’alimentation et le service dans les cantines, en particulier.

Ce serait un signe extrêmement fort en direction des départements d’outre-mer ».

La seconde disposition est l’amendement n°166 présenté par Victorin Lurel, Serge Letchimy, Jouis-Joseph Manscour et les élus du groupe SRC, défendu par Serge Letchimy en séance et voté, après un échange long et virulent, contre l’avis défavorable du rapporteur et du ministre. Cet amendement prévoie à l’article 24 que le gouvernement devra produire un rapport  » déterminant les grandes orientations d’un projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche spécifique à l’outre-mer ». Cet amendement est d’une portée considérable. D’abord parce que le projet de loi laissait très largement de côté les enjeux agricoles et de sécurité alimentaire en Outre-mer. Ensuite, il renvoyait comme à l’accoutumée, à la pratiques des « ordonnances » permettant dans les faits au gouvernement d’arrêter des mesures en dehors de tout débat et de tout contrôle démocratiques et parlementaires. Cet amendement est d’une portée considérable. En effet, il permettra aux élus de nos territoires de proposer des mesures réellement adaptées aux réalités économiques, sociales et environnementales des différents territoires. C’est pourquoi, il a personnellement demandé à la ministre de l’Outre-mer de soutenir cet amendement en CMP.

Regard : BONNES VACANCES A TOUS … par Tony Delsham

C’est vrai, c’est morose partout. Souhaiter bonnes vacances à un chef d’entreprise, de même qu’à un élu responsable, s’apparente  à une plaisanterie de mauvais goût. Mais bon, ou on baisse les bras ou on retrousse les manches et … on se bat. Serons-nous nombreux à prendre l’avion dans le sens Antilles France, ou dans le sens   France-Antilles ?  Je n’ai pas interrogé les compagnies aériennes. L’année dernière j’étais descendu dans un hôtel de la place. Il avait cassé les prix, n’avait pas gagné d’argent et les dirigeants faisaient grise mine.

Le dimanche 27 juin au Club de l’économie de L.C.L, Gérard Brémont le P.D.G de Pierre et vacances, affirmait que 90% des français passeront leurs vacances en France pour le plus grand bonheur du tourisme français  et de ses hôtels. Notons que  ce marché interne  n’exige pas de prix au rabais, le problème de la saisonnalité n’existant pas, pas plus en France qu’autre part. Lorsqu’il n’y a pas de client l’hôtel ferme. Patrick Artus directeur de recherche d’un organisme officiel, sur le même plateau précisait «  qu’en temps de crise il se produit un phénomène sécuritaire du retour à la maison » Pour ma part j’ai noté,  le même phénomène en Martinique. Il s’est traduit par la vente en catastrophe de la maison et le reste, pour aller rejoindre les enfants «  qui ne travailleront jamais en Martinique, ils sont trop diplômés et  nous, on ne veut pas prendre de risque en restant ici ». Pour eux, c’est un aller sans retour. Vous en connaissez tout comme moi.  Ils iront enrichir les hôtels de Pierre et vacances en France. Pour eux la sécurité, c’est en France. Et peut-être même pourront-ils faire des affaires en Espagne puisque dans ce pays, l’industrie touristique s’est effondrée et des milliers de maisons qui attendaient les touristes annoncés, jamais venus, sont en vente pour une bouchée de pain. Information donnée, ce jour-là,  par le club de l’économie.

Mais bon …bonne vacances quand même.

UN MARCHE INTERNE …

Patrick Artus a précisé que « le Tourisme n’est pas une activité de la survie » qu’il sera de plus en plus dominé par une haute technologie. En clair, les petits boulots du tourisme : nettoyer, balayer, servir, sont amenés à disparaître  ou en tout cas on assistera à la diminution de  l’effectif du personnel. Et, conclut Patrick Artus, « le tourisme est une chaine, on parle d’ailleurs de l’industrie du tourisme ». Pour l’heure, notre marché interne s’exprimant surtout pendant les grandes vacances, demande aux hôtels de réduire de façon considérable leur prix. Les Hôteliers, l’année dernière ont affirmé ne pas avoir gagné d’argent. D’autre part, la vente de produits de consommation courante, pièce détachées pour automobiles et matériels Hi-fi,  jusqu’alors assurée par  la grande distribution,  ralentit de plus en plus, jusqu’à disparaître un jour dans un délai relativement court. En effet, les moins de trente cinq ans, génération informatisée, préfèrent faire leur marché  dans  ce gigantesque magasin qu’est le Net. La disparation de certains postes dans les grandes surfaces   est donc prévisible

Mais bon …bonne vacances quand même.

A QUAND LA RELANCE ?

Oh, nos élus y travaillent ferme ! Avec détermination. L’un des objectifs prioritaires est la création d’emplois. Il faut doper la commande publique permettant les logements sociaux, il faut rénover ou créer des structures d’accueil pour le tourisme, et le BTP doit pouvoir agir, car chacun sait que lorsque le BTP va, tout va !  Mais,  la meilleure volonté et la plus grande détermination du monde permettront-elles aux entreprises de faire face à la réalité d’une épargne engloutie, sans avoir réglé les dettes ? Permettront-elles de calmer l’impatience du propriétaire des locaux loués qui a besoin de l’argent de sa location pour faire face à ses propres obligations ? Permettront-elles de stopper les procédures enclenchées par l’huissier ?   C’est aujourd’hui que l’entreprise a besoin d’argent, or les retombées de notre dynamisme seront-elles au rendez-vous avant un an ?

Oh ! Nos élus ont sans doute tout organisé, tout prévu. Notamment…exiger   des pouvoirs publics, un moratoire quant aux dettes.

Alors bon …bonne vacances quand même.

Tony DELSHAM.

LE 22 MAI DOIT ETRE TREMPLIN ET VICTOIRE DU FUTUR.

Extrait de CENESTHESIE ET L’URGENCE D’ETRE de Tony DELSHAM.

Certains estiment que l’action commune des héritiers des trois groupes ne s’aurait s’enclencher qu’après l’image vengeresse du descendant d’esclavagistes, genoux en terre, demandant pardon des crimes commis par ses ancêtres. D’autres, réclament une réparation passant par la confiscation de biens jugés indus. Nous ne partageons pas ces choix demandés dans le cadre d’un département français. Ils sont irréalistes. La cohésion d’un peuple, d’une société, d’un groupe d’hommes, n’admet pas l’humiliation de l’une des composantes de ce peuple, de cette société, de ce groupe d’hommes.

Les forces alliés ayant terrassé l’Allemagne nazie se gardèrent bien de mettre tous les Allemands dans le même sac, se gardèrent bien d’humilier le peuple en son entier et les vainqueurs s’appuyant sur les adversaires Allemands du nazisme conservèrent au pays de Goethe et de Wagner une dignité qui lui permit de retrouver le concert des nations européennes, dès la fin de l’occupation.

La République Française n’a pas décapité tous les monarchistes. Elle s’est simplement débarrassée des irréductibles et à « proposé » aux autres de crier « Vive la République » Depuis, ces derniers sont devenus bons républicains, et si certains vivent dans la nostalgie du passé, les lois du peuple français balisent leurs phantasmes et leurs rêves secrets en les rappelant à l’ordre à la moindre déviance.

A la Martinique personne n’a été décapité, mais personne n’a non plus « proposé » au groupe des blancs de crier « Vive le 22 Mai »

Et pour cause ! Les esclaves libérés, comme le rappellent les journaux de l’époque mentionnés par l’historien Edouard de Lépine, semblable au peuple de France parcouraient les rues en criant « Vive la République, Vive la Liberté » En outre, entre le gouverneur affolé de l’époque, car confronté à l’interprétation des ordres de Paris, l’impétuosité du groupe des gens de couleur libres ne sachant qui devait être l’interlocuteur avec lequel on devait discuter de projets concrets et réfléchis concernant le futur, et l’impatience du groupe des noirs esclaves grisé par sa découverte de la puissance du nombre, personne n’était en mesure de faire de propositions lucides qui tiendraient compte, à la fois des intérêts de Paris et de ceux de Fort-de-France. L’organisation post esclavagistes est issue d’une vente à la criée, dominée par les forts en gueule des différents groupes sous le regard fuite en avant d’une administration centrale dépassée.

Conclusion ?

Si, pour les Etasuniens, le 4 juillet est la victoire des Etats-Unis passés, présent et futur, pour les Russes, le 17 octobre la victoire de la Russie, passée, présente et à venir, pour les Français le 14 juillet la victoire de la France passée, présente et à venir, pour les Martiniquais le 22 Mai est victoire de la Martinique du passé, pénalise le présent et rend incertain le futur. Il n’est pas source de joie, mais mur des lamentations.

Plus d’un siècle et demi plus tard, il n’y plus d’irréductibles, et, quand bien même y en aurait, le présent les rappellerait à l’ordre. Pourtant, c’est chacun dans son coin que Nègres, békés, mulâtres, et même des zoreyes, continuent à crier « Vive la Martinique ». Affirment œuvrer et penser Martinique. Cela avec une évidente sincérité. Comment fédérer et mettre ce … patriotisme au service de la Martinique et des Martiniquais ?

* * *

Assumer notre destin : En cette fin d’année 2005 l’état du monde n’est guère rassurant, et c’est dans un contexte survolté, où le problème religieux et le problème racial semblent se radicaliser, que les Antillais de Paris décident de lutter contre la stratégie de l’invisibilité, tandis que leur pays d’origine affronte un climat étrange où chacun paraît attendre l’explosion et les catastrophes annoncées. L’ère des grands travaux est définitivement terminée entraînant faillites et licenciements, les jeunes aux poches bourrées de diplômes et à la tête pleine de projets explorent toutes les possibilités qui leur sont offertes, montent d’éphémères entreprises supportées par les aides bonne conscience du système avant de s’expatrier animés du sentiment d’avoir été chassés de chez eux par une stratégie voulue, la drogue fait des ravages, braquages et agressions avec armes sont désormais le lot quotidien, les élus s’entredéchirent, .

L’attitude du gouvernement français qui depuis 1981, admet comme interlocuteurs privilégiés, non plus les descendants du groupe des blancs, mais bien l’ensemble des Martiniquais à travers les élus, a considérablement changé les données. Cependant les rapports inter groupes ne sont pas apaisés pour autant, le moindre incident ravive les rancœurs et les différentes composantes de l’identité martiniquaise continuent à se neutraliser. Pire, on assiste à ce qui ressemble à une tentative de concentration de zoreyes dans des zones géographiques précises, Diamant et Trinité notamment, qui pourrait bien concrétiser la formation d’un groupe cultivant un communautarise bien plus dangereux que le camp retranché du François, et portant les germes d’un vrai racisme. Dans un chapitre précédent nous avons constaté qu’existaient deux sortes de zoreyes. Celui parfaitement intégré, ayant adopté la Martinique et qui est adopté par les Martiniquais. L’autre replié sur lui-même, raciste et colonialiste justifie son attitude par l’hostilité qu’il affirme rencontrer chez les autochtones. L’image non stabilisée que lui renvoie la société martiniquaise lui fourni toutes sortes d’alibis.

Le drame de la Martinique, n’est-ce pas en définitive l’incurie des nôtres : intellectuels et hommes politiques « qui n’égalèrent pas leur destin ? »

Qui ne surent pas reconnaître les acquis de notre propre histoire et l’autorité inéluctable du devenu, loin des matrices originelles ?

Qui oublièrent de chanter l’enracinement, drapeau des conquérants, pour vouer un véritable culte au déracinement, linceul des perdants ?

Qui ne surent ou ne voulurent pas définir avec lucidité ce qu’était un martiniquais, bien que la réalité socio-historique s’affirme depuis bien longtemps déjà ?

En 2005, le devenu s’impose et le devenir s’impatiente. Alors fermement et avec insolence face à l’histoire, nous osons suggérer une action concrète dont l’intention est de nommer, de reconnaître et d’officialiser, enfin, l’identité martiniquaise à travers toutes ses composantes, car il n’est pas sûr que la simple arrivée des nouvelles générations comblera le vide perturbant de notre histoire. En effet, la reproduction du geste du père ou des aînés est une constante dans les familles et encore plus dans les sociétés non affranchies des pesanteurs du passé. Au cours de l’année 2003, Aimé Césaire symbole de la résistance nègre, et Bernard Hayot considéré, à tort ou à raison, comme le porte drapeau du pouvoir béké, ont raté une magnifique occasion. En effet, ils avaient décidé tout deux de planter un arbre à l’habitation Clément. Cérémonie sobre devant quelques invités, sans intention historique, ni recherche symbolique. Une telle rencontre, un tel geste avaient suscité un grand intérêt, preuve que la société martiniquaise est en attente du déclic. D’où notre conviction de la nécessité du symbole fort. Agissons le plus rapidement possible. Dès 2OO6, tentons de faire du 22 Mai la victoire de la Martinique passée, présente, et future. La victoire de tous les Martiniquais, sans exclusive.

Nous imaginons aisément les réactions outragées des guerriers à l’armure rouillée autoproclamés défenseurs de la dignité martiniquaise, de l’âme martiniquaise. Hélas, aucun papyrus frappé du sceau d’une authenticité, prenant source dans des mythologies ou dans l’histoire, ne leur confère la moindre légitimité. Le non-être des kidnappés d’Afrique fut organisé par les architectes d’une époque barbare. L’époque est révolue et les architectes congédiés, mais nous tardons à les remplacer par les nôtres, ceux de la renaissance de l’Etre issus du Tout-pays, issus du Tout- Martinique.

Nous imaginons les protestations courroucées et sincères d’héritiers des trois groupes qui se sont persuadés qu’à la Martinique l’ennemi a visage humain. Qu’il est blanc et béké. Ou noir et négre. Ou métissé et mulâtre. Ou cheveux soyeux et indien.

Non !

A la Martinique l’ennemi est la somme des rancœurs, des rancunes et des haines, qui perdurent parce que le poète n’a pas encore chanté l’amour. Ni l’amitié. Ni la fraternité. Pas plus qu’il n’a chanté la Martinique. Sauf à l’enrobée de flonflons doudouistes ou de délires névrotiques.

Nous imaginons également les diatribes de ceux qui confondent souffrance personnelle directement liée à un conflit immédiat avec un béké, avec un mulâtre, avec un nègre, avec un indien, avec le système et notre souffrance collective elle, directement liée à l’histoire et donc plus lointaine et maîtrisable, grâce à la grandeur humaine.

Qu’importent ces réactions prévisibles ! Avec le défi permanent que l’histoire a toujours exigé de nous, hissons-nous au niveau des autres nations en imposant au Tout- France et au Tout- Europe, le Tout Martinique. Offrons aux héritiers du groupe des noirs esclaves, du groupe des blancs esclavagistes, du groupe des gens de couleur libre, du groupe des Indiens, un pari sur le futur. Faisons-le avec l’éclat qui sied aux actes fondamentaux, avec le rituel qui soudent les hommes unis par un même destin et officialise la naissance des nations. La Martinique du présent, avec son identité affirmée et reconnue, se félicitera de l’image du préfet de la République Française déposant une gerbe aux pieds du neg mawon réhabilité, ne s’offusquera pas outre mesure du drapeau bleu blanc rouge, symbole de l’ensemble des régions françaises, côtoyant le drapeau martiniquais, symbole de la Région Martinique qui, dans une écrasante majorité, pour l’heure, accepte le bloc français et européen.

Alors, la poétique de la relation professée par Edouard Glissant nous conduira, sans doute au Tout- Martinique, condition obligée pour obtenir la Créolité qui, répétons-le, n’existe pas dans une Martinique, victime d’une dilution pure et simple. Alors seulement nous pourrons en adulte, rejoindre le Tout- Monde. Les procureurs intransigeants, relais de l’outre-tombe, seront enfin remplacés par les avocats du présent. Dès lors, la Créolisation, le Tout- Monde, le chaos- monde, l’Archipélisation, suite logique du discours de la Négritude, ne seront plus concepts inaccessibles. Les Martiniquais n’auront plus l’impression de n’être point concernés par les propositions de nos penseurs, de nos censeurs, et seront prêts à échanger sans craindre de se perdre.

C’est cette Martinique-là, et nulle autre, qui en toute sérénité et en toute lucidité, décidera si elle doit être pays indépendant parmi les autres états de la Caraïbe, pays autonome au sein de la République Française, ou vrai département français avec une histoire spécifique et originale.

Utopique, cette proposition ?

Pas sûr. En tous cas, Aimé Césaire lui-même, n’a-t-il pas souhaité, dans un passé récent, une utopie refondatrice ?

Schœlcher le 7 juin 2005.

EVOLUTION INSTITUTIONNELLE : A propos de l’action en Conseil d’Etat

L’action que je mène auprès du Conseil d’Etat (CE) et, le cas échéant, auprès du conseil constitutionnel(CC), s’inscrit dans le droit fil des positions que j’ai défendues tout au long de la campagne référendaire, là où il m’était donné de pouvoir m’exprimer. Chacun pourra en penser ce qu’il veut –éloges ou crachats -, car j’ai déjà eu droit aux deux, j’agis en vertu des pouvoirs qui me sont offerts par les lois de la République.

Comme je n’ai pas mené ces deux actions pour moi tout seul, voici pour tous ceux qui s’y intéressent, un bref résumé de l’état d’avancement des procédures engagées :

1) la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC)

Il s’agit d’une possibilité offerte, depuis le 1 mars 2010, à tout citoyen de pouvoir interpeller le Conseil Constitutionnel lorsqu’une « disposition législative » porte atteinte à une liberté garantie par la constitution, lors d’une procédure en cours. Mais évidemment il faut passer les barrages !!

J’ai donc posé une QPC, relative à la collision des articles 73 et 72-3, en liaison avec la conditionnalité des questions liées du 10 janvier et du 24 janvier. Bon, c’est un peu plus compliqué que cela, mais en gros je me plains d’être victime de la sortie du droit commun le 24 janvier, quand 80 % de la population avait le 10 janvier dit qu’elle voulait rester dans les structures qui garantissaient le droit commun….et que la loi ordinaire en préparation ne saurait aucunement me garantir ce droit commun.

Cette QPC a été examinée par les 5 filtres traditionnels du Conseil d’Etat(CE), et la formation de jugement de la deuxième sous-section (jugeant seule), après l’audience publique du 8 avril dernier, doit bientôt dire si OUI ou NON elle transmet la question au Conseil Constitutionnel. Dernière station avant la saisine du CC !!

2) La demande d’annulation de la consultation du 24 janvier

Cette deuxième procédure ( en réalité c’est la première, puisque c’est elle qui m’a permis d’introduire la QPC ! et qui devait être introduite au plus tard 10 jours après la consultation) suit son cours. Elle est indépendante de la QPC dans une certaine mesure.

Après avoir été jugée « sérieuse » par le CE, ma requête a été admise. Elle a été étudiée par un rapporteur, puis un réviseur, puis un rapporteur public, puis transmise au ministère de l’intérieur qui a produit un mémoire en défense, qui m’a été transmis, auquel j’ai répondu dans un réplique 1, laquelle a été transmise au ministère de l’intérieur qui doit répondre, laquelle réponse me sera communiquée pour que je fasse une réplique 2 …etc, et les 5 filtres habituels vont jouer leur rôle jusqu’au rendu du jugement.

Voilà où on en est.

Mais vu la faiblesse de la réponse ministérielle, laquelle n’a fait que confirmer les impasses contenues dans la question du 24 janvier (par égard pour la procédure en cours, je ne publierai cette réponse ministérielle qu’une fois l’affaire close. Elle contient en effet des assertions qui concernent toute la Martinique et la Guyane, et constitue un document officiel produit devant le Conseil d’Etat, ce qui n’est pas rien. Et vu l’importance de ce qui y est dit, cela ne peut pas rester un document personnel et individuel), il me reste à attendre sereinement la suite.

Cependant le simple fait que le CE ait admis la requête comme « sérieuse » selon la terminologie de la constitution, prouve bien que les partisans du « NONle 24 » ne faisaient pas que raconter des inepties. Nous verrons bien si le CE (ou le CC) annulera ou pas.

Ce compte-rendu est destiné à la population Martiniquaise (et Guyanaise par voie de conséquence)

Fait à Fort de France le 15 avril 2010

Joseph VIRASSAMY

Régionales 2010 : Discours de Serge Letchimy du dimanche 21 Mars

21 mars 2010

Le peuple martiniquais a fait son choix.

Celui d’un changement profond dans un pays qui vit une crise sans précédent.

Celui d’une conception moderne de la démocratie.

Celui d’une vision moderne du développement économique.

Enfin, celui d’une responsabilité sereine

Je remercie les 78 193 électeurs et électrices qui ont voté pour la liste que j’ai eu l’honneur de diriger : Ensemble pour une Martinique nouvelle !

Je remercie tous ceux qui se sont impliqués dans cette campagne, mes colistiers, militants et sympathisants !

Cette campagne a été extrêmement rude, mais l’heure n’est pas à la rancune.

L’heure est au rassemblement !

Cette victoire n’est pas la victoire d’un clan sur un autre un clan, c’est la victoire du peuple martiniquais tout entier vers un horizon neuf.

La Région de demain ne sera pas la collectivité d’un Parti politique, ni celle d’un clan.

Et encore moins la collectivité d’un homme.

Elle sera ce qu’elle doit être : la maison du peuple, la maison de tous, ouverte à tous et attentive à toutes les créativités, à toutes les solidarités !

Le pays vient de tourner une page, et c’est un moment historique !

Mais la page qui s’ouvre doit s’inscrire dans l’humilité,

dans le respect, dans le travail,

dans la volonté de faire peuple et de nous mobiliser sans exclusive,

pour affronter les moments difficiles,

dans un élan de redressement économique, social et culturel, sans précédent.

Je rends hommage à tous les adversaires du premier tour, et du deuxième tour à M. Alfred Marie-Jeanne, à M André LESUEUR. Ils ont défendu leurs idées, affirmé leurs convictions.

C’est par la participation de tous que nous pourrons construire une démocratie de progrès. Une démocratie qui respecte les différences et qui trouve dans la contradiction la possibilité même du plus total enrichissement !

L’heure est à la joie, certes !

Mais l’heure est aussi au travail !

L’heure est aussi à la responsabilité de tous !

Il n’y a pas de temps à perdre !

Dès demain, nous mettrons au travail, notamment sur le plan de la relance économique. Je demanderai, au Président du Conseil Général, M. Claude LISE, une rencontre, pour que le plus rapidement possible, nous fassions un point sur les grands enjeux du moment, mais aussi que nous traitions de la Collectivité unique à venir !

D’ici la fin avril, notre plan de relance devra être validé par notre comité de pilotage, pour être soumis aux élus dans une séance plénière, car la relance des travaux publics doit se faire dans les plus brefs délais !

Le plus rapidement possible, je rencontrerai, le représentant de l’Etat, les élus, les maires, les présidents de communautés, pour que leur participation à notre plan de relance soit totale.

La Martinique a choisi de s’ouvrir à de nouvelles perspectives de progrès et de croissance !

Je lui dis merci !

Je mesure l’immensité de la tâche qui m’est ainsi confiée.

Que la jeunesse martiniquaise, que toutes les grandes personnes, que tous les martiniquais, d’ici et d’ailleurs, trouvent dans ce défi qui s’ouvre l’occasion d’un engagement collectif et le lieu exigeant d’une espérance nouvelle !

La Martinique nouvelle est en marche !

Merci à tous !

Vive la Martinique riche de sa diversité !

Et Vive le peuple Martiniquais !

Serge LETCHIMY.

L’ascenseur d’Alain Dolium

Franciliens, le 14 et 23 Mars, vous allez renouveler vos conseillers régionaux.

La websérie « L’ascenseur » illustre dans la vie de tous les jours les propositions du candidat du modem en IDF : Alain Dolium.

Pourquoi on en parle ici ?
Parce que c’est la première fois qu’un antillais est tête de liste en métropole.

Visitez son ste : http://www.lascenseur.net

A. MARIE-JEANNE et C.LISE : qui se ressemble, s’assemble ; duperie, mauvaise foi et malhonnêteté intellectuelle.

Tout au long de cette campagne régionale, nos deux présidents de collectivité, épaulés par leurs affidés, ont résolument choisi comme angle d’attaque, la supposée volonté de S.LETCHIMY d’imposer l’hégémonie du PPM sur la Martinique.

Cette stratégie, dénuée de bon sens, augurerait-elle une possible altération et dégénérescence intellectuelle de nos deux présidents? Car affirmer pareille sornette, c’est remettre indéniablement en cause le fondement de la politique et l’existence des partis. Un parti politique est une association organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, dont elle recherche la réalisation, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir.

Dans ce cas précisément, comment interpréter l’ambition d’A. MARIE-JEANNE et de son parti à vouloir conquérir vainement des communes aux élections municipales, des cantons aux cantonales et son acharnement sans bornes à vouloir garder SA REGION et SON MAGOT ? Il en est de même pour son homme lige C.LISE qui a patiemment tissé sa toile RDM en envoûtant quelques singuliers maires dociles, assoiffés de pouvoir et en quête de reconnaissance par la Martinique.

Oyez, oyez, braves gens ! , réjouissons-nous chers compatriotes, le RDM nous a concocté une élite politique composée « de bêtes politiques » comme A. MONTHIEUX du ROBERT, A. JEANNE-ROSE de ST JOSEPH, J. BOUQUETY de GRAND-RIVIERE, C.A. MENCE de DUCOS, E. LARCHER des ANSES D’ARLETS (commune jumelée à RIVIERE-PILOTE depuis le 10 janvier 2010), N. AZERO de STE MARIE, R. MARTINE de ST PIERRE, et j’en passe….que des lumières ! « Les pseudo-autonomistes et néo-indépendantistes du RDM en rêvaient, LISE les a inventé. »

Hégémonie, hégémonie….quand tu nous prends!

La plénière d’installation de l’assemblée du conseil général en 2008, retransmise par nos télévisions, fut révélatrice à mes yeux de cette volonté de pouvoir aveugle et sans partage incarnée par C. LISE. Celui-ci est apparu ce jour dans une posture des plus vile et détestable que l’être humain est capable d’afficher par opportunisme, par haine et pour le pouvoir. J’ai encore Le souvenir d’un homme fiévreux, manquant d’assurance dans ces propos avec une voix chevrotante, doté toutefois d’un machiavélisme sans commune mesure. Le pouvoir…rien que le pouvoir, tout pour le pouvoir quitte à faire ce jour dans la corruption. En effet, pour parvenir à ces fins et inféoder ces parvenus, C. LISE usa de stratagèmes des plus dommageables pour le budget de cette assemblée ,allant de l’augmentation du nombre des commissions (distribution de pré-bandes),de la distribution des postes de vice-président de commission ( lagen…), à l’augmentation des rémunérations des conseillers généraux ( lagen…).

Ce jour là, l’indigence et l’indécence de l’homme fut à son paroxysme. Les valeurs, comme l’éthique morale, furent balayées d’un revers de la main par celui qui, du haut de sa superbe bien terne depuis le 10 janvier, n’hésite pas à vouloir moraliser aujourd’hui la politique. Initiateur d’un complot démoniaque, C.LISE a installé ses fidèles lieutenants et ses nouveaux inféodés à la tête des principaux organes de développement et de décision du pays, faisant fi du principe de la compétence exigible.

C’est ainsi que A. LAVENAIRE, septuagénaire bien avancé dans le temps, homme d’avenir pour le pays, maire RDM de la petite commune du MARIGOT engluée dans son sous-développement malgré la longue expérience de son édilité, se retrouva à la présidence de la Communauté de Communes du Nord Martinique. E. LARCHER, sonneur de cloches, grand tribun silencieux, cumulard de son état, maire RDM de la petite commune des ANSES D’ARLETS jumelée à la commune du Grand Frère Patriote depuis le 10 janvier 2010, est catapulté à la présidence de l’Espace Sud et G. EUSTACHE playboy des quartiers, grand séducteur, maire RDM par défaut du DIAMANT, se trouve revêtu d’un complet bien trop large pour lui : la présidence du SCISME. Enfin, J. BOUQUETY, amuseur public naïf, obtient, lui, la présidence du Syndicat des Communes du Nord Atlantique.

Et bien oui, A. MARIE-JEANNE et C. LISE, vous avez par votre coup d’état tout naturellement contribué à assurer l’hégémonie du MIM et du RDM sur la MARTINIQUE. Vous êtes en totale contradiction avec ce que vous osez affirmer de façon éhontée. C’est ce que je qualifie de parfaite « escroquerie des consciences » preuve d’une réelle malhonnêteté intellectuelle vis-à-vis du peuple. Votre goût immodéré du pouvoir et votre haine vous rend aveugle à ne pas voir la paille que vous avez dans l’œil.

Autre attaque portée contre S.LETCHIMI : « il lê pren lagen la région-a pou fodfrans »

Tristes topiques, deux pales présidents de collectivité haineux, fossoyeurs de la capitale de leur propre pays. Pourquoi A. MARIE-JEANNE n’a-t-il pas délocalisé l’hôtel de région au quartier an ba mango de Rivière-Pilote ? Pourquoi C.LISE n’a-t-il pas fait de même pour le Conseil Général au quartier Reculé de STE MARIE ou au quartier Presqu’île de ST JOSEPH ? Aucun doute, l’irresponsabilité de ces deux élus majeurs de ce pays, les conduit à attiser une discrimination et une fracture entre les habitants des communes de l’île et les habitants de la capitale. Leur but avéré par cette manœuvre, installer un « apartheid communal » dans le pays. Comment continuer à faire confiance à des manipulateurs et à des ayatollahs, générateurs de désordre public?

Un pays se doit avant tout d’avoir une capitale à la fois administrative et économique où siège le pouvoir. Elle peut être une vitrine dans le monde à condition qu’elle dispose d’équipements modernes et d’infrastructures culturelles, architecturelles hors du commun, gages de sa bonne vitalité et d’une expansion en marche. Il est commun que de nombreux pays assoient leur notoriété exclusivement sur leur capitale, capable à elle seule de symboliser développement, modernité et dynamisme économique. Je cite volontiers à titre d’exemple, PEKIN pour la CHINE, SEOUL pour la CORE DU SUD, MOSCOU pour la RUSSIE, MEXICO pour le MEXIQUE et enfin le futur Grand PARIS pour la FRANCE.

Tout martiniquais censé, dénué d’esprit partisan et soucieux de l’intérêt général du pays, devrait approuver la politique d’aménagement et de rénovation de la capitale, voulue et conduite par S. LETCHIMI. Il est urgent que Fort-de France réponde aux attentes de modernité, de développement urbain et économique dont aspire une nouvelle génération de martiniquais. Fort-de France a les moyens de dégager une plus-value culturelle, économique et touristique indéniable dans la caraïbe et doit jouer un rôle moteur pour la relance économique du pays, donc de l’emploi. Voila ce dont s’acharnent à saper deux présidents ringards de collectivité, solidifiés dans du formol, dépourvus de hauteur de vue et de vision rationnelle pour le développement de la Martinique.

A. MARIE-JEANNE et C. LISE, vous avez été discrédités par les martiniquais le 10 janvier et vos dérives mensongères n’y changeront rien. Votre campagne de déstabilisation de S. LECHIMY, n’aura aucun effet sur des martiniquais qui se soulèvent aujourd’hui contre les imposteurs-autocrates et la médiocrité ambiante qui n’a que trop durée dans ce pays à cause de vos pratiques de dealers. Les martiniquais veulent aujourd’hui se débarrasser de « l’accoutumance au MIM et à ses alliés » au risque de s’exposer à une overdose. Le 14 mars mettra un terme à votre existence politique et vous ouvrira les portes d’une retraite trop longtemps repoussée. Le train de l’Histoire de la Martinique vous laissera à quai, votre incurie aux affaires politiques en sera la cause.

Félix PETIT

Raymond OCCOLIER, grand intellectuel auto-proclamé, a trouvé, à l’image de Marcel PROUST, sa MADELEINE

Ce jeudi 04 mars 2010, l’excentrique et facétieux R OCCOLIER, homme politique et professeur en enseignement général en collège (au collège du VAUCLIN et non au Collège de France) eut l’honneur des colonnes de notre quotidien France Antilles avec un titre évocateur en première page :

« Ni remords, ni rancunes ».

Serait-ce là un enterrement annoncé en grande pompe, « sans fleurs, ni couronnes » de la vie politique de cet élu ?

Je pense sincèrement que la rédaction du journal n’avait pas un choix de programmation alléchant pour ce tirage en décidant de publier cette interview accordée par R OCCOLIER. En effet, sur les 15 questions posées par le journaliste, R OCCOLIER s’est livré à 7 reprises à son jeu favori de répondre par une pirouette. Pour un homme qui se définit lui-même comme un intellectuel (hic…! auto-proclamation lors d’un entretien sur ATV avec le journaliste CHESNEAU), je ressens une profonde frustration et déception en tant que lecteur. Par cette attitude, R OCCOLIER ne fait pas honneur au « club » des nombreux « intellos politiciens» [………….] de ce pays. Soit… !

Revenons sur cette interview dont quelques affirmations avancées par notre homme ont particulièrement retenu mon attention.

1. Les éléments qui ont déterminé son choix pour la liste RDM « Alliance pour le développement de la Martinique » :

· La stature internationale de M DE GRANDMAISON

· La mandature de M DE GRANDMAISON au parlement européen

· La présidence de M DE GRANDMAISON à la tête du réseau international des comités de bassins

2. Le bilan du conseil régional

· Les lycées en Martinique sont les mieux équipés de France

· Le constat d’un budget en équilibre et une notation financière positive

3. Les propositions de R OCCOLIER

· Le lancement d’un emprunt obligatoire de 80 millions auprès des martiniquais

A. La stature internationale de M DE GRANDMAISON

Vaste sujet, cette stature internationale aisément mesurable d’après les indicateurs suivants :

Le nombre de kilomètres parcourus à travers le monde, le nombre de pays visités, le nombre de billets d’avions et autres titres de transport libellés au nom de notre élue et de sa proche délégation, le volume de réservations en classe affaire, VIP, ALIZEE, le nombre d’aéroports empruntés, le nombre de boutiques DUTTY FREE fréquentées pour les foulards HERMES, les chapeaux, le nombre de type d’avions utilisés, de compagnies aériennes, maritimes, ferroviaires (spatiales heu…qui sait !), de sociétés de location de voiture sollicitées, le taux d’hébergement à l’hôtel et le nombre d’enseignes hôtelières essayées, l’expertise accumulée en découverte gastronomique, et pour finir, le nombre de milles accumulés auprès des compagnies aériennes pour s’offrir quelques virées exotiques après la retraite politique sur le dos des contribuables et de……l’Etat français.

Voila ce qui a fait la stature internationale de M DE GRANDMAISON, évidemment improductive pour le développement de notre pays et le bien-être de ses habitants. Toutefois cette incommensurable expérience des voyages, lui confère une compétence sans commune mesure pour apporter à nos agences de voyages locales un conseil avisé en marketing commercial. De même que nos bijoutiers peuvent s’enorgueillir d’avoir eu, à « leur propre insu », une égérie de la joaillerie locale en faisant découvrir au monde entier, nos inimitables collier-chou et chaine-forçat.

B. La mandature de M DE GRANDMAISON au parlement européen

Gloire à Paul VERGES, homme de parole, lui, qui démissionna pour permettre la nomination de M DE GRANDMAISON au poste de député européen le 14 octobre 2007. Cet acte plein de panache (A MARIE-JEANNE prenez en de la graine.. !), a propulsé la dite Dame à BRUXELLES pour une période de deux ans. De cette mandature relevant du bon vouloir de P VERGES, je retiendrai comme point d’orgue de l’action politique de M DE GRANDMAISON en faveur du développement de la Martinique et des DOM :….. demander à l’Europe la reconnaissance de l’esclavage. Et c’est tout !!!!!!

C TAUBIRA en a rêvé et l’a fait à l’assemblée nationale française, M DE GRANDMAISON en a rêvé mais n’a pu le faire au parlement européen de Bruxelles. N’est-ce pas là un manque de pertinence intellectuelle, à vouloir pratiquer avec futilité un « copier-coller » sans vergogne. La Martinique, pressée par la crise au même titre que le reste du monde, avait sans doute d’autres priorités, portées sur un réel processus de développement économique et de relance de l’emploi. Voilà la mission qui incombait à M DE GRANDMAISON en tant qu’élue martiniquaise, plutôt que cette perpétuelle revendication démagogique et stérile au nom de l’idéologie identitaire avancée à BRUXELLES. M DE GRANDMAISON n’a pas pesé bien lourd face aux enjeux auxquels elle était confrontée, ne disposant à l’évidence d’aucun projet solide prenant en compte chaque secteur économique défavorisé à aider, par méconnaissance des mécanismes et des procédures administratives à solliciter. Elle n’a pu comprendre et s’imposer dans les jeux d’influence permanents auxquels vous devez vous confronter en tant que député européen. Il est bien plus aisé d’afficher une personnalité dotée de prestige et de charisme dans nos médias locaux et nos places publiques que dans l’hémicycle bruxellois. M DE GRANDMAISON l’a appris à ses dépends et ne s’en relèvera pas.

B. La présidence de M DE GRANDMAISON à la tête du réseau international des comités de bassins

Pour faire court, je vous renvoie au lien suivant http://www.riob.org/spip.php?article20 qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur le réseau international des organisations de bassins (le RIOB), dont M DE GRANDMAISON fut la présidente de 2004 à 2007. Je suis convaincu que vous parviendrez à la même conclusion que moi, à savoir une « usine à gaz » dont notre élue doit chercher les tenants et aboutissements encore à ce jour. Toutefois, « ce machin », dont on n’aura vu et perçu aucune retombée sur le problème de l’eau ni sur le coût sans cesse en augmentation pour les consommateurs, aura permit à M DE GRANDMAISON de peaufiner sa carrière personnelle et d’occuper un titre honorifique supplémentaire, à défaut d’en retirer de réels avantages pour la Martinique. Les coupures d’eau récurrentes subies par la population martiniquaise pendant le carême, ne semblent pas en tout cas avoir fait l’objet d’une réflexion nourrie au sein de cette instance pour y pallier, même sous la mandature de M DE GRANDMAISON.

C. Les lycées en Martinique sont les mieux équipés de France

Même si R OCCOLIER, contrairement à M DE GRANDMAISON, n’eut guerre droit aux voyages, affirmer que les lycées en Martinique sont les mieux équipés de France relève d’une gageure inacceptable. Pareille déclaration, d’un professeur d’enseignement général en collège, certes, « en roue libre », d’un ancien président de la commission éducation à la Région, et méconnaitre la situation déliquescente des lycées, me laisse perplexe. Vu du ciel, « l’habitat scolaire» s’apparente au port de la Pointe des grives. Nos enfants sont de plus en plus parqués dans des containers. Confrontées à des nécessités d’extension, les collectivités ne construisent plus. Elles se contentent d’implanter à profusion « ces caisses à bananes » transformant nos espaces d’éducation en bananeraies géantes. BANAMART a de beaux jours devant lui ! L’état du bâti et des équipements pédagogiques sont désuets et indignes pour la formation de nos enfants. Les lycées professionnels, qui accueillent un fort pourcentage d’enfants d’origine sociale défavorisée, sont particulièrement laissés à l’abandon. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que les lycéens du LP PETIT MANOIR n’ont pas eu une seule heure de cours en atelier pendant l’année scolaire 2008-2009. Les ateliers étaient dans un état de délabrement et ne respectaient plus les règles de sécurité en vigueur. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que le personnel enseignant (ses collègues) de ce même Lycée professionnel a débrayé il y a tout juste un mois pour protester contre l’équipement désuet du matériel pédagogique des ateliers opérationnels qu’à partir de septembre 2009. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que le Lycée Joseph PERNOCK du LORRAIN situé dans le nord atlantique, région « sous-développée » par l’incompétence de ses élus et d’une politique d’aménagement territorial déséquilibrée et partisane, se trouve dans un état de délabrement au niveau de sa structure physique même, et nécessite de toute urgence une réhabilitation. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que les élèves de ce lycée se sont mis en grève et ont manifesté dans les rues de la ville à deux reprises, en 2007-2008 et en 2008-2009 pour réclamer des conditions de travail et de vie auxquelles ils sont en droit d’attendre. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que dans ce même Lycée, dans le centre de documentation, les élèves circulent en slalomant entre des étais qui retiennent le plafond. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que la fracture numérique est bien réelle dans nos lycées. Le taux d’équipement des lycées (tous types confondus) est en dessous de la moyenne nationale, en dessous de la moyenne guadeloupéenne. Certes avec l’arrivée de MAYOTTE dans le giron français, nous gagnerons une place… Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que la cité scolaire du MARIN, donc le Lycée professionnel R NERIS, est sinistré depuis le séisme. La réaction mesurée de la Région pour permettre la rapide reprise des cours a eu pour effet que les élèves n’ont pas pu avoir de cours théoriques et d’ateliers sur une partie non négligeable de l’année scolaire 2007-2008. Leur formation a pu se dérouler grâce à l’opiniâtreté des enseignants (ses collègues) et les entreprises locales qui les ont accueillis pour pouvoir se présenter décemment aux examens. Monsieur OCCOLIER ne sait peut-être pas que tous les lycées ne sont toujours pas dotés de réseau informatique wifi pour permettre à nos enfants d’accéder aux technologies nouvelles et à la culture.

Je pourrais encore développer ce dossier et prouver aux martiniquais l’incurie de la Région et de R OCCOLIER quant à la politique d’éducation menée par ces derniers, au risque de générer un buzz sur le blog.

Voilà Monsieur OCCOLIER une infime réalité de la situation des lycées en Martinique. Avant d’avancer des contre-vérités comme c’est l’usage entre vous, imprégnez-vous des dossiers. Quelle irresponsabilité !! Je vous ai donné des pistes, ALLEZ SUR LE TERRAIN comme vous et vos collègues de la Région auriez du le faire.

D. Le constat d’un budget en équilibre et une notation financière positive

Que n’ai-je pas lu !! Il est de bon ton et de bon genre de plébisciter les qualités de bon gestionnaire de A. MARIE-JEANNE. Très perfide et malhonnête, quand plus du quart des Lycée (sur 23) méritent une réhabilitation totale. Quand nos enfants travaillent avec des conditions matérielles vétustes, dépassées techniquement, avec des centres d’information et de documentation sous-dotés en ouvrages littéraires, culturels et professionnels. Les internats sont laissés à l’abandon et sont pour la plupart insalubres. Le concept d’hébergement est resté identique à ceux en vigueur dans les années 60. Ces conditions rétrogrades ne motivent pas nos enfants à adopter ce type d’hébergement et ont pour effet de leur imposer les journées les plus intenses et longues au monde : réveil en moyenne à 5H30, retour au domicile à 18H30. Imaginez la vie d’un lycéen de STE MARIE scolarisé en BTS au lycée de BELLEVUE avec des cours commençant à 7H00 et se terminant à 17H00. Vient se greffer à cette donnée la question du transport scolaire qui n’en est pas un vrai et qui pèse fortement sur la vie de nos lycéens. Nos enfants, ne mériteraient t’ils pas que la collectivité Région souffre d’un déficit budgétaire pour améliorer leurs conditions de vie, et ainsi préparer les futures forces vives du pays ?

E. Le lancement d’un emprunt obligatoire de 80 millions auprès des martiniquais

Quelle ingénieuse idée R OCCOLIER !, quand on sait que le taux de chômage en 2009 s’élevait à 22% de la population active et que les plus touchés étaient les jeunes actifs de moins de 30 ans avec un taux de chômage de 35,8% (chiffres INSEE). Le PIB de la Martinique est de 9,682 milliards de dollars soit 24 118 dollars par habitant en 2006, ce qui correspond à 70% de la moyenne européenne. Sachez Monsieur OCCOLIER que la Martinique reste hélas une région pauvre de « l’Europe » même si elle garde le leadership dans les DOM. Pour la circonstance, votre lumineuse idée d’emprunt obligatoire s’apparente à un délire voire une fumisterie. Qui payera cet emprunt obligatoire ? Je crains que l’Histoire et Géographie que vous enseignez « en roue libre », en votre qualité de professeur d’enseignement général en collège vous ait « embrouillé la tête » en voulant nous imposer un nouvel emprunt russe.

Ma liberté de parole dans un pays encore en démocratie, mon aversion pour le culte de la personnalité, notamment pour les imposteurs, ma réprobation de l’obligation de servilité avilissante, de mise en politique, m’autorise sans émoi et sans états d’âmes à commenter ces affirmations, et à les porter à votre appréciation. N’en déplaise à ceux qui acceptent de subir l’embrigadement de leur conscience, courant le risque de restreindre ce pour quoi tant d’hommes et tant de femmes ont lutté au fil des siècles :

LA LIBERTE DE L’HOMME.

Félix PETIT

Programme du MIM : Avançons en confiance