Partir aux Caraïbes ou la relance économique par le tourisme selon Yves JEGO
Cette nuit, avalanche de communiqués de presse, Préfectures, Secrétariat à l’outremer, tout le monde s’y met pour nous présenter « Partir aux Caraïbes« , second volet du plan de relance de l’économie des Antilles, initié avec le Plan Corail.
Il s’agit ici de relancer le tourisme, à l’agonie à la conjonction entre la crise financière mondiale et le conflit social local.
De prime abord, l’idée est excellente et évidente (au sens où elle répond à un réel besoin).
La mise en oeuvre est très claire et bien menée ainsi que vous pourrez le découvrir en lisant le document de présentation émis par le Secrétariat d’Etat à l’Outre-Mer.
En résumé, il présente le plan Corail puis les mesures de relance à long terme des Destinations Ultramarines :
- Un soutien logistique avec l’appui du GIP Odit France – bientôt Agence du développement touristique – qui proposera dès cette année une stratégie cohérente de développement et des actions concrètes, répondant à la fois aux besoins exprimés par les acteurs locaux et à la demande mondiale.
- De nouveaux moyens au service de ces nouvelles ambitions
- Le projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques, en cours d’examen au Parlement, prévoit la réforme de la classification hôtelière afin de l’aligner sur les standards internationaux et de permettre une meilleure lisibilité des services aux clients.
- Le projet de loi pour le développement économique des outre-mer, qui doit être adopté le 13 mai prochain, consacrera le secteur du tourisme comme secteur prioritaire pour les DOM.
- Réductions d’impôt des nouvelles zones franches d’activité (80 % à 100 % d’abattements des bases imposables)
- exonérations de charges patronales, ciblées sur les petits salaires et l’encadrement intermédiaire, pour un effet levier maximal sur l’emploi.
- Aide à la rénovation hôtelière, pouvant aller jusqu’à 750 000 € par établissement.
- Mise en place effective au 1er juillet de la TVA à taux réduit sur la restauration, au taux de 2,1 % dans les DOM.
Le document s’achève sur la présentation d’une opération promotionnelle inédite : « Partir aux Caraïbes » qui, menée du 5 au 15 mai 2009 aura un double objectif :
- Un objectif d’image : contrer un bruit médiatique conjoncturel et montrer à quel point les îles des Antilles sont accueillantes,
- Mise en place d’n site Internet unique : www.partirauxcaraibes.fr
- Campagne de communication ambitieuse (bien que l’affichage soit réservé à la région parisienne)
- Un objectif commercial : faciliter la vente de produits touristiques pour le printemps et la haute saison.
Si l’on ne peut qu’être d’accord avec les actions à court et moyen terme, on se pose tout de même des questions sur les intentions à long terme, surtout quand on lit dans l’introduction : « LE TOURISME, VALEUR D’AVENIR POUR LES OUTRE-MER »
En effet, le gouvernement pose un constat basé sur les études de l’INSEE en 2009:
- Les résultats de l’année touristique 2008 aux Antilles sont venus confirmer le besoin de relance de la destination : le nombre de nuitées (indicateur suivi par les professionnels) a ainsi baissé de 16 % pour les deux DOM par rapport à 2007, ce qui s’explique à la fois par une réduction de la durée moyenne des séjours et par des pertes de parts de marché.
- Avec la crise économique et sociale de ce début d’année, le nombre de nuitées enregistrées par les hôtels au cours des deux premiers mois de l’année 2009 a chuté de 30 % par rapport à 2008.
Nous partageons ce constat mais nous demandons s’il ne faudrait pas enfin envisager une sortie de l’économie touristique.
Les Antillais sont, de loin, les Caribéens les plus riches. Leur niveau de vie fait naturellement de la Martinique et de la Guadeloupe des destinations chères. Y a t il un réel avenir pour le tourisme de masse aux Antilles françaises ?
Ce plan répond a un besoin immédiat, espérons que les Etats Généraux et surtout la nouvelle prise de conscience de l’ensemble des Antillais mènent vers une réflexion de fond sur l’orientation économique de nos îles.
Cette réflexion commence par une question simple : « Le tourisme est-il une valeur d’avenir pour les Outre Mer ? »




