Archives de: haiti

Ma lettre à Eric Besson

Cher(s) ami(e)s,

J’ai écrit récemment à Monsieur Besson pour lui rappeler ses engagements concernant la régularisations des haitiens en France et le regroupement familial.

En voici le texte:

Monsieur le Ministre,

Vous avez annoncé, au lendemain du séisme, des mesures exceptionnelles à destination des migrants haïtiens présents de façon irrégulière en France. Ainsi, vous êtes-vous prononcé en faveur d’un gel des expulsions, d’une flexibilité accrue pour la délivrance de visas sanitaires. Les regroupements familiaux en cours d’instruction ou à venir devaient être facilités.

Mais aujourd’hui, un mois après le séisme, nombre de familles de ressortissants haïtiens se plaignent d’une rigidité continue et préservée des démarches.

En outre, les éléments et les documents nécessaires pour mener à bien ces démarches sont bien souvent sous les décombres des bâtiments publics effondrés et donc n’existent plus.

Les mesures d’urgence et de bon sens que vous avez proposé se sont avérées inapplicables au regard de l’ampleur de la catastrophe. Dès lors quels nouveaux dispositifs envisagez-vous de mettre en place, afin de permettre véritablement aux Haïtiens qui avaient déjà des attaches avec la France de venir s’y établir ? De quelle manière comptez-vous assouplir les procédures pour les adapter à l’urgence et à la gravité de la situation ?

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma parfaite considération.

George PAU-LANGEVIN

Permanence : 8, rue de la Cour des Noues, Paris 20e (M° Gambetta)

Tél. 01 43 15 61 24 – Mel : georgepaulangevin@yahoo.fr

http://www.georgepaulangevin.fr

Concert en soutien à Haïti – dimanche 14 février 2010 à 18h00 sur le bateau Alizé – Quai de Bercy, Paris

Antilles Politique vous invite à cet événement caritatif en soutien au Peuple Haïtien :

concertfly2

Parce qu’agir fera toujours plus que parler (ou cliquer).
Parce que la catastrophe d’Haïti n’est pas une mode ou un buzz et qu’on n’a pas le droit d’oublier.
Parce qu’on ne peut pas se contenter de « penser à Haïti » et de faire les soldes quand des enfants n’ont plus leur mère pour les nourrir.
Parce que c’est aussi une façon de se dire que ça aurait pu nous arriver.

Pour toutes ces raisons là Afterweek vous offre l’occasion de rejoindre tous ceux qui ont déjà donné pour Haïti.

L’association CARE France se joint à Afterweek pour un show live acoustique toujours imité jamais égalé. Cette fois ci ce sera 60% concert, 40% lounge, 100% solidarité, tous les fonds seront reversés à CARE

Retrouvez à bord du somptueux bâteau Alizé de 18h à 00h E.sy Kennenga, Jimmy Felvia, Sked Skwad, Kenzy, Amoria, Cyrielle et bien d’autres invités surprises, tous solidaires avec Haïti.

AFTERWEEK on VALENTINE’s DAY: SHARE THE LOVE

CONCERT CARITATIF POUR HAÏTI (en partenariat avec CARE France)

E.SY KENNENGA, JIMMY FELVIA, SKED SKWAD, KENZY and guests

DIM. 14 FEV. 2010 DE 18H A 00H

PENICHE L’ALIZE

QUAI DE LA RAPEE, 75012 PARIS
METRO QUAI DE LA RAPEE

PAF: 10 € + x (tous les fonds récoltés seront reversés à CARE France)


Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010 Communiqué de presse du Conseil régional de Martinique Numéro 11, du 29 janvier 2010

CONSEIL-REGIONAL-300.jpg

Rappel : Face à l’ampleur de la catastrophe qui touche la République d’Haïti, le Président du Conseil régional de Martinique a activé une cellule de crise, le 13 janvier 2010, afin de lui permettre de cadrer l’aide que la collectivité régionale souhaite apporter, au titre de sa solidarité et de la coopération caraïbéenne, au peuple haïtien. On se réfèrera aux bulletins antérieurs pour le cadre de fonctionnement de la cellule et les objectifs de la Région, qui privilégie l’aide sous forme d’investissements pour le recouvrement favorisant les apprentissages et l’activité professionnelle en Haïti.

Les prochaines réunions auront lieu le mardi 2 et le jeudi 4 février. Des groupes de travail prendront progressivement la relève de la cellule qui perd sa fonction de « suivi de crise » pour se consacrer au suivi opérationnel du projet régional d’aide à Haïti tel que validé par la Commission permanente du 26 janvier. Une information sur son nouveau fonctionnement sera donnée la semaine prochaine.

Les questions discutées ce 29 janvier sont les suivantes :

Discussion autour d’informations générales

Informations diverses sur la situation en Haïti

La cellule s’émeut de rumeurs croissantes d’exfiltration d’enfants depuis Haïti dans des conditions illégales.

Info : Interventions médicales US en Haïti : 15 500 patients au sol (hôpitaux de campagne) et 14 000 dans le navire hôpital.

L’USGS a publié une étude alarmante sur la probabilité de répliques fortes dans les mois qui viennent.

La Ministre des universités annonce l’autorisation d’accueil d’étudiants à l’UAG. La question des familles correspondantes est d’actualité.

Suivi sanitaire en Martinique

Certains services du CHU seraient embouteillés. La prise en charge économique et médicale des patients haïtiens, pour leur rééducation fonctionnelle à l’issue des soins postopératoires ne semble pas encore opérationnelle.

Suivi de la mobilisation des associations et des sociétés de Martinique

- Association des Soignants Préparés aux Risques Majeurs (ASPRIM)

La réunion de l’ASPRIM de demain porte sur une information Générale de ses adhérents notamment des nouveaux adhérents qui sont très nombreux suite à la catastrophe en Haïti.

- Association Des Haïtiens en Martinique (ADHM)

Etat d’avancement du dispositif des familles d’accueil. Bien que la mise en œuvre de ce projet relève du Conseil général et de l’Etat, le Conseil régional appuie cette initiative.

Le dossier administratif a été préparé par l’ADHM avec les conseils de Mr Franck Robert et en collaboration avec le Service Santé, Action Sociale et Logement du Conseil régional. Il a été déposé hier au Service social du Conseil général. Ce service propose de faire le point lundi avec ADHM. ADHM se structure pour organiser l’action et fait savoir que les aides seront versées directement aux familles d’accueil. D’ores et déjà 20 familles d’accueil sont répertoriées. Deux personnes ont été placées sans attendre la définition du cadre administratif, dont un lycéen à rescolariser. Une cinquantaine de personnes est en attente d’accueil.

Formation des maçons et entrepreneurs en bâtiment. L’ADHM a travaillé hier avec le Service Santé, Action Sociale et Logement du Conseil régional et la Chargée de mission en risque sismique afin de finaliser son projet de formation à la construction parasismique des artisans. Il a été rappelé qu’il s’agit de formations limitées à des objectifs précis et que les artisans sont invités à se rapprocher de la Chambre des métiers pour des formations plus complètes.

En première approche, 2 programmes de formation sont envisagés en février et mars. La première formation vise la construction de petites cases parasismiques et paracycloniques en maçonnerie chaînée selon 3 ou 4 modèles à définir en fonction des modes de vie des campagnes de la région sinistrée. La seconde formation vise la préparation des chefs de chantier à encadrer des ouvriers haïtiens pour l’exécution de chantiers conformes aux plans d’exécution parasismiques et paracycloniques fournis par des ingénieurs spécialisés dans ces domaines (béton armé et maçonnerie chaînée).

Ces programmes de formation n’engagent en aucune manière le Conseil régional sur l’accompagnement de volontaires candidats pour le départ.

- Message de l’Institut Régional d’Arts Visuels (IRAV)

L’IRAV est habilité dans ses formations à délivrer des diplômes du cursus LMD. L’ouverture de cette offre à la Caraïbe est projetée. Le Ministère de la culture, autorité de tutelle de l’IRAV a questionné l’institut sur ses projets destinés à Haïti. Deux actions sont d’ores et déjà programmées.

Du côté des étudiants : la journée du 4 février pour Haïti : il s’agit de démonstrations artistiques et d’une exposition vente. Le produit de la vente sera reversé à Haïti. Le partenaire fiable pour l’affectation des fonds est en cours d’identification.

Les enseignants quant à eux souhaitent rechercher les anciens élèves et s’informer sur l’état actuel de l’école d’Art d’Haïti et sur le devenir de son activité. Une action de partenariat et de soutien est envisagée. Notamment accueil d’étudiants haïtiens à l’IRAV. Les procédures d’ouverture du concours aux étudiants haïtiens sont à l’étude.

- Message de l’Association pour la Protection et la Valorisation du Patrimoine de la Grande Caraïbe (APVP Grande Caraïbe)

APVP Grande Caraïbe, qui a été créée suite à des travaux de coopération interuniversitaires soutenus par la Région Martinique, associe des architectes, des ingénieurs, des universitaires et des archivistes qui œuvrent bénévolement au sein de cette association. Ces travaux de coopération ont porté sur le renforcement parasismique et paracyclonique des bâtiments anciens.

Cette association mène des études de valorisation du patrimoine architectural et urbain en Haïti depuis janvier 2009. Elle travaille en concertation avec le Directeur de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National haïtien (ISPAN).

La ville de Jacmel, dont l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO était en cours d’instruction, a subi de graves dommages. L’ISPAN avait sollicité l’aide d’un expert d’APVP pour dresser un inventaire des richesses de cette ville peu de temps avant le séisme.

D’autres villes qui ont encore un patrimoine architectural de grande valeur sont exposées à un aléa élevé. Par exemple la ville de Jérémie qui est concernée par le report de contraintes sismiques de la faille d’Enriquillo sur laquelle le séisme du 12 janvier s’est produit.

APVP Grande-Caraïbe informe la cellule qu’elle reprendra ses travaux en Haïti dès que la situation le permettra, considérant que la survie matérielle d’un peuple doit intégrer la sauvegarde de son histoire et de sa culture.

Mise en œuvre du Plan d’action du Conseil régional validé par la Commission Permanente du 26 janvier 2010

Actions à court terme :

- Achat de matériel satellitaire

Procédure de marché en cours, date limite de dépôt des offres le 02 février 2010.

- Mission de repérage :

L’Expert conseil, Marcel Clodion, déjà engagé pour accompagner le Conseil régional dans la mise en œuvre d’un projet de coopération avec Haïti, a été chargé de cette mission de repérage.

L’expert devra se rendre sur place afin de :

- rencontrer les autorités du pays pour obtenir des informations permettant de cadrer une éventuelle mission d’évaluation ;

- rencontrer les partenaires des projets de coopération déjà engagés par la Région, pour envisager avec eux les évolutions possibles ;

- recueillir sur le terrain toutes les informations pertinentes utiles à la Collectivité permettant d’orienter son action.

L’expert présentera un rapport au Conseil régional de Martinique au plus tard sept (7) jours après son retour de mission. Cette mission se déroulera du 30 janvier au 6 février 2010

Prochain communiqué : Mardi 2 février.

Contact presse : Direction des Relations Internationales et de la Coopération

service.cooperation@region-martinique.mq / 0596 59 64 69

Haiti dans l’échelle des victimes de séismes

A la demande la cellule médico-psychologique, nous avons réalisé une note qui permet de situer le séisme d’Haïti en termes de victimes, par rapport aux séismes majeurs survenus dans le monde aux XX et XXI siècles (travail réalisé par ma collègue Mendy Bengoubou).

Ca permet de ce point de vue aussi de mesurer l’ampleur de la catastrophe !

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010 Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique Notes Numéro 9, du 25 janvier 2010

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010

Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique

Notes Numéro 9, du 25 janvier 2010

Rappel : Face à l’ampleur de la catastrophe qui touche la République d’Haïti, le Président du Conseil Régional de Martinique a activé une cellule de crise, le 13 janvier 2010, afin de lui permettre de cadrer l’aide que la collectivité régionale souhaite apporter, au titre de sa solidarité et de la coopération caraïbéenne, au peuple haïtien. Cette cellule se réunit selon un calendrier mentionné dans ses communiqués, jusqu’à ce que des propositions concrètes soient proposées aux instances délibérantes de la Région. Une veille est assurée les autres jours. La cellule de crise qui représente les ressources propres de la Région accueille des partenaires et consultants extérieurs ayant une capacité d’action.

On se réfèrera aux bulletins antérieurs pour le cadre de fonctionnement de la cellule et les objectifs de la Région qui privilégie l’aide sous forme d’investissements pour le recouvrement favorisant les apprentissages et l’activité professionnelle en Haïti.

En raison de l’importance des données à traiter, les communiqués peuvent être émis le lendemain de la réunion de la cellule.

Les questions discutées ce 25 janvier sont les suivantes :

Informations diverses sur la situation en Haïti

Ce lundi, plusieurs professionnels de retour d’Haïti ont témoigné de leurs impressions sur la situation à Port-au-Prince et à Léogâne. En outre, quelques informations reçues par e-mail ont été transmises

- M. Emmanuel Florent, Médecin CICOMSCA (Centre International pour la Coopération Médicale et Sanitaire dans la Caraïbe et les Amériques).Témoignage.

L’échelle de la catastrophe est au-delà des capacités et usages en matière d’aide. L’urgence sanitaire est au-delà de bien des crises passées. De nombreux blessés restent sans soins, en raison du manque de chirurgiens, d’orthopédistes, d’anesthésistes et de soignants.

La phase de crise sanitaire peut durer 6 mois. Une fois passée la première urgence médicale (un mois environ), des complications respiratoires (poussière), des faiblesses fœtales. (Observation de M. Giboyau : la présence d’amiante dans les décombres doit faire redouter des effets à retardement).

Besoins urgents en médicaments : antalgiques (notamment pédiatriques), antibiotiques, anti-inflammatoires et Anti-diarrhéiques (les cas d’enfants touchés par des diarrhées croissent rapidement).

Pour les accouchements, la remise en route des structures encore debout se fait progressivement, malgré le grand nombre de décès parmi les médecins et autres personnels soignants.

Malgré une mobilisation internationale très forte, les besoins sont tels que les effectifs pourraient être multipliés par 3 ou plus. Chaque organisation intervient dans la limite de ses possibilités, très localement, avec ses capacités logistiques, mais on ne peut parler de maîtrise de la situation.

Les maisons non effondrées sont affectées par les répliques. La psychose des répliques laisse dehors ceux dont le domicile n’est pas endommagé. Heureusement il ne pleut pas. La mise à disposition de tentes est une priorité pour les femmes et les enfants, d’autant plus que chaque coup de vent soulève énormément de poussière de décombres. Des problèmes respiratoires, à plus ou moins long terme, doivent être envisagés.

Pour l’envoi sur place de volontaires martiniquais, des problèmes de logistique sont soulevés par la sécurité civile : problématique de l’autonomie et de la sécurité sur place des personnes et de leur matériel d’intervention. Tous les intervenants doivent impérativement avoir leur propre logistique.

- M. Roland Rosillette, ONG PLAC 21 et France-Quebec 21. Témoignage

La situation est inimaginable, les images sont celles de villes bombardées, notamment à Léogâne où presque toutes les écoles sont à terre. Les rassemblements, entre autres sur les stades, soulèvent des problèmes d’hygiène à l’échelle de la catastrophe, d’où un besoin urgent d’organiser des camps avec latrines.

De nombreuses victimes, parmi lesquelles l’élite intellectuelle dont le pays a besoin, sont retrouvées dans l’Université de Port-au-Prince en ruine. Des universités françaises se proposent d’accueillir des étudiants.

Les besoins sont criants dans tous les domaines, inclus la logistique de distribution sur le terrain.

- Mme Yaïssa Arnaud-Bolivar, professeur de sciences économiques en Haïti. Rapatriée. Témoignage

Chacun se demande comment le pays va redémarrer une fois l’urgence passée. Quelle vie réinventer ? Un sentiment de « vide absolu » plane en l’absence totale de perspective dans le chaos. Il faut non seulement reconstruire matériellement le pays, mais aussi les structures sociétales et économiques.

A la fin des secousses, tous ceux qui le pouvaient sont sortis des bâtiments. On observait des évanouissements, des personnes hébétées couchées au milieu de la rue, des personnes hurlant.

A la carrière de La Boule, exploitée sans précautions (fait dénoncé depuis des années), un éboulement a enfoui les travailleurs.

Il faut aussi penser aux nombreux « petits » sinistrés isolés dans les campagnes, qui ont seulement perdu leurs biens, et qui ne seront pas prioritaires sur les circuits de l’aide internationale.

- M. Daniel Vigée, Médecin-Pompier de retour d’intervention (en liaison téléphonique). Témoignage

La catastrophe est survenue dans un contexte déjà difficile. Face aux risques d’émeutes, il y a des difficultés à organiser la distribution des rations alimentaires qui sont arrivées sur place.

L’état des centres de santé primaire et des dispensaires est en cours d’évaluation. Il faut développer les formations dans ce domaine et financer les salaires, il faut faciliter l’achat des matériels.

La formation des ingénieurs et des architectes est une priorité absolue. Même les bâtiments neufs financés par des organisations internationales sont tombés en raison à la fois de l’absence de règles de construction parasismique et d’un manque de contrôle des chantiers. Paradoxalement (pour le grand public), les petites cases ont mieux tenu que les bâtiments officiels. Cela est notamment lié au fait que les masses de béton impliquées sont beaucoup plus faibles. La reconstruction des quartiers insalubres doit être l’occasion d’apporter un meilleur environnement aux populations.

La Chargée de mission Risque sismique de la Région a rappelé que des projets de coopération étaient déjà en cours d’instruction au moment du séisme. Il s’agit de formations en construction parasismique mobilisant des experts martiniquais (Cf. projet CASASTABLE du Natural Risk Reduction Strategy du Conseil Régional).

- Docteur Félix Thomas, Président Union Départementale des Sapeurs Pompiers (UDSP) Martinique, médecin chef CASH

Haïtien d’origine, en Martinique depuis 1977, le docteur Thomas a été en charge de la logistique (aller et retour) des volontaires du SDIS en sauvetage-déblaiement qui sont intervenus en Haïti.

Le SDIS envoie depuis des années des détachements sur les urgences caraïbéennes, et cette fois-ci, selon les retours d’information, ce qu’on voit à la télé n’est qu’une infime partie de la réalité.

L’Union Départementale des Sapeurs Pompiers de Martinique, qui mène des actions de coopération, avait formé 11 formateurs haïtiens qui avaient commencé à leur tour à former des secouristes en Haïti. L’UDSP met l’accent sur la nécessité de créer un réseau d’unités de secours (casernes) bien réparti sur le pays. Le peu de moyens qui existaient avant la catastrophe était concentré dans Port-au-Prince. Il faut faire un inventaire des moyens et des besoins et mener une réflexion stratégique. Aider les secours haïtiens à acquérir une méthode et des moyens d’intervention permet d’améliorer leur capacité de réponse immédiate, de réduire la dépendance et, si nécessaire, de faire bénéficier la Caraïbe de la réciprocité en cas de crise.

- Lecture d’un message électronique de Jean-Claude Fignolé, Maire des Abricots reçu par la chargée de mission Risque sismique

Ce « paisible village » de la Grand-Anse (Haïti), comme bien d’autres en province, est confronté à l’arrivée massive de sinistrés dépourvus de tout, de blessés infectés, d’enfants à scolariser, de bébés à allaiter et à soigner, et également à un début de délinquance. Cette petite commune n’a aucun moyen matériel et dépend de l’aide extérieure, qui actuellement est concentrée sur la capitale.

L’Etat haïtien et les organisations incitent les familles à rejoindre leurs régions d’origine ; régions qu’ils avaient auparavant quittées en raison de la grande pauvreté et l’absence d’emploi. Les provinces ne sont pas en mesure de faire face et l’aide matérielle et sanitaire doit être envisagée à l’échelle du pays entier. Des enquêtes sur les besoins des provinces, devant être suivies d’effets concrets, sont urgentes. Il faut ajouter que les commerçants d’une région agricole comme la Grand-Anse qui étaient approvisionnés depuis Port-au-Prince ne reçoivent plus de marchandises.

Suivi de la mobilisation des associations et des sociétés de Martinique

- Association des Soignants Préparés aux Risques Majeurs (ASPRIM)

Malgré les besoins encore importants, la Préfecture continue à faire savoir qu’elle préfère mobiliser l’ASPRIM en Martinique (sans doute par difficultés à garantir les conditions de leur sécurité et de leur logistique). Cependant les médecins en Haïti avec lesquels l’ASPRIM avait déjà travaillé l’an dernier appellent à l’aide. L’ASPRIM a reçu de du Président des établissements de santé privés d’Haïti une demande pressante accompagnée d’une proposition d’hébergement des volontaires de l’ASPRIM chez l’habitant. Il est rappelé qu’en raison de l’effondrement d’hôpitaux et cliniques, Haïti est confronté à une perte importante de personnel médical.

Les membres de cette association rappellent qu’ils sont formés aux interventions d’urgence et regrettent qu’il ne soit envisagé de les mobiliser que pour la seconde phase de soins.

La DSDS demande à l’ASPRIM la mise à disposition de 2 soignants pour accompagner des médecins à l’hôpital de Pétion-ville. Les soignants martiniquais ont l’avantage de la langue créole, avantage très sollicité par les organisations en place (Nations-Unies et international).

Ces partants achemineront les cartons de masques offerts par le CHU. En outre, ils emmèneront le résultat d’une collecte auprès des infirmières martiniquaises.

ASPRIM, en collaboration avec la Région (validation par la CP du 26 janvier) propose de mettre en place un nouveau stage de formation en médecine d’urgence et de catastrophe, particulièrement orienté sur les pathologies et complications post-séisme. Il s’adresse aux nouveaux adhérents, notamment aux volontaires de l’ADHM. Il se déroulera début février.

- Association Des Haïtiens en Martinique (ADHM)

L’ADHM a des contacts quotidiens avec Haïti. Ce week-end, des Associations d’Haïtiens de Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin se sont réunies en Guadeloupe. Leur position est que la reconstruction d’Haïti doit passer par les haïtiens et créer des emplois sur place. La suspension des taxes douanières a été décidée par l’Etat haïtien pour favoriser l’entrée de l’aide. Il a été décidé de tisser des liens entre ces associations d’haïtiens expatriés. Un forum se tiendra le 15 mai.

Selon L’ ADHM, il semblerait que 80% du PIB haïtien provient de la diaspora. La régularisation de la situation de ceux qui résident en France, à l’image de ce qui se passe aux Etats-Unis, va favoriser cet afflux monétaire qui contribuera à la reconstruction en Haïti.

L’approche globale de l’action de l’ADHM se dessine. Elle s’articulerait autour de 5 axes. Les 2 premiers à court terme et les 3 autres dans la durée.

- Méthodologie de l’accompagnement de l’accueil des expatriés sanitaires et leurs accompagnants, en attendant un retour possible. (Projet qui sera déposé au Conseil général en charge du social)

- Formation des volontaires. (Jeudi réunion de travail entre ADHM et CRM pour organiser la formation des maçons. Formation des soignants avec ASPRIM en préparation).

- Education

- Agriculture

- Développement

L’association doit se structurer pour faire face à ses nouveaux objectifs et lance un appel à personnes ressources pour accompagner les projets. Elle souhaite fédérer des associations partenaires.

- ADRASSEC (Radioamateurs de Martinique)

L’ADRASSEC met en place une action caraïbéennes pour le développement des radio transmissions.

- Brigitte DOPPIA consultante (EDEA)

EDEA travaille sur le terrain à des projets de coopération dans le domaine agricole (Cayes, Nippes, Léogâne Grand-Goâve…). Les objectifs sont le développement de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture

Les projets d’EDEA prennent une nouvelle ampleur en raison des migrations actuelles vers les milieux ruraux. Le Ministère de l’agriculture haïtien propose un redéploiement de ces projets s’adressant aux jeunes et favorisant leur insertion au travers des activités agricoles et agro-alimentaires. Des formations pourraient être assurées par des formateurs martiniquais, et des formateurs haïtiens désormais sans emploi car eux-mêmes réfugiés dans les campagnes.

- M. Ange-Eric RANGON, entrepreneur TP

Les entrepreneurs martiniquais souhaitent se mobiliser. Ils sont à la recherche d’informations pour cadrer une offre. A court terme démolition, déblaiement. Leur message est d’éviter un « Katrina bis » par manque de réactivité.

- M. Franck ROBERT, coordonateur projets CE en Haïti (informations diverses suite à des échanges avec ses interlocuteurs en Haïti)

Les ONG qui étaient en Haïti avant la catastrophe ont perdu des moyens logistiques. Les financements arrivent mais les transports pour les acheminer sont insuffisants. En ce moment, les organisations sur le terrain forment des volontaires haïtiens à administrer les soins légers aux blessés.

Bâtiment : l’absence de contrôles techniques reste une menace. Il est impératif de suivre les chantiers financés avec une aide à la reconstruction.

Le contexte de ces dernières années avait permis l’émergence de projets de coopération. La perte des données dans les décombres risque des les retarder alors qu’il faudrait les activer. Il faut favoriser et fédérer les petites actions. Utiliser les contacts existants. En raison de leur proximité culturelle les entreprises en Martinique et en Guadeloupe ont la capacité de faire des offres pertinentes.

- M. Maurice Juston pour Métal Système

Sa société étudie des procédés constructifs appropriés au contexte caraïbéen (climat, séismes, cyclones) à coût réduit. Projet en cours de définition.

Autres informations émanant de la Région Martinique

La région rappelle que les actions proposées doivent créer de l’activité en Haïti.

La Direction des relations internationales et de la coopération finalise le dossier de positionnement de la Région à proposer à la CP du 26 janvier.

La chef de service informe que :

- la Préfecture par le biais du Services des Etrangers a mis en place un dispositif pour faciliter l’accueil et le suivi des haïtiens en Martinique et des Haïtiens rapatriés. Il est prévu des autorisations provisoires de séjour ainsi que des regroupements familiaux, et un suivi médical des rapatriés.

- La piste du Cap Haïtien est en cours d’agrandissement

- une réunion pour finaliser la mise en place d’une collecte de matériel de santé

- le Service social régional reçoit de nombreuses propositions de parrainages (accueil d’enfants pour finir l’année scolaire

- Sir Hillary, Vice Chancellor et principal de UWI Cave Hill a envoyé un message appuyant sur la responsabilité de la France (Haïti ayant du payer à la France une « dette d’Indépendance » jusqu’en 1922) et des Etats Unis d’Amérique dans l’appauvrissement d’Haïti et appelle à une Reconstruction équitable d’Haïti.

Les élus présents concluent en faisant ressortir les principes suivants

-: Etre pratique et développer des actions concrètes.

- Favoriser l’émergence des bureaux de contrôle technique en Haïti.

- Retisser les liens entre Martinique et Haïti.


Prochain communiqué : Mercredi 27 janvier.

Contact presse : Direction des Relations Internationales et de la Coopération

service.cooperation@region-martinique.mq / 0596 59 64 69

BULLETIN D’INFORMATION DU GOUVERNEMENT HAÏTIEN DU 25 JANVIER

RÉPUBLIQUE D’HAÏTI             REPIBLIK D AYITI

ÉTAT D’URGENCE

BULLETIN D’INFORMATION DU GOUVERNEMENT HAÏTIEN

Lundi 25 Janvier 2010

POINTS IMPORTANTS

 Un tremblement de terre de magnitude 7.0 a frappé Haïti le 12 janvier 2010. Le tremblement de terre a été suivi de plus d’une centaine de répliques. C’est le tremblement de terre le plus destructeur de l’Histoire d’Haïti.

Bilan partiel du tremblement de terre :

 Environ 112 200 morts, 195 000 blessés, 1 million de sans abris, la moitié des maisons détruites à Port-au-Prince, Jacmel et Léogane ; au moins 23 centres hospitaliers privés effondrés. Dégradation des moyens économiques et sociaux de la population.

 50 équipes de sauvetage en provenance de l’étranger et composées de 1800 personnes ont pu sauver 132 victimes des décombres ;

 Le gouvernement a annoncé hier la création de 2 camps pour les personnes déplacées de Port-au-Prince: l’un sur la route de Tabarre et l’autre à la Croix des Bouquets.

 Aucune nouvelle secousse n’a été ressentie depuis celle du vendredi 7h54 du matin. Un communiqué de presse de l’United State Geological Survey (USGS) publié le 21 janvier 2010 présente une estimation de l’activité des répliques pour les trente prochains. Selon ce communiqué, la probabilité d’un ou plusieurs séismes de magnitude 7 ou supérieure surviennent est moins de 3% ; un ou plusieurs séisme(s) de magnitude 6 ou plus, est de 25% ; un ou plusieurs séismes de magnitude 5 ou plus, est d’environ 90%. Approximativement 2 ou 3 répliques de magnitude 5 ou supérieure sont attendues pendant cette période de temps. Une secousse aurait été ressentie cette nuit à Cornillon. Cependant, elle n’a pas été enregistrée par l’USGS.

 Il faut à tout moment être conscient de la conduite à mener si le sol commence à trembler. Les espaces ouverts sont généralement sûrs, mais courir parmi des chutes de débris pour atteindre un espace ouvert peut être dangereux. Seuls des ingénieurs qualifiés peuvent déterminer si un bâtiment endommagé est sûr et peut être réoccupé. La règle à tenir tant que les ingénieurs ne sont pas sur place la suivante : si un bâtiment n’a pas l’air sûr, c’est qu’il ne l’est pas. On doit éviter de pénétrer ou de réoccuper une structure clairement endommagée.

PRIORITÉS ET DIRECTIVES GOUVERNEMENTALES

  • Demande du Président René Préval à la communauté internationale: Besoins urgents de 200 000 tentes familiales solides pour abris provisoire respectant les standards OCHA/UNHCR.
  • Le transport aérien de ces tentes doit être absolument priorisé, sur les aéroports de Port-au-Prince en Haiti, Barahona et/ou San-Isidro en République Dominicaine, par avions de grande capacité. L’urgence s’aggrave avec la proximité de la saison des pluies. Entre-temps, nous en appelons spécialement aux partenaires bilatéraux pour rendre disponible tous les stocks disponibles – en particulier militaires. Nous sollicitons de la communauté internationale de procéder à des commandes groupées de tentes pour faciliter la logistique sur le terrain.
  • 36 millions de rations alimentaires prêtes à manger sont indispensables pour faire face aux besoins de 1.5 million de personnes. De plus, riz, haricots et huile peuvent être fournis comme alternative complémentaire pour la couverture d’une partie de ces besoins.
  • Le Président Préval a également demandé la création de 6 autres camps pour personnes déplacées en dehors du PAP, où les gens pourront être employés par des projets de construction. Le premier camp devrait être mis en place dans les prochains jours.
  • Le Premier Ministre Bellerive a réaffirmé son refus que des mesures d’adoptions précipitées soient enclenchées. Le gouvernement veut éviter toute possibilité de départs non contrôlé d’enfants haïtiens et de développement de trafics d’enfants. Selon un accord avec certaines ambassades certains dossiers en cours et pour lesquels tous les pré-requis avaient été remplis ont été finalisés pour permettre à ces enfants de quitter le pays. La Brigade de Protection des Mineurs de la Police nationale d’Haïti va travailler en étroite collaboration avec un groupe de travail sur la protection des enfants qui sera activé prochainement et un dispositif de sécurité est mis en place à l’aéroport pour vérifier que tous les documents liés à l’adoption d’enfants qui quittent le pays sont en ordre. pour sera mis en place à l’aéroport pour vérifier.
  • Les ONGs et autres donateurs sont vivement encouragés à coordonner leur distribution alimentaire avec le mécanisme de coordination des Nations Unies mis en place.
  • Il faut à tout moment être conscient de la conduite à mener si le sol commence à trembler. Les espaces ouverts sont généralement sûrs, mais courir parmi des chutes de débris pour atteindre un espace ouvert peut être dangereux. Seuls des ingénieurs qualifiés peuvent déterminer si un bâtiment endommagé est sûr et peut être réoccupé. La règle à tenir tant que les ingénieurs ne sont pas sur place la suivante : si un bâtiment n’a pas l’air sûr, c’est qu’il ne l’est pas. On doit éviter de pénétrer ou de réoccuper une structure clairement endommagée.


Bilan partiel des dégâts

(Dénombrement effectué par les mairies et les comités de protection civile)

ACTION GOUVERNEMENTALE

Le gouvernement prend des dispositions pour prendre en charge la coordination des actions humanitaires.

 Tous les jours a 7h du matin, le ministre de l’intérieur rencontre l`ensemble des agences des Nations Unies

 Tous les jours à 8h le Premier Ministre préside une réunion de travail de mise en commun avec tous les responsables gouvernementaux, les bailleurs de fonds, les ambassades et les agences de coopération

Coordination

 L’aide humanitaire à l’extérieur de la zone métropolitaine est en expansion. De plus en plus d’aide atteint Jacmel, mais des mécanismes de coordination appropriés doivent être mis en place. Atteindre les zones des partenaires humanitaires à l’extérieur du PAP est en expansion. Le gouvernement a renforcé les autorités locales avec l’affectation de ministres à des zones spécifiques et des centres d’opération d’urgence ont été mis en place pour la région de Gressier à Petit-Goâve et à Cabaret.

  • Santé

 Environ 94 institutions de santé sont approvisionnées en médicaments.

 Quant aux installations médicales, dans la zone métropolitaine, dix-huit hôpitaux et 5 hôpitaux de campagne sont opérationnels. Six autres hôpitaux de campagne devraient bientôt être disponibles.

 Le plus grand défi pour la Commission est de pouvoir évaluer de manière globale les lacunes et besoins en terme de services d’urgence, de traumatologie et d’obstétrique-gyneco.

  • Aide alimentaire et eau

 Il y a environ 600 000 personnes regroupées dans près de 500 abris spontanés et plus de 400 000 autres dans les rues qui ont un besoin urgent d’aide alimentaire. Ce qui donne un total de plus d’un million de personnes. Ces chiffres ne concernent que la population de la grande région de Port au Prince. Près de 300 000 personnes auraient déjà quitté la capitale pour se refugier dans les villes des autres départements et dans les régions rurales.

 Aujourd’hui 24 janvier, on estime que la capacité de distribution de l’aide alimentaire varie entre 200 000 à 300 000 rations par jour. Ce qui veut dire que, seulement à Port-au-Prince et ses environs, plus de 800 000 personnes ne peuvent être satisfaites. C’est le principal défi.

 Un autre problème auquel il nous faut faire face, c’est la coordination de la distribution de l’aide. Il existe des dizaines d’acteurs différents qui interviennent, avec toute leur bonne volonté, pour assister la population. Mais à cause des faiblesses dans la coordination, on constate que le peu d’aide disponible pourrait être mieux distribué. Certains campements ont bénéficié dans une journée de plusieurs distributions et d’autres n’ont rien reçu depuis le début de la crise. Pour faire face à ce problème le gouvernement a tout de suite monté une commission de coordination de l’aide alimentaire. Cette commission travaille à deux niveaux. Premièrement au niveau national en rassemblant toutes les informations sur les institutions qui distribuent de l’aide :

 Quelles sont les quantités disponibles?

 Où interviennent-elles ? etc.

 Deuxièmement, au niveau de chaque municipalité, la commission s’est entendue avec tous les maires de la région métropolitaine pour envoyer une équipe de volontaires pour les appuyer dans leur travail d’identification des besoins.

 Aujourd’hui, dans la grande région de Port-au-Prince, nous commençons une phase où l’aide est distribuée en fonction d’une planification qui se fait au niveau de chaque commune. Les besoins sont évalués à ce niveau où on essaie de tenir compte de toutes les demandes exprimées par les groupes de citoyens, les organisations populaires, les représentants des campements etc. Ensuite des instructions sont passées aux agences qui disposent de stock. Mais il faut se rappeler que les besoins (un million de personnes) dépassent largement la capacité actuelle (entre 200 000 à 300 000 rations par jour).

 Au début de la crise, le PAM disposait de 5 000 rations par jour. Rapidement cette organisation est passée à 10 000 puis 45 000 et 60 000, et s’approche aujourd’hui de 100 000 rations. La République Dominicaine a dépêché 7 unités de cuisines mobiles qui préparaient au début 12 000 plats chauds et arrivent aujourd’hui à environ 45 000. Le Programme National des Cantines Scolaires (PNCS) du Ministère de l’Éducation Nationale, prépare 25 000 plats chauds par jour. De plus nous avons recensé environ une vingtaine d’autres organisations y compris certaines forces armées étrangères qui distribuent aujourd’hui environ 40 000 rations par jour dans la capitale et dans d’autres régions.

 Donc malgré tous ces efforts il y a insatisfaction.

 Pour la question de l’eau, le Directeur de la DINEPA (Direction National d’Eau Potable et Assainissement) dirige un groupe travail qui rassemble les principales agences internationales, ONG et le secteur privé qui distribuent de l’eau. Aujourd’hui, les réseaux publics de distribution d’eau ont recommencé à fonctionner. De plus, près d’une centaine de camions sillonnent les rues de la capitale, l’eau est traitée et donc potable. Plus d’un million de dollars US ont déjà été dépensés pour ce dispositif qui permet de donner de l’eau potable à près de 300 000 personnes chaque jour dans la capitale. Peu à peu la distribution se fait en fonction des demandes exprimées au niveau de chaque municipalité.

 Devant ce constat et ce grand défi il nous faut être clair sur les points suivants :

 Malgré la grande frustration exprimée un peu partout, il faut reconnaître qu’il y a distribution massive de l’aide alimentaire. Ces efforts doivent être reconnus malgré le problème de coordination constaté dès le début de la crise et qui s’explique par la gravité de la catastrophe.

 Les efforts de coordination permettent peu à peu de mieux gérer l’aide pour qu’elle soit distribuée plus efficacement et plus équitablement.

 Malgré tous ces efforts et la bonne volonté de la communauté internationale, l’assistance humanitaire ne pourra jamais nourrir et satisfaire à 100% les besoins des habitants de la capitale et encore moins ceux de toutes les personnes réfugiées dans les autres départements.

 La réouverture des banques et la reprise graduelle de certaines activités économiques vont permettre à beaucoup de gens de reprendre leur autonomie et de satisfaire eux même leurs besoins. Déjà avant la crise, on estime que plus de 50% des Haïtiens vivant dans la capitale recevaient un appui financier de leur famille de l’étranger. Les transferts d’argent représentent la première source de devises du pays et 75% de ces devises servaient aux importations de produits alimentaires. Il faut compter sur la reprise des transferts, et de l’activité commerciale pour satisfaire comme avant une grande partie des besoins alimentaires de la population.

 L’aide internationale doit aussi consister en une aide économique pour créer du travail. Le pays a non seulement besoin de nourriture mais aussi d’argent pour assainir les villes, reconstruire etc. Avec des programmes de haute intensité de main d’oeuvre, la population pourra disposer d’argent pour s’alimenter dignement.

 La production agricole nationale satisfaisait ces dernières années 40% des besoins alimentaires du pays. Fort heureusement ce secteur a peu été touché par la catastrophe. Des efforts importants avaient été consentis ces dernières années pour la relance de la production nationale. Il est urgent de reprendre ces programmes. Les réponses à la crise constituent une opportunité pour augmenter la production nationale agricole, la transformation et la commercialisation des produits. En ce sens le gouvernement a préparé une série de propositions pour appuyer massivement la prochaine campagne agricole du mois de février de façon à ce qu’on puisse disposer dans les trois prochains mois de plus de produits agricoles pour mieux satisfaire les besoins de la population.

 En attendant, pour la semaine du 25 janvier, la commission travaille avec tous les partenaires de la communauté internationale à augmenter l’aide disponible et à mieux coordonner sa distribution toujours en coordination avec les mairies et les organisations de la société civile. Ces efforts ne se font pas seulement à Port-au-Prince mais tiennent compte également de la situation des différents départements qui ont accueillis des centaines de milliers de réfugiés.

 Le gouvernement est conscient de l’ampleur de la catastrophe, des souffrances que vit la population et met tout oeuvre pour trouver les réponses appropriées.

  • Carburant et énergie

 La Commission a établi des quotas d’essences en fonctions des services prioritaires et effectue chaque jour des livraisons de carburant aux hôpitaux de la capitale. Il y a assez de carburant en Haïti pour 18 et 19 jours, entretemps les installations portuaires auront été réhabilitées. Une pénurie n’est donc pas prévue.

Bulletin d’information 25 Janvier 2010

 Au niveau du site de la SOGED, neuf cent soixante quatre (964) gallons de diesel ont été livrés aux institutions étatiques de coordination et aux services d’urgences le 22 janvier 2010. Du 17 au 22 janvier 2010, le total de gallons livré arrive à six mille cinq cents quatre-vingt quatre et treize % (6,584.13).

  • Abris provisoires et reconstruction

 508 sites de regroupement des déplacés sont identifiés pour les principales communes touchées ; 314 sont déjà évalués et concernent 500 000 sans-abris ;

 Il y a un besoin urgent de plus de tentes pour deux nouveaux sites pour le relogement des personnes déplacées.

 Dans la capitale, un campement temporaire sera aménagé sur la route de Tabarre pour abriter environ 4000 personnes vivant actuellement dans des abris de fortune devant la Primature. Un autre site a été identifié dans la zone de Léogane.

 Des kits d’hygiène et des jerrycans ont été distribués à 29.013 personnes sur 14 sites dans les quartiers de Port au Prince de Pétion Ville, Juvénat, Canapé Vert, Delmas 83 et Delmas 85.

 Plus de 235 000 personnes ont laissé Port-au-Prince pour la province (Nord : 13 500; Nord-Ouest : 31 250 ; Nord-Est : 7 700 ; Centre : 14 680 ; Artibonite : 62 573 ; Grand’Anse : 30 000 ; Sud : 22 425 ; Nippes : 30 000 ; Ouest : Communes non affectées : 22 800). Le gouvernement et les mairies concernées ont facilité leur déplacement en organisant des voyages gratuits;

 La migration par la route vers les régions plus sures semblent se ralentir. Cependant, l’utilisation de la voie maritime pour rejoindre la Grande Anse s’est intensifiée. Les conditions de sécurité de ce moyen de transport sont cependant critiques. Les bateaux laissent PAP surchargés. La ville de Jérémie a accueilli ces derniers jours 30.000 déplacés, dont les deux tiers sont arrivés dans la ville par bateau.

  • Sécurité

 Au niveau sécuritaire, la situation reste calme sur l’étendue du territoire.

 Le Directeur Général de la Police Nationale Haïtienne (PNH), Mario Andrésol, a annoncé que la police des Nations Unies, de la République Dominicaine de Police et Interpol coopèrent ensemble sur la question des prisonniers qui se sont évadés du Pénitencier National après le séisme. L’enquête sur cette question sera bientôt ouverte.

REPRISE DES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES

 Le maintien de la sécurité dans la zone métropolitaine a permis la reprise graduelle de certaines activités commerciales cruciales telles que la distribution de camions d’eau et l’ouverture de certains supermarchés. Le climat relativement sécuritaire a aussi permis la continuation des activités commerciales informelles essentielles à la survie de la population telles les marchandes de fruits et légumes, de produits essentiels (riz, huile, spaguetti etc…) et les « machann manje kwit ».

 De nombreuses succursales de banques sont ouvertes depuis le Samedi 23 Janvier 2010, les banques ont également fonctionné exceptionnellement le dimanche 24 Janvier, permettant à de nombreux foyers de s’approvisionner de manière autonome.

 Six (6) MW ont été rendus disponibles à la Centrale Tripartite Pétion (Hyundai). (ESD) Une ligne de distribution de la sous-station de Canapé Vert a été réhabilitée. Cette ligne est peut être mise sous tension. (EDH) La centrale Gaillard de Jacmel ainsi qu’un groupe de la centrale thermique sont opérationnels. Les villes de Cayes-Jacmel et de Jacmel sont partiellement alimentées. (EDH, RD); Le nettoyage du siège social de l’EDH en vue de la réintégration immédiate a débuté après; Une inspection de la centrale de Péligre et de la ligne de

Bulletin d’information 25 Janvier 2010

transmission 115 kV de Péligre à Port-au-Prince est prévue pour bientôt avec l’assistance de la US Army. La fourniture des petites génératrices d’urgence et un poste mobile pour la sous-station Ancien Delmas est également prévue dans cette assistance;

 Les installations portuaires de Port-au-Prince sont partiellement rétablies et un premier bateau a pu accoster avec une cargaison de 123 tonnes métriques. The nombreux bateaux sont attendus dans les prochains jours. Le port a actuellement la capacité de recevoir 250 containers par jour avec l’objectif de pouvoir recevoir 350 containers par jour d’ici le 25 jours.

DONATIONS

 L’appel de fonds fait à la suite du tremblement de terre est couvert à 42%, ce qui représente 241 millions de dollars en contributions et un montant supplémentaire de 115 millions en promesses de dons. Vu l’urgence, les donateurs sont encouragés à rapidement concrétiser els promesses faites.

 Le Premier Ministre et Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Monsieur Jean Max Bellerive est actuellement à Montréal dans le cadre d’une conférence des bailleurs pour discuter du cadre de coopération pour l’effort de reconstruction.

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010 Communiqués de presse du Conseil Régional de Martinique Numéro 7 et 8, des 21 & 22 janvier 2010

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010

Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique

Numéro 8, du 22 janvier 2010

Rappel : Face à l’ampleur de la catastrophe qui touche la République d’Haïti, le Conseil Régional de Martinique a activé une cellule de crise, le 13 janvier 2010, afin de lui permettre de cadrer l’aide que la collectivité régionale souhaite apporter, au titre de sa solidarité et de la coopération caraïbéenne, au peuple haïtien. Cette cellule se réunit selon un calendrier mentionné dans ses communiqués, jusqu’à ce que des propositions concrètes soient proposées aux instances délibérantes de la Région. Une veille est assurée les autres jours. La cellule de crise qui représente les ressources propres de la Région accueille des partenaires et consultants extérieurs ayant une capacité d’action.

Rappel de l’agenda de la cellule pour la semaine du 25 au 29 janvier : le lundi, le mercredi et le vendredi. Sa mission reste inchangée.

On se réfèrera aux bulletins antérieurs pour le cadre de fonctionnement de la cellule et les objectifs de la Région qui privilégie l’aide sous forme d’investissements pour le recouvrement favorisant les apprentissages et l’activité professionnelle en Haïti.

Les questions discutées ce 22 janvier sont les suivantes :

Informations diverses sur la situation en Haïti

L’Union Européenne va installer sa cellule de coordination de l’aide européenne en République Dominicaine. Les pays européens qui n’ont pas de représentation diplomatique trouveront un relais via cette cellule. Les pays européens qui ont déjà une représentation diplomatique utiliseront leurs canaux habituels.

Suivi de la mobilisation d’associations et sociétés de Martinique

- Association des Soignants Préparés aux Risques Majeurs (ASPRIM)

Alors que les besoins en soignants sont criants en Haïti, les membres de la cellule déplorent qu’aucun départ de soignants volontaires martiniquais ne soit décidé à ce jour .

- Association Des Haïtiens en Martinique (ADHM)

L’ADHM informera lundi la cellule sur ses actions en cours.

o Accompagnement des familles d’accueil

o Actions visant la relance dans les domaines de l’éducation, l’agriculture, et la relance économique.

- Association pour la Prévention des Risques Majeurs en Martinique

L’APRM est déjà partenaire de la Région dans le cadre d’un projet global en matière de catastrophes naturelles (NRRS). L’association envisage une mission exploratoire de 3-4 jours sur place dès que la situation d’urgence sera finie et que les conditions de séjour pourront être cadrées.

Les contacts directs en Haïti de certains membres de cette association sont actuellement activés pour une remontée d’information sur la situation en attendant l’échéance.

- JIKAELE

L’association, qui œuvre pour des activités pour la jeunesse, propose des lits et matelas pour enfants (80) et adultes (100).

- Caraïbe Risques Mitigation

Ce cabinet d’experts qui préparait des projets de coopération avec Haïti avant la catastrophe prépare un rapport synthétique de l’information disponible sur la situation en Haïti 10 jours après le tremblement de terre (sources comparées : institutions et médias). Le document sera remis gracieusement lundi à la Région pour information des membres de la cellule et tout autre usage.

Autres informations émanant de la Région Martinique

Le Service Technique régional se propose d’assister la cellule afin d’être en mesure d’évaluer les conditions d’une aide lors de la mise en place d’actions de reconstruction.

La Région informe que les premières propositions d’actions à très court terme doivent être déposées finalisées pour étude par les élus lors de la prochaine Commission Permanente du 26 janvier 2010.

Prochain communiqué : Lundi 23 janvier.

Contact presse : Direction des Relations Internationales et de la Coopération

service.cooperation@region-martinique.mq / 0596 59 64 69

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010

Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique

Numéro 7, du 21 janvier 2010

Rappel : Face à l’ampleur de la catastrophe qui touche la République d’Haïti, le Conseil Régional de Martinique a activé une cellule de crise, le 13 janvier 2010, afin de lui permettre de cadrer l’aide que la collectivité régionale souhaite apporter, au titre de sa solidarité et de la coopération caraïbéenne, au peuple haïtien. Cette cellule se réunit selon un calendrier mentionné dans ses communiqués, jusqu’à ce que des propositions concrètes soient proposées aux instances délibérantes de la Région. Une veille est assurée les autres jours. La cellule de crise qui représente les ressources propres de la Région accueille des partenaires et consultants extérieurs ayant une capacité d’action.

Les questions discutées ce 21 janvier sont les suivantes :

L’information utile en provenance d’Haïti se clarifiant progressivement, la semaine prochaine la cellule adopte un nouvel agenda avec trois réunions hebdomadaires jusqu’à nouvel ordre : le lundi, le mercredi et le vendredi. Sa mission reste inchangée.

Informations générales sur la situation en Haïti

L’attention est attirée sur le fait que la sécurisation des régions sinistrées n’est pas encore assurée pour permettre l’implantation d’acteurs civils dans des conditions fiables.

Les acteurs potentiels doivent se faire référencer auprès du système d’aide international.

La Région informe que selon le communiqué OCHA Situation Report # 8, du 20 janvier 2010, le gouvernement haïtien a divisé la zone sinistrée en 8 zones pour l’organisation de l’aide humanitaire, et que chaque zone est suivie par un ministre haïtien en charge de la coordination des efforts d’assistance. Cette division est la suivante : 1) Petionville and Kenscoff; 2) Carrefour; 3) Gressier; 4) Petit Goave, Grand Goave and Leogane; 4) Tabarre; 5) Cabaret and Croix de Bouquets; 6) Delmar; 7) Jacmel; and 8) Ville de Port au Prince.

Parallèlement à ce découpage administratif, selon le communiqué OCHA Situation Report # 6, du 17 janvier 2010, les champs d’actions de l’aide humanitaire et au recouvrement sont au nombre de 12, et la coordination de chacun est confiée à une agence des Nations Unies. La répartition est la suivante :

- Gestion et coordination des camps de sinistrés : IOM (International Organization for Migration)

- Education : UNICEF (United Nations Children’s Fund)

- Hébergement d’urgence et aide non alimentaire : IOM / IFRC (International Federation of Red Cross And Red Crescent Societies)

- Aide alimentaire : WFP (United Nations World Food Programme)

- Logistique : WFP

- Protection des personnes OHCH (Office of the High Commissioner for Human Rights), assistée de l’UNICEF pour les enfants, de l’UNFPA (United Nations Population Fund) pour les femmes

- Eau et hygiène : UNICEF

- Agriculture et sécurité alimentaire : FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations)

- Première phase de recouvrement : UNDP (United Nations Devlopment Programme)

- Télécommunications en phase d’urgence : WFP

- Santé : WHO / PAHO (World Health Organization / pan American Health Organization)

Critères de viabilité des projets de coopération avec Haïti

Lorsque la médiatisation ralentira, les intentions réelles des partenaires apparaîtront et permettront de mieux cibler les aides efficaces.

Le Conseil Régional souhaite que les projets de coopération après la phase d’urgence impliquent concrètement les partenaires haïtiens sur place. Ceci afin d’améliorer leur technicité et leurs propres capacités, et non de recevoir passivement une aide matérielle. La capacité de création d’activité en Haïti est un critère primordial pour l’instruction des dossiers.

La Région réitère son souci d’éviter les annonces sans effets dans un contexte de crise où cette pratique est fréquente.

Haïti est un Etat très centralisé. Bien que faisant preuve de dynamisme, les communes n’ont pas forcément la capacité de gestion des fonds et les moyens logistiques.

Toute intervention en Haïti pendant la phase d’urgence, et vraisemblablement après, doit être validée dans ce pays par l’autorité nationale ou un représentant dûment approuvé par celle-ci dans le cadre du plan d’aide global pour le pays, et par la municipalité d’accueil du projet.

Suivi de la mobilisation d’associations et sociétés de Martinique

- Association des Soignants Préparés aux Risques Majeurs (ASPRIM)

La Préfecture fait savoir qu’il n’y a plus de besoin d’urgence pour les soignants, mais désormais pour les anesthésistes et les chirurgiens. Les soignants en Martinique doivent rester disponibles pour les rapatriés sur place.

- Association Des Haïtiens en Martinique (ADHM)

L’ADHM fait savoir que la Préfecture ne lui demande qu’une liste de familles.

ADHM va définir techniquement et économiquement son projet de familles d’accueil, ainsi que la méthodologie de traçabilité des actions et des financements. Bien cibler les actions.

Ce week-end, une rencontre sera organisée en Guadeloupe entre les associations d’Haïtiens de Guadeloupe, de Martinique et de Saint-Martin pour un débriefing de ce qui a été fait et un briefing pour la coordination de ce qui doit être encore fait.

Le consulat général d’Haïti proposerait une aide pour les offres de formations venant de Martinique. Un courrier officiel est attendu à ce sujet.

- Fédération Martiniquaise des Conducteurs d’Engins et PIC SARL

Le groupement a formé 80 personnes en Haïti, pour la conduite d’engins de travaux publics. Suite à la catastrophe et pour faire face aux besoins de déblaiement, le groupement prépare une offre.

- Société CERTA

La société propose du mobilier parasismique pour équiper les zones exposées à un aléa sismique élevé, dont les constructions ne sont pas parasismiques. Un dossier technique et financier est en cours.

- GEODE – UAG

L’UAG est déjà partenaire de la Région dans le cadre d’un projet global en matière de catastrophes naturelles. Les compétences de GEODE (expertise, recherche et formations) restent mobilisées pour la phase de recouvrement.

- La Région confirme que les dossiers d’offres à court terme émanant d’entités martiniquaises et précisant les références de leurs correspondants haïtiens, doivent être formalisés dans de très brefs délais.

La cellule réunit, notamment, des porteurs de projets d’aide et les oriente vers les services pour le dépôt de leurs dossiers. Ce sont les instances délibérantes qui statueront sur les aides régionales accordées ou non.

Autres informations émanant de la Région Martinique

La Région informe que :

- elle porte un projet global de coopération caraïbénne Natural Risks Reduction Strategy (NRRS) regroupant 9 sous-projets dédiés aux divers axes de la prévention et de la préparation aux risques majeurs, ainsi qu’au recouvrement post-catastrophe. Il fait suite et prolonge des travaux déjà réalisés. Plusieurs sous-projets associent des régions Haïtiennes et notamment les régions de la péninsule Sud concernées par la faille d’Enquillo[1] et le report de contraintes vers l’ouest suite à la rupture du 12 janvier. L’impact du séisme du 12 janvier 2010 incite la Région à poursuivre cette action et à l’amplifier.

- La collecte des informations sur la situation des pertes et leur tri par secteur social, technique et économique se poursuit dans l’attente de la mission d’évaluation.

Prochain communiqué : Vendredi 22 janvier.

Contact presse : Direction des Relations Internationales et de la Coopération

service.cooperation@region-martinique.mq / 0596 59 64 69

[1] Nom de la faille sur laquelle le séisme du 12 janvier 2010 s’est produit.

Haïti : La Région Ile-de-France s’engage

Lors d’une séance exceptionnelle qui s’est déroulée vendredi 22 janvier 2010, Jean-Paul HUCHON, en présence du « Chargé d’Affaires  » d’Haïti en France, a présenté un plan d’action de la Région Ile-de-France en faveur d’Haïti. Au travers d’une aide d’urgence et d’un programme de reconstruction réalisé en partenariat avec les autres Régions, ce sont plus d’un million d’euros que le Conseil Régional a engagé pour les haïtiens.


Retrouver ci-dessous l’intervention de Jean LEVAIN, président du groupe RaGEAP, sur ce rapport :

Nous sommes très heureux que notre Conseil, avec le soutien de l’ensemble des groupes politiques, ait sur réagir rapidement devant la catastrophe majeure qui a touché, une fois de plus pourrait-on dire, nos amis haïtiens.

Les propositions contenues dans ce rapport -une aide d’environ un million d’Euros ce qui est significatif si l’on compare ce chiffre à l’aide officielle des Etats-Unis qui est de l’ordre de 90 millions de dollars (à vérifier). Le niveau relatif de cette aide nous paraît donc justifier une procédure de mise en place et de suivi appropriée qui sera, nous n’en doutons pas, explicitée lors du processus décisionnel financier impliquant notre commission permanente. Nous croyons comprendre que l’ARF sera impliquée dans ce processus.

En ce qui concerne l’aide à court terme, nous souscrivons tout-à-fait aux propositions du rapport.

En ce qui concerne le soutien à moyen terme à la reconstruction, nous pensons, comme certainement nos amis haïtiens, que cette reconstruction doit s’attacher avant tout, dans une zone hélas très sensible aux risques sismique et cyclonique, à mettre en place des infrastructures résistantes pour limiter au maximum les terribles pertes humaines en cas de nouveau sinistre.

Cela passe bien sûr par des procédures robustes d’attribution des marchés publics avec l’implication de bureaux d’études fiables et spécialisés et un contact étroit avec les collectivités locales haïtiennes, elles aussi durement affectées par la catastrophe.

Or, l’ARF compte en son sein plusieurs régions disposant d’un savoir-faire global acquis depuis longtemps dans ces domaines. Deux d’entre elles, la Région Guadeloupe et la Région Martinique, sont de plus dans la Caraïbe et de nombreux fonctionnaires y parlent un créole proche de celui d’Haïti, ce qui ne peut que faciliter les contacts de terrain.

Il nous paraîtrait dès lors approprié, et cela ne ferait que stimuler une coopération technique très souhaitable entre notre région et les régions ultramarines, que notre aide soit, au titre de l’ARF, appuyée et suivie dans sa mise en place par un petit groupe d’intervention apportant un triple savoir-faire : gestion des collectivités locales et des marchés, prévention des risques techniques, gestion des risques quotidiens au niveau des lycées. La compétence de nos régions ultramarines, cinq fois plus proches du terrain que la métropole, pourrait ainsi optimiser l’aide que nous nous devions d’offrir.

Avec cette modeste suggestion, nous renouvelons notre appui et bien sûr aussi notre profonde sympathie humaine à nos amis Haïtiens.

Sandra-Elise Reviriego
Chargée de communication
Conseil Régional d’Ile-de-France

Récits du séisme

View more documents from marwane.bejgane.

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010 Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique Numéro 7, du 21 janvier 2010

CONSEIL-REGIONAL-300.jpg

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010

Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique

Numéro 7, du 21 janvier 2010


Rappel : Face à l’ampleur de la catastrophe qui touche la République d’Haïti, le Conseil Régional de Martinique a activé une cellule de crise, le 13 janvier 2010, afin de lui permettre de cadrer l’aide que la collectivité régionale souhaite apporter, au titre de sa solidarité et de la coopération caraïbéenne, au peuple haïtien. Cette cellule se réunit selon un calendrier mentionné dans ses communiqués, jusqu’à ce que des propositions concrètes soient proposées aux instances délibérantes de la Région. Une veille est assurée les autres jours. La cellule de crise qui représente les ressources propres de la Région accueille des partenaires et consultants extérieurs ayant une capacité d’action.

Les questions discutées ce 21 janvier sont les suivantes :

L’information utile en provenance d’Haïti se clarifiant progressivement, la semaine prochaine la cellule adopte un nouvel agenda avec trois réunions hebdomadaires jusqu’à nouvel ordre : le lundi, le mercredi et le vendredi. Sa mission reste inchangée.

Informations générales sur la situation en Haïti

L’attention est attirée sur le fait que la sécurisation des régions sinistrées n’est pas encore assurée pour permettre l’implantation d’acteurs civils dans des conditions fiables.

Les acteurs potentiels doivent se faire référencer auprès du système d’aide international.

La Région informe que selon le communiqué OCHA Situation Report # 8, du 20 janvier 2010, le gouvernement haïtien a divisé la zone sinistrée en 8 zones pour l’organisation de l’aide humanitaire, et que chaque zone est suivie par un ministre haïtien en charge de la coordination des efforts d’assistance. Cette division est la suivante : 1) Petionville and Kenscoff; 2) Carrefour; 3) Gressier; 4) Petit Goave, Grand Goave and Leogane; 4) Tabarre; 5) Cabaret and Croix de Bouquets; 6) Delmar; 7) Jacmel; and 8) Ville de Port au Prince.

Parallèlement à ce découpage administratif, selon le communiqué OCHA Situation Report # 6, du 17 janvier 2010, les champs d’actions de l’aide humanitaire et au recouvrement sont au nombre de 12, et la coordination de chacun est confiée à une agence des Nations Unies. La répartition est la suivante :

- Gestion et coordination des camps de sinistrés : IOM (International Organization for Migration)

- Education : UNICEF (United Nations Children’s Fund)

- Hébergement d’urgence et aide non alimentaire : IOM / IFRC (International Federation of Red Cross And Red Crescent Societies)

- Aide alimentaire : WFP (United Nations World Food Programme)

- Logistique : WFP

- Protection des personnes OHCH (Office of the High Commissioner for Human Rights), assistée de l’UNICEF pour les enfants, de l’UNFPA (United Nations Population Fund) pour les femmes

- Eau et hygiène : UNICEF

- Agriculture et sécurité alimentaire : FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations)

- Première phase de recouvrement : UNDP (United Nations Devlopment Programme)

- Télécommunications en phase d’urgence : WFP

- Santé : WHO / PAHO (World Health Organization / pan American Health Organization)

Critères de viabilité des projets de coopération avec Haïti

Lorsque la médiatisation ralentira, les intentions réelles des partenaires apparaîtront et permettront de mieux cibler les aides efficaces.

Le Conseil Régional souhaite que les projets de coopération après la phase d’urgence impliquent concrètement les partenaires haïtiens sur place. Ceci afin d’améliorer leur technicité et leurs propres capacités, et non de recevoir passivement une aide matérielle. La capacité de création d’activité en Haïti est un critère primordial pour l’instruction des dossiers.

La Région réitère son souci d’éviter les annonces sans effets dans un contexte de crise où cette pratique est fréquente.

Haïti est un Etat très centralisé. Bien que faisant preuve de dynamisme, les communes n’ont pas forcément la capacité de gestion des fonds et les moyens logistiques.

Toute intervention en Haïti pendant la phase d’urgence, et vraisemblablement après, doit être validée dans ce pays par l’autorité nationale ou un représentant dûment approuvé par celle-ci dans le cadre du plan d’aide global pour le pays, et par la municipalité d’accueil du projet.

Suivi de la mobilisation d’associations et sociétés de Martinique

- Association des Soignants Préparés aux Risques Majeurs (ASPRIM)

La Préfecture fait savoir qu’il n’y a plus de besoin d’urgence pour les soignants, mais désormais pour les anesthésistes et les chirurgiens. Les soignants en Martinique doivent rester disponibles pour les rapatriés sur place.

- Association Des Haïtiens en Martinique (ADHM)

L’ADHM fait savoir que la Préfecture ne lui demande qu’une liste de familles.

ADHM va définir techniquement et économiquement son projet de familles d’accueil, ainsi que la méthodologie de traçabilité des actions et des financements. Bien cibler les actions.

Ce week-end, une rencontre sera organisée en Guadeloupe entre les associations d’Haïtiens de Guadeloupe, de Martinique et de Saint-Martin pour un débriefing de ce qui a été fait et un briefing pour la coordination de ce qui doit être encore fait.

Le consulat général d’Haïti proposerait une aide pour les offres de formations venant de Martinique. Un courrier officiel est attendu à ce sujet.

- Fédération Martiniquaise des Conducteurs d’Engins et PIC SARL

Le groupement a formé 80 personnes en Haïti, pour la conduite d’engins de travaux publics. Suite à la catastrophe et pour faire face aux besoins de déblaiement, le groupement prépare une offre.

- Société CERTA

La société propose du mobilier parasismique pour équiper les zones exposées à un aléa sismique élevé, dont les constructions ne sont pas parasismiques. Un dossier technique et financier est en cours.

- GEODE – UAG

L’UAG est déjà partenaire de la Région dans le cadre d’un projet global en matière de catastrophes naturelles. Les compétences de GEODE (expertise, recherche et formations) restent mobilisées pour la phase de recouvrement.

- La Région confirme que les dossiers d’offres à court terme émanant d’entités martiniquaises et précisant les références de leurs correspondants haïtiens, doivent être formalisés dans de très brefs délais.

La cellule réunit, notamment, des porteurs de projets d’aide et les oriente vers les services pour le dépôt de leurs dossiers. Ce sont les instances délibérantes qui statueront sur les aides régionales accordées ou non.

Autres informations émanant de la Région Martinique

La Région informe que :

- elle porte un projet global de coopération caraïbénne Natural Risks Reduction Strategy (NRRS) regroupant 9 sous-projets dédiés aux divers axes de la prévention et de la préparation aux risques majeurs, ainsi qu’au recouvrement post-catastrophe. Il fait suite et prolonge des travaux déjà réalisés. Plusieurs sous-projets associent des régions Haïtiennes et notamment les régions de la péninsule Sud concernées par la faille d’Enquillo[1] et le report de contraintes vers l’ouest suite à la rupture du 12 janvier. L’impact du séisme du 12 janvier 2010 incite la Région à poursuivre cette action et à l’amplifier.

- La collecte des informations sur la situation des pertes et leur tri par secteur social, technique et économique  se poursuit dans l’attente de la mission d’évaluation.

Prochain communiqué : Vendredi 22 janvier.

Contact presse : Direction des Relations Internationales et de la Coopération

service.cooperation@region-martinique.mq / 0596 59 64 69


[1] Nom de la faille sur laquelle le séisme du 12 janvier 2010 s’est produit.