Archives de: Evolution statutaire

Serge Letchimy : DECLARATION DU 24 JANVIER 2010

Le peuple martiniquais vient de trancher une seconde fois.

Il appartient à chacun, à chaque Parti politique, à chaque mouvement de citoyens, de tirer en toute conscience les conclusions qui s’imposent.

Lucides, respectueux de la démocratie et déterminés à poursuivre leur route vers le progrès et l’émancipation, le PPM et le MAP respecteront ce choix.

Ces résultats montrent bien que le peuple martiniquais conçoit avec lucidité une évolution institutionnelle qui ne renie en rien les acquis de ses grandes luttes historiques, mais qui affirme, de manière sereine, l’ambition de ses responsabilités propres face aux défis du monde moderne.

Le PPM et le MAP ont pris une part très active à cette victoire, mais c’est d’abord la victoire du peuple martiniquais. Il n’a pas fait le choix de la passivité dans l’attente d’une réforme à venir. Il a fait le choix d’envisager son propre chemin dans le cadre d’une République qui devra désormais apprendre à concilier le droit à l’égalité et le droit à la différence !

La responsabilité des élus d’aujourd’hui et de demain sera déterminante. Ils devront se montrer à la hauteur de ces espérances nouvelles en ne brûlant aucune étape, et en ne confondant jamais leurs légitimes ambitions avec l’intérêt supérieur de ce pays.

Pour ma part, c’est avec une détermination sans faille, et dans l’écoute permanente du peuple martiniquais, que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce jour devienne le lieu d’un autre commencement.

Merci aux militants, aux alliés et aux sympathisants !

Merci au peuple martiniquais !

Et vive la Martinique nouvelle !

Serge LETCHIMY.

La consultation 2010…au kilomètre

La consultation 2010… au kilomètre

Si les histoires juridiques vous embrouillent pour comprendre les enjeux de la prochaine consultation, écoutez-la à l’intuition, comme ci-dessous.

L’histoire de cette consultation est l’histoire la distance qu’on veut mettre entre la France et nous la Martinique.

En effet si on veut nos propres lois dans un domaine, c’est que, dans ce domaine là, les lois de la France ne nous conviennent pas. Et derrière une loi, il y a toujours une manière de concevoir la vie, il y a des « valeurs »comme on dit. Et plus vous demandez des domaines de « compétences propres » plus vous vous éloignez de la France

Prenons une image, une droite qui mesure 1000 mètres

Mettez que vous êtes au début de la droite, au point zéro, si vous voulez que la Martinique soit identique à la France du point de vue de ses institutions et des valeurs communes de vie. Mettez que vous êtes à l’autre bout, au point 1000 (la sortie), si vous voulez que la Martinique soit totalement indépendante de la France.

Tout le débat qui a lieu en ce moment consiste à vous demander jusqu’où vous voulez aller en direction de la sortie, du point 1000.

_x France________________y ?________________________x Indépendance

Ceux du 74 veulent aller très loin avec 14 domaines de compétences propres. Disons, pour fixer les idées, qu’ils veulent pousser le bouchon jusqu’à 750 m.

Ceux qui sont opposés au 74 sont divisés car il y en a qui veulent aller à 500m d’autres à 250 m et d’autres à seulement 100m et il y a ceux qui veulent rester collés-deux avec la France.

Et vous de combien vous voulez vous éloigner de la France ?

Voilà la question essentielle qui attend votre réponse dans les Urnes du 10 et 24 janvier. Et là, vous allez être obligé de sonder votre cœur, d’interroger votre histoire personnelle avec ce pays, de sonder votre lien profond avec l’hexagone. Vous allez devoir faire ça en votre âme et conscience, en dehors de toute pression extérieure. Cependant voici quelques repères simples.

Si vous voulez rester proche de la France pour des raisons de sécurité matérielles du genre finance, santé, éducation, avenir des enfants…etc, vous allez vouloir certainement rester en dessous des 250 m

Si vous vous sentez affectivement, pas seulement proche, mais très proche de la France et de ses valeurs, alors vous n’allez pas vouloir vous éloigner de plus de 100 m.

En 2003 les Martiniquais avaient dit qu’ils ne voulaient pas dépasser la borne des 100 m qu’on leur proposait.

En 2010, tout le monde semble d’accord pour l’Assemblée Unique. Ça n’éloigne pas beaucoup de la France. D’autant que la Réforme Balladur prévoit pour 2014 que toute la France sera sous le régime de l’Assemblée Unique.

Donc d’accord pour l’Assemblée Unique. Mais où est le problème ? Où est le problème si toutes les régions de France vont avoir l’Assemblée Unique en 2014 ? Il n’y a qu’à attendre 2014 !! çà n’est pas si loin !!

Donc, une fois qu’on aura voté NON le 10 janvier, pourquoi nous repose-t-on une question le 24 Janvier alors qu’on aura notre Assemblée Unique en 2014 en même temps que toutes les autres régions de France ? N’est –ce pas mon cher Watson ?

Eh bien voilà la réponse :

Le 24 janvier ce n’est pas à 100m, ni à 250m de la France qu’on veut nous envoyer. Mais à 500 mètres. Et ce n’est pas du tout une question d’Assemblée Unique. Je vous le répète, pour l’Assemblée Unique on a déjà la solution.

Le 24 Janvier on nous convie à un double meurtre et à l’enfantement d’un Monstre. Lisez bien la question posée.

Le 24 Janvier, si vous répondez OUI, il y aura deux cadavres dans les placards et un Monstre dans le berceau.

Il y aura le cadavre du DEPARTEMENT et le cadavre de la REGION. Dans le berceau il y aura le Monstre appelé « COLLECTIVITE NOUVELLE à STATUT PARTICULIER »

Mais on vous parle pudiquement d’Assemblée Unique pour cacher le sang et l’odeur du Monstre. Voilà la supercherie.

Et pourquoi serait-on propulsé à 500 m de la France : parce que la France hexagonale ne prévoit pas de supprimer ni la Région, ni les Départements qui sont dans cette Région. Et les lois et règlements qui seront faites pour ces deux collectivités ne seraient plus valables en Martinique. Car, entre temps nous serions devenus « Collectivité Nouvelle à statut particulier » et personne, à ce jour, ne peut dire ce qu’est vraiment ce Monstre.

Donc, ceux qui ont voté NON le 10, devraient logiquement voter NON le 24 parce que c’est le même chat qui est dans un sac très légèrement différent. On ne connaît pas la couleur de ses poils ni la longueur de ses griffes.

Où peut nous mener ce Monstre sur son dos ? Cette « collectivité nouvelle à statut particulier », on sait qu’on peut l’engraisser avec de nombreux « Domaines de Compétence » et ces ajouts peuvent se faire en dehors de tout consentement de la population, une fois créée la Collectivité !! Autant dire qu’on peut même allègrement dépasser la borne 750 qu’on aurait refusé de franchir le 10 janvier et cela à l’insu de la population!! Incroyable mais vrai.

Incroyable mais vrai : On nous repose le 24 la même question que le 10, sous une forme plus sournoise, plus déguisée…et plus grave, car au fond nous pouvons un jour découvrir qu’on est déjà à la borne 900 tout près de la sortie, sans qu’on s’en soit jamais aperçu !!

De plus on ne pourrait même plus bénéficier de la Réforme Balladur prévue pour les « Régions et les Départements » puisque nous ne serions plus ni Région ni Département.

Dernière remarque : quand on recevait 100 pour la Région et 100 pour le Département, on recevait au total 200. Mais avec les deux cadavres dans le placard, combien recevrait-on dans la besace du Monstre ? Mystère. Alors mieux vaut prendre 200 à coup sûr, avec un NONle24.

Joseph VIRASSAMY

Colloque pour mieux comprendre les enjeux pour l’avenir de nos territoires : Guy Carcassonne et Ferdinand Mélin-Soucramanien invités par Patrick Karam

Hier, se tenait, salle Colbert à l’Assemblée Nationale, un « colloque pour mieux comprendre les enjeux pour l’avenir de nos territoires » organisé par Patrick Karam dans le cadre de sa mission de Délégué Interministériel pour l’Egalité des Chances des Français d’Outre-mer, en partenariat avec Nicole Brisol, présidente de l’association la Voix de l’Outre-mer et Maire Adjoint délégué au Développement Durable de la ville de Montesson (92). Guy Carcassonne et Ferdinand Mélin-Soucramanien étaient invités.

La manifestation commença par une annonce de M. Karam nous informant de son intention de consulter les ultra-marins de France sur le net (ce que nous ne manquerons pas de suivre).

Puis, la parole fut donnée à M. Guy Carcassonne. J’ai tenté de retranscrire l’essentiel des ses propos le plus fidèlement possible et m’excuse d’avance pour une éventuelle erreur :

« Mes propos seront assez frustrants [...] Je peux vous apporter des éclaircissements mais pas de certitudes. [...] Les textes seront adoptés ultérieurement, nous ne pouvons faire que des conjectures.

Expliquons donc la logique :

Ce n’est pas le loto, il n’y a pas un bon et un mauvais numéro. Sinon, le mauvais aurait été supprimé. [...] Il est important de dissocier cette question d’une querelle « théologique ». [...] Les deux positions sont défendables, elles supposent chacune un « pari raisonné » sur l’avenir des DOM. Il est déjà suffisamment difficile de faire ces paris raisonnés pour éviter les querelles. [...]

La constitution invite d’ailleurs à la prudence. [...] Il n’y a pas de fossé entre les deux. [...] On peut être dans le 73 avec des éléments de 74 et inversement.

Article 73 :

Il est connu, on vite dedans depuis 1946 : adaptation législative (et non identité NDLR). La caractéristique régionale et département l’emporte sur la caractéristique ultramarine. Il n’y a pas de différence entre la Martinique et la Corrèze.

Il y a possibilités d’adaptation par rapport aux spécificités géographiques dans une marge limitée.

De plus la réforme 2003 a modifié le 73 :

Les collectivités peuvent demander des habilitations sur certains domaines après dialogue avec les autorités nationales. Des évolutions y sont envisageables alors qu’on ne pouvait pas les concevoir avant.

Article 74 :

L’homogénéité supposée des DOM à leur création est aujourd’hui oubliée. L’article 74 a, très justement, oublié l’idée de territoires avec un statut unique pour des statuts adaptés.

Il n’y a pas identité de solutions entre la Polynésie et St Pierre Et Miquelon.

Il y a spécialité législative (et non spécificité NDLR).

Il y a deux  conséquences :

  • Les lois votées nationalement ne s’appliquent pas de plein droit. Il y a des conditions et adaptations.
  • Sur certains domaines, le Parlement renonce à certaines compétences au profit des assemblées territoriales (sorte de délégation législative)

On peut donc adopter des lois locales qui peuvent être très différentes des lois nationales.

La marge d’adaptation est donc infiniment plus grande que pour le 73.

Il faut aussi distinguer deux niveaux de 74 :

  • Spécialité législative
  • Autonomie (degré de délégation plus poussé)

Le statut des collectivités 74 est déterminé par une loi organique. Pour le constitutionnaliste, c’est essentiel. La différence est mince, techniquement, la loi organique se différencie par sa modification plus complexe, il faut par exemple interroger le conseil constitutionnel. Elle n’est pas pour autant immuable.

Maintenant, la vraie question est celle de la rédaction loi organique, le contenu l’emporte sur le contenant.

Pour moi, une collectivité dans le 73 obtenant la maîtrise de nombreux sujets serait très porche d’une collectivité dans le 74 qui ne se serait saisie que de peu de compétences.

Par exemple, Saint-Martin en passant du 73 au 74 « ressemble » à un Saint Martin qui serait resté dans le 73 en se saisissant de compétences fiscales.

Après, le 73 « bute » plus tôt sur le chemin de l’autonomie que le 74.  [...] Le temps estimé ici est entre 6 et 10 ans, il ne s’agit pas de mois.

Il ne faut pas non plus exagérer les craintes sur la non-application des lois nationales dans le cadre du 74. On ne supprimera pas brutalement les acquis sociaux au lendemain du 10 janvier. En revanche, les avancées ultérieures ne seront pas instantanément appliquées.

Les deux articles sont donc tout à fait défendables. [...]

Reste la question de l’ »assemblée unique ».

Je pense que la question de l’ » assemblée unique » en Martinique n’a rien à voir avec la Réforme Balladur. En France, il s’agit d’élire deux assemblées avec un bulletin de vote, en Martinique, il n’y aurait qu’une assemblée et un bulletin de vote. Dans le cas de la réforme Balladur en Martinique, la Région serait comme absorbée par le Département. [...] Le projet Assemblée Unique en Martinique donnerait naissance à une nouvelle collectivité d’un type inédit. »

La parole fut ensuite donnée à Ferdinand Mélin-Soucramanien :

« Avant tout, je rappelle l’avis du Conseil d’état en 2002 qui tire à vue sur la piètre rédaction des articles 73 et 74 avant la réforme de 2003. [...]

On a ici un « Droit de broussaille » : des principes, des exceptions, des exceptions dans l’exceptions (Réunion)

Il faut distinguer 3 blocs d’Outremer :

  • Département-Région d’Outremer (DROM) et Département d’Outremer (DOM)
  • Collectivités d’Outremer (COM), avec ou sans autonomie
  • Le cas particulier de Nouvelle Calédonie (Titre XII – Art 76 de la constitution)

[...] On peut aller dans les deux sens, Mayotte est redevenu un DOM.

Rappelons la procédure de la consultation :

  • Sortir du 73 vers le 74
  • Si non, Assemblée Unique qui pour moi est le choix du simple bon sens

Cette dissociation est justifiée sur le plan juridique pour préserver la loyauté et la sincérité de la consultation. [...]

L’idée de P. Karam est bonne (consultation sur internet NDLR), en particulier parce que les ultramarins doivent déjà justifier d’attaches matérielles et morales en particulier pour les congés bonifiés, ce qui aurait pu servir de critères pour la création du corpus électoral métropolitain.

Je passe sur l’assemblée unique pour parler essentiellement du 74. [...]

Il faut clairement dire qu’on ne sait pas où l’on va tant que l’on n’a pas le texte de la loi organique. Je me demande s’il y a déjà des avant-projets de loi organique. [...]

Je note en particulier la possibilité pour la Collectivité Locale d’adapter la législation pour appliquer la « préférence locale » pour les questions d’emploi, de patrimoine etc. [...] et alerte sur les questions d’accès au droit communautaire. [...]

Rappelonse la limite de l’autonomie

  • Contrôle juridictionnelle : partagé entre conseil constitutionnel et conseil d’état
  • Fixée 18 janvier 1985 (loi Chevènement) par Conseil Constitutionnel : quel que soit la partie du territoire de la République, la protection des droits fondamentaux et des libertés du citoyen est la même (cela s’applique par exemple au RMI au titre de la solidarité nationale)

La vraie question pour moi est celle de la décolonisation. On oppose très souvent la colonisation française par assimilation à la britannique par différenciation. Les décolonisations ont été mises en œuvre dans le même esprit. Ici pour la première fois, la France pose la question de la différenciation. C’est pour lui une évolution pleine de promesse mais aussi dangereuse. [...]« 

Le public a ensuite pu posé des questions :

1-      Si on passe au 74 passe-t-on de RUP à PTOM ?

GC : Ce n’est pas automatique. L’Union Européenne va analyser la loi organique pour voir si elle est compatible avec ses principes fondateurs et décide ensuite. L’article 74 permet de prendre des dispositions en faveur des populations locales. L’Europe peut l’accepter dans une certaine marge. Il ne faut pas atteindre aux libertés d’installation et de circulation par exemple.

2-      Quels changements sur les finances locales ? Pour les levées de taxes, contrôles par la cour des comptes etc… ?

GC : le passage au 74 ne va pas créer par magie de nouvelles ressources. Cette question est en très grande partie indépendante du choix. La seule différence vraiment identifiable est la question du transfert des financement des compétences accordées. Mais, transférer un financement insuffisant s’apparente plus à transférer des problèmes que des solutions.

3-      Quelle est la meilleure solution pour responsabilisation des politiques ?

GC : Aucun texte ne protège de politiques irresponsables.

4-      Comparaison avec St Martin ?

Intervention d’un Sénateur de St Pierre est Miquelon : C’était un TOM puis un DOM et c’est enfin devenu une COM pour des raisons de fiscalité (mi chemin entre TOM et DOM). Ils on tenté de prendre le meilleur des deux sans y arriver. L’article 74 est un bon article si l’on en a une volonté commune, en particulier entre le peuple et et un mileu politique cohérent.

FMS :  ST P&M est un cas particulier en particulier pour la capacité de consensus politique et social, situation très éloignée des Antilles-Guyane. Juridiquement l’aller retour est effectivement possible mais  très long et complexe dans la pratique.

5-      Consultation et pas référendum, quelles différences ?

GC : Le taux de participation est indifférent. Le passage au 74 est subordonnée au « consentement » des populations, qu’il y ait 10 ou 95 % de votants, quelle que soit la réponse.

« Pour conclure, rien à mes yeux ne serait plus désolant qu’un double « non ». En 2003, la Martinique a voté « non » et la situation ne s’est pas améliorée d’elle-même. Si la nouvelle réponse est un double « non », le problème n’est pas réglé, et on repart dans du provisoire. Les vrais problèmes sont économiques et sociaux, les réponses de même et donc « quel investisseur viendrait sur des territoires à l’avenir incertain ? ». Il faut trancher, dans un sens ou dans l’autre. »

Lisez le CR officiel :


Conférence sur l’évolution statutaire et institutionnelle de la Martinique le 9 décembre 2009 à Clichy (92) en présence de Serge Letchimy

Suite aux derniers évènements que l’île de la Martinique a connus, nous nous retrouvons à l’aube d’un véritable changement. La Martinique sera, dans les mois à venir, confrontée à des choix parmi les plus importants de son histoire. Ces choix ont amené une multitude de questions qui peuvent nous éloigner du sujet central : un changement statutaire pour la Martinique.

Doit-elle ou non adopter une assemblée unique ?

Doit-elle ou non changer de statut dans le cadre de la Constitution Française ?

Afin d’identifier clairement les enjeux de la consultation à venir et la position du Parti Progressiste Martiniquais, l’Association des Amis du PPM en France (APPMF), avec la participation du Député-Maire de Fort-de-France et Président du PPM Serge Letchimy, vous invite à participer à la «Conférence sur l’évolution statutaire et institutionnelle de la Martinique » le 9 décembre 2009 à 19h00 au 3 rue du Docteur Calmette 92110 Clichy.

Cette rencontre est organisée avec l’association Agora Karayib.

L’inscription n’est pas obligatoire mais en cas d’affluence, les inscrits seront prioritaires.

A propos de l’Association des Amis du PPM en France :

Pour la première fois, une communauté d’Ultra-marins s’organise pour participer au projet politique de son île depuis la France. Cette initiative innovante vise à faciliter et renforcer la relation des Martiniquais avec la vie politique de leur île et ses acteurs.

Visitez notre site : http://appmf.org

A propos de l’Association Agora Karayib :

Agora Karayib est une association de Clichy qui fait la promotion de l’identité et de la culture antillaise à travers différents activités allant aux ateliers d’apprentissage du créole, des exposés débats sur l’Histoire, les thèmes sociétales et politiques et le devoir de mémoire.

Visitez leur site : http://karesol.org/AgoraKarayib.html



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L’incontournable préalable de la concertation

Fort-de-France le 09 nov. 2009

Serge Letchimy

Président Du Parti Progressiste Martiniquais

Le Parti Progressiste Martiniquais prend acte des mesures issues du Comité Interministériel de l’Outre Mer et annoncées par le Président de la République, le 06 novembre dernier. Si on peut saluer l’audace affichée pour certaines d’entres elles, en particulier celles concernant la coopération régionale, le contrôle des prix.., il reste à évaluer les moyens, le calendrier et la pertinence globale de l’ensemble de ces actions pour sortir notre pays de son mal développement chronique.

On ne peut nier par ailleurs que la situation actuelle nécessite un temps d’évaluation, d’expertise, voire de contractualisation, pour ouvrir des perspectives réelles de développement, fondées sur la responsabilité la plus large localement. Une responsabilité servant de dynamique à un projet d’épanouissement dont le socle serait autant l’égalité des droits que le droit à l’initiative et à ladifférence.

Une saine mise en application de ces nombreuses mesures du conseil interministériel (plus d’une centaine) ne peut donc s’imaginer que dans un processus de responsabilisation qui leur confère une âme. Processus dont l’amorce devra être une transition capable d’assurer des bases solides à notre autonomisation. Autrement, les « avaler » telles quelles serait l’aveu d’une faillite des collectivités en place, prises en flagrant de délit d’incurie (Saint Pierre, le tourisme, la jeunesse, l’énergie, la formation, l’habitat, le logement, la production locale… sont autant de compétences mal assumées localement, conduisant aujourd’hui à des menaces de recentralisation, à peine voilées).

Ce temps de transition, de négociation préalable à l’indispensable changement de régime politique, est aussi nécessaire pour établir de nouvelles règles de gouvernance, d’organisation, d’identification des moyens, pour que les institutions locales soient des forces de conceptions et de propositions, et non de bonnes exécutantes déresponsabilisées.

Peut-on imaginer un seul instant que d’ici le 17 janvier 2010 cette négociation soit possible ?

Peut-on faire croire que toutes ces mesures, non négociées au préalable avec les collectivités, ni véritablement pensées par elles, peuvent constituer une base de négociation dans le cadre de l’art.

74 dont l’actuelle rédaction nie par principe l’égalité des droits ?

Il faut avoir le courage de mener la bataille, de ne pas abdiquer, et, avec détermination, de faire admettre dans la Constitution Française, ces deux grands principes, reconnus au plus haut niveau de l’Etat : d’une part, « que nos pays participent du rayonnement de la France dans le monde » ; et, d’autre part, que « l’unité n’est pas l’uniformité au sein de la République ». Alors, il faut aller jusqu’au bout de ce raisonnement, et que la responsabilité par l’autonomie ne se construise pas au détriment de l’égalité des droits, donc dans une précarisation rampante.

Après ce conseil interministériel, cette période de transition que nous réclamons est plus que jamais à nos yeux, indispensable. Ce sera le temps de la raison retrouvée, pour que les règles et moyens des différents acteurs institutionnels se construisent dans l’harmonie et la cohérence.

La responsabilité ne se quémande pas, elle se conquiert !

L’Autonomie ne s’improvise pas, elle se construit !

L’émancipation d’un peuple n’est pas un acte de bienfaisance, ni une manoeuvre politicienne. Et ce n’est pas un acquittement « bon pour solde de tous comptes ». C’est l’auto-institution d’un peuple dans ses règles, dans ses institutions, dans ses significations, et dans ses droits légitimes et permanents. Un peuple conscient tout à la fois des avantages et des limites de ses choix.

Un long chemin reste à parcourir, gardons le cap, continuons le combat

Serge Letchimy

Président

Du Parti Progressiste Martiniquais

Conférence sur l’évolution statutaire et institutionnelle de la Martinique le 5 novembre à Paris

La Martinique sera dans les mois à venir confrontée à des choix parmi les plus importants de son histoire.

Doit elle ou non adopter une assemblée unique ?
Doit elle ou non changer de statut dans le cadre de la Constitution Française ?

Afin d’identifier clairement les enjeux de la consultation à venir et la position du Parti Progressiste Martiniquais, l’Association des Amis du PPM en France (APPMF) vous invite à participer à une conférence avec le Conseiller Régional PPM Daniel Robin.

Cette rencontre est organisée avec l’aide du réseau Outremer Network. Elle aura lieu le jeudi 5 novembre à partir de 19h00 sur le bateau Alizé, Port de la Rapée, Paris 12.

L’inscription n’est pas obligatoire mais en cas d’affluence, les inscrits seront prioritaires.

Daniel Robin

Daniel Robin



A propos de Daniel Robin :

Après des études de Droit des affaires à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne rentre en Martinique en 1985, intègre le Crédit Agricole. Dirige différentes entreprises ( Segage, Crocquet SA) avant de rejoindre Médiagestion en qualité de Directeur Général en 2002.

Président fondateur de la Cgpme Martinique, médiateur conciliateur, est chargé d’enseignement en management interculturel à l’Université des Antilles et de la Guyane.

Elu Conseiller Régional en 2004, Secrétaire Général Adjoint du PPM.






A propos de L’Association des Amis du PPM en France :

Pour la première fois, une communauté d’Ultra-marins s’organise pour participer au projet politique de son île depuis la France. Cette initiative innovante vise à faciliter et renforcer la relation des Martiniquais avec la vie politique de leur île et ses acteurs.


Inscriptions :

Par mail : appmfrance@gmail.com

Par téléphone : 06 14 16 59 49

ACCES
MÉTRO : Gare de Lyon, Bercy, Gare d’Austerlitz
BUS : Lignes 24, 57, 63 et 87
Visites uniquement sur rendez-vous

ACCES

MÉTRO : Gare de Lyon, Bercy, Gare d’Austerlitz

BUS : Lignes 24, 57, 63 et 87



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L’AUTONOMIE SE CONQUIERT !

La  demande de report de la consultation des Martiniquais sur l’évolution institutionnelle  et de l’élection régionale par les deux présidents des collectivités de la Martinique, se solde par un échec.

En effet, la réponse du Président de la République Française augure avec évidence des difficultés que nous  Martiniquais rencontrerons lors de la négociation de la loi organique dans le cadre d’un changement de régime politique fondé sur l’article 74.

Cela, les Progressistes  s’en sont inquiétés dès la 1ère réunion du Congrès  le 18 décembre 2008.

Après ce triste résultat, comment peut-on encore gloser sur le succès de cette démarche !

AUCUN report de consultation n’a été accordé sinon un déplacement de quelques jours après les vacances de Noël , et pendant la période du Carnaval.

Les élections régionales ont été MAINTENUES  à leur date initiale !

Ce résultat ne peut que renforcer les incertitudes et les peurs qui entourent le processus d’évolution demandé dans le cadre de l’article 74.

La démonstration est ainsi faite :

1°) Qu’en l’état actuel de la législation  et notamment de la Constitution, c’est l’Etat qui donne la cadence, qui fixe l’agenda, et qui décidera in fine du contenu de la loi organique qui nous sera appliquée,  et des moyens qui nous seront transférés. Ceci constitue pour nous un déni de démocratie.

2°) Que le PPM a raison  de dire  que pour éviter toute dérive et échec, il est nécessaire d’instituer une phase d’expérimentation suffisamment longue ( 6 ans) d’exercice de pouvoirs élargis par une collectivité unique, ce qui est une nécessaire transition avant de passer au stade du changement définitif du régime politique.

3°) Que le PPM a raison de demander une modification de la Constitution pour créer les conditions d’un choix éclairé du Peuple Martiniquais  pour un changement de statut.

Le risque de désaveu  de l’évolution institutionnelle  proposée dans le cadre de l’article 74, le 17 janvier 2010, est tel, qu’il est d’ores et déjà anticipé par l’organisation  d’une 2ème consultation  le 24 janvier 2010, en vue de la création  d’une collectivité unique dans le cadre de l’article 73.

Or, c’est justement ce que le PPM voulait éviter: le rejet du principe de l’Autonomie au travers d’un article  74 purement  idéologique ; un “article 74 sanction” pour le Peuple Martiniquais.

La seule alternative  à l’échec annoncé,  serait une fusion mécanique des deux collectivités.

Aujourd’hui, ceux, notamment les Indépendantistes, qui se réclament de l’Autonomie de l’article 74, par entêtement et dogmatisme ,construisent le lit du statu quo et du conservatisme. Ils se glorifient de ce que le Président de la République Française n’ait ouvert aucune possibilité à l’expérimentation, c’est-à-dire à un processus sérieux, prudent et responsable débouchant sur un changement fondamental.

AU CONTRAIRE !

L’Autonomie permettant de conjuguer  l’égalité des droits et le droit à la différence est en marche : c’est ce que nous appelons la 3ème voie.

Pour y parvenir, nous proposons un processus en 4 étapes.

1ère étape

L’obtention de la collectivité unique le 24 janvier 2010.

Nous  invitons à voter :

-NON  le 17 janvier 2010 à  l’article 74 tel que rédigé

-OUI  le 24 janvier 2010 pour la création  de la collectivité unique

2ème étape

Obtenir par le biais  de la loi organique régissant la collectivité unique,  le droit à l’expérimentation et une habilitation pour légiférer sur une période de 6 ans.

3ème étape

Négocier avec l’Etat la modification de la Constitution pour un changement de statut, dans le respect de l’égalité des droits et le droit à la différence.

4ème étape

Aboutir à une nouvelle consultation du Peuple Martiniquais pour le changement du régime politique de la Martinique, garantissant l’égalité des droits comme socle, et ouvrant des perspectives globales de  responsabilité et d’Autonomie locale.

Les Progressistes et Démocrates  continuent le combat et sauront créer les conditions nécessaires à une véritable période de transition.

Le PPM appelle à un rassemblement unitaire de toutes les forces démocratiques et progressistes Martiniquaises dans un Mouvement pour l’Autonomie et le Progrès ( MAP) dont l’objectif est d’obtenir, au sein de la République, une région autonome dans le respect de l’égalité des droits et du droit à la différence.

Le Président du Parti Progressiste Martiniquais

Serge LETCHIMY

Entretien avec George Pau-Langevin

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Lors de la Journée Outre Mer Developpement, George Pau-Langevin, Députée de la 21ème circonscription de Paris, Vice-Présidente du groupe socialiste chargée des questions de justice, Conseillère du 20ème arrondissement de Paris, déléguée à la protection de l’enfance, répond aux questions d’Antilles Politique.

Conférence sur l’évolution statutaire et institutionnelle de la Martinique en présence de Serge Letchimy

La Martinique sera dans les mois à venir confrontée à des choix parmi les plus importants de son histoire.

Doit elle ou non adopter une assemblée unique ?
Doit elle ou non changer de statut dans le cadre de la Constitution Française ?

Afin d’identifier clairement les enjeux de la consultation à venir et la position du Parti Progressiste Martiniquais, l’Association des Amis du PPM en France (APPMF) vous invite à participer à une conférence avec le Député-Maire de Fort de France et Président du PPM, Serge Letchimy.

Cette rencontre est organisée avec l’aide du Groupe des Radicaux de Gauche et Elus Apparentés (RAGEAP) du Conseil Régional d’Ile de France.

Elle aura lieu le mercredi 23 septembre a partir de 19h dans la Salle Delouvrier au 35 bd des Invalides a Paris (Metro Saint François Xavier).

Inscriptions :

Par mail : appmfrance@gmail.com

Par téléphone : 06 14 16 59 49

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Les Ultramarins de l’Hexagone veulent se prononcer sur l’évolution statutaire de leurs départements !

Communiqué commun du COLLECTIFDOM et de TJENBE RED
Paris, mercredi 16 septembre 2009
Communiqué de presse n°TR09POL41

Communiqué commun du COLLECTIFDOM et de TJENBE RED

Paris, mercredi 16 septembre 2009

Communiqué de presse n°TR09POL41

Mercredi 16 septembre 2009, Patrick KARAM, délégué interministériel pour l’égalité des chances des FrançaiSEs d’outre-mer, réunissait le Conseil consultatif des associations ultramarines dans l’Hexagone.

À cette occasion, le COLLECTIFDOM (Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais & Mahorais) et TJENBE RED (Association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida) ont présenté une pétition destinée à relayer cette revendication issue des États généraux de l’outre-mer :

L’organisation, dans l’Hexagone, de consultations relatives au statut de nos départements d’origine, notamment la Martinique ou la Guyane, pour les UltramarinEs concernéEs, parallèlement aux consultations organisées dans ces départements.

Les associations ultramarines dans l’Hexagone ont massivement approuvé cette pétition qui demande au délégué interministériel de porter cette revendication auprès du président de la République, lequel déclarait, le 31 mars 2007, alors en campagne pour l’élection présidentielle : «On ne peut pas séparer les Ultramarins de métropole de ceux restés au pays, comme s’il s’agissait de deux catégories de populations totalement différentes».

Le délégué interministériel s’est engagé à reprendre cette revendication qu’il est possible de soutenir en signant la pétition sur Internet : http://www.PetitionOnline.com/vote97/

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Daniel DALIN

06 10 02 40 19 | d.dalin@collectifdom.com

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David AUERBACH CHIFFRIN

06 10 55 63 60 | david@tjenbered.fr

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Rapporteurs de la commission Égalité & Discriminations

des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone

Pièces jointes, notes & annexes

[1] Inégalités, injustices, discriminations : Pour une action résolue des pouvoirs publics ! -

Rapport remis le 31 juillet 2009 par la commission Égalité & Discriminations des États

généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone – Cf. proposition n°5, page 20

http://www.etatsgenerauxoutremer.net/20090731-99.pdf

http://www.tjenbered.fr/2009/20090731-99.pdf

[2] «NOUS AVONS NOTRE MOT A DIRE SUR LE STATUT DE NOS PAYS !» – Pétition à

l’attention de Monsieur Patrick Karam – Délégué interministériel pour l’égalité des

chances des FrançaiSEs d’outre-mer – Paris, mercredi 16 septembre 2009

http://www.PetitionOnline.com/vote97/

http://www.tjenbered.fr/2009/20090916-89.pdf

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La question de la journée était « mais où va M. Karam, ancien président du Collectif DOM ? ». Je crois que nous avons un début de réponse.

C’est étrange, le Collectif est pourtant un lobby apolitique pour l’Outre-Mer. Lobby apolitique…?! Ils voulaient surement dire apartisan…

Enfin, chez Antilles Politique, on a essayé l’apartisan, çà n’existe pas. Tout être humain a une pensée politique. Alors on a fait du multi partisan et on se chamaille entre auteurs. Y a de la gauche, de la droite, de l’indépendantiste, de l’assimilassionniste, de l’autonomiste…..

Enfin, revenons en au Collectif DOM, lobby apolitique anciennement présidé par un porte parole de candidat à la Présidence de la République

Ils souhaitent s’exprimer sur les consultations.

Au delà de l’absolue incohérence législative, et de la droite ligne assimilassioniste affichée, ils veulent s’exprimer sur quoi ? et comment ? Avec quelle légitimité ?

L’électorat que M. Karam a fait émerger en menant les Etats Généraux de l’Outre-Mer de l’Hexagone (EGOM Hex) ou la DIMEFCOM était il destiné à cela ?

Il me semble que le lieu de vote en France est déterminé par le lieu de résidence. S’ils s’expriment dans les DOM, renonceront ils au droit de vote en Métropole ? Veulent ils les deux ?

Ah oui, c’est vrai, M. Karam n’était pas au courant puisque la pétition l’interpelle.

Mais alors pourquoi nous a-t-il brillament expliqué lors de la dernière réunion des EGOM Hex avec des élus franciliens nés aux Antilles (et pas ultramarins d’Ile de France…) que les DOM devaient absolument rester dans le 73 ? Je passe sur le fait qu’il s’exprimait alors sous la bannière du Premier Ministre. L’Etat Français s’immisce dans les affaires des Congrès martiniquais et guyanais ? Les Collectivités ne sont plus souveraines ?

J’avoue être très perplexe. Les gens du Collectif DOM de sont pas du genre à agir sur un coup de tête ou à donner des coups d’épée dans l’eau. Ils ont déjà mené des actions importantes au succès. Mais alors que veulent ils ?

Je propose que nous leur demandions.

La suite dans quelques jours…..