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Vers un sommet de l’URAG « spécial SARA » ?

Le Président du Conseil régional de Martinique Serge Letchimy, a pris connaissance du rapport remis ce jour par l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT).

Suite au mouvement social de février 2009, Serge LETCHIMY avait activement participé aux discussions sur la question de la cherté de la vie, et s’était prononcé pour le maintien de l’outil industriel de la SARA et des emplois directs et indirects qu’il génère.

A la lecture de ce rapport, même si les mesures proposées restent en deçà des attentes, Serge Letchimy constate que les mesures préconisées et les solutions proposées ne remettent pas en cause ce principe.

Le Président du Conseil régional de Martinique Serge Letchimy  déclare qu’il appartient dorénavant à tous les acteurs, collectivités territoriales, état, socio professionnels de prendre les mesures concrètes qui s’imposent de façon globale et transparente pour traiter les questions de la détermination du prix et de la péréquation.

Au regard de ce rapport, le Président du conseil régional de Martinique Serge Letchimy  prendra prochainement l’attache de ses homologues guyanais et martiniquais pour évoquer ces questions dans le cadre de l’Union Régionale Antilles Guyane (URAG).


Rapport de l’ANACT sur l’approvisionnement en carburants des départements français d’Amérique

MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR,

DE L’OUTRE-MER ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

MINISTÈRE CHARGÉ DE L’OUTRE-MER

Communiqué de presse

de Marie-Luce PENCHARD

Ministre chargée de l’Outre-Mer

Paris, le 7 juillet 2010

Rapport de l’ANACT sur l’approvisionnement en carburants des départements français d’Amérique

Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer, a pris connaissance des conclusions du rapport de l’agence nationale de l’amélioration des conditions de travail (ANACT) qu’elle avait commandé le 22 janvier 2010.

La ministre avait souhaité une large concertation sur place, notamment avec les représentants des consommateurs, des syndicats et des acteurs de la filière. Ce rapport s’inscrit dans une démarche de transparence que le Gouvernement a privilégiée de façon constante pour rendre compte des résultats des études successives sur l’approvisionnement en carburant et énergies des départements francais d’Amérique (DFA).

Par son approche, ce rapport complète, en effet, celui effectué en mars 2009 par l’inspection des finances sur la fixation des prix des carburants dans les DOM ainsi que l’avis rendu le 24 juin 2009 sur le même thème par l’Autorité de la concurrence.

Il convient d’ailleurs de rappeler qu’à la suite de ces travaux une réduction des marges a été mise en œuvre par arrêtés préfectoraux.

En complément, le rapport de l’ANACT explore des pistes nouvelles pour répondre aux interrogations de long terme sur la filière d’approvisionnement en carburants des DFA.

Le rapport de l’ANACT étudie, en effet, les trois scénarios suivants :

- les possibilités d’approvisionnement en carburants aux normes européennes dans l’environnement régional des Antilles-Guyane ;

- l’importation de carburants raffinés en provenance d’Europe ;

- la pérennisation du dispositif actuel en l’aménageant pour accroître son efficacité.

Pour bien appréhender les enjeux qui s’attachent  à  chacun  de  ces  trois  scénarios,  Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer, a reçu successivement les représentants des pétroliers, les trois préfets directement concernés ainsi que l’intersyndicale de l’entreprise SARA. Elle a aussi pris acte de l’avis des trois  présidents  de  région  réunis le 17 juin dernier au sein de l’Union régionale Antilles-Guyane, en faveur de la préservation de l’outil industriel SARA.

C’est donc sur le fondement de ces échanges que Marie-Luce PENCHARD, Ministre chargée de l’Outre-mer, a décidé de :

- prendre en considération l’attachement des acteurs locaux à l’outil industriel SARA, notamment en raison de son impact positif sur le plan économique et social et en l’absence de solutions alternatives à court terme pour garantir la sécurité des approvisionnements en toutes circonstances ;

- privilégier l’amélioration des conditions d’exploitation de l’outil SARA en liaison avec les opérateurs actuels et par une plus grande implication des principales collectivités concernées.

Pour l’avenir, la ministre souhaite que les acteurs s’engagent dans une démarche prospective qui valorise l’utilité sociale et l’efficacité économique de l’outil industriel.

Le travail de transparence et de concertation mené depuis un an permet d’arrêter aujourd’hui une position claire sur l’avenir de la filière ainsi que sur son retour à l’équilibre économique.

En effet, la solidarité nationale ne doit pas servir à subventionner de façon pérenne le prix d’un bien de consommation courante. L’Etat doit concentrer son intervention sur les dépenses de solidarité au bénéfice des personnes les plus fragiles, notamment :

-          l’entrée en vigueur du Revenu de Solidarité Active (RSA) au 1er janvier 2011,

-          le nouveau dispositif de la continuité territoriale avec des aides prioritaires pour les publics les plus modestes,

-          l’engagement financier massif de l’Etat pour la construction de logements sociaux.

Pôles d’excellence rurale : Un projet labellisé dans le département de la Guadeloupe au titre de la promotion 2010

La politique des pôles d’excellence rurale (PER) a permis depuis 2005 de faire émerger  379 projets d’investissement sur les territoires ruraux. Innovants, créateurs d’emploi, fédérateurs et s’inscrivant dans une logique de développement rural, les PER sont des outils adaptés d’aménagement du territoire, encourageant les initiatives et la structuration de l’activité publique et privée dans de nombreux départements.

S’inspirant de cette réussite et dans le cadre de la préparation des Assises des Territoires Ruraux, une nouvelle génération de PER a été lancée en octobre 2009. Le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) du 11 mai 2010 a confirmé tout l’intérêt de cette démarche et de son développement.

A l’issue de l’examen des 201 projets présentés sur le plan national, Michel MERCIER, Ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, et Bruno LE MAIRE, Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, viennent de communiquer la liste des  dossiers retenus. Ces projets bénéficieront de subventions d’Etat pour un montant allant, selon la nature et l’importance du projet, de 350 000 à 1,5 millions d’euros.

En ce qui concerne le département de la Guadeloupe, le projet suivant a été sélectionné :

« Le chemin des saveurs » du Nord Basse-Terre déposé par la Communauté de Communes du Nord Basse-Terre

Les porteurs de projet ainsi que les élus qui les ont soutenus seront reçus, mercredi 7 juillet à 12 h 30, à Paris, par Michel MERCIER et Bruno LE MAIRE, au Ministère de l’espace rural et de l’aménagement du territoire.

Contact :

M. Mamadou SOW

Chargé de mission SGAR

Tel : 05 90 99 37 62

LE 22 MAI DOIT ETRE TREMPLIN ET VICTOIRE DU FUTUR.

Extrait de CENESTHESIE ET L’URGENCE D’ETRE de Tony DELSHAM.

Certains estiment que l’action commune des héritiers des trois groupes ne s’aurait s’enclencher qu’après l’image vengeresse du descendant d’esclavagistes, genoux en terre, demandant pardon des crimes commis par ses ancêtres. D’autres, réclament une réparation passant par la confiscation de biens jugés indus. Nous ne partageons pas ces choix demandés dans le cadre d’un département français. Ils sont irréalistes. La cohésion d’un peuple, d’une société, d’un groupe d’hommes, n’admet pas l’humiliation de l’une des composantes de ce peuple, de cette société, de ce groupe d’hommes.

Les forces alliés ayant terrassé l’Allemagne nazie se gardèrent bien de mettre tous les Allemands dans le même sac, se gardèrent bien d’humilier le peuple en son entier et les vainqueurs s’appuyant sur les adversaires Allemands du nazisme conservèrent au pays de Goethe et de Wagner une dignité qui lui permit de retrouver le concert des nations européennes, dès la fin de l’occupation.

La République Française n’a pas décapité tous les monarchistes. Elle s’est simplement débarrassée des irréductibles et à « proposé » aux autres de crier « Vive la République » Depuis, ces derniers sont devenus bons républicains, et si certains vivent dans la nostalgie du passé, les lois du peuple français balisent leurs phantasmes et leurs rêves secrets en les rappelant à l’ordre à la moindre déviance.

A la Martinique personne n’a été décapité, mais personne n’a non plus « proposé » au groupe des blancs de crier « Vive le 22 Mai »

Et pour cause ! Les esclaves libérés, comme le rappellent les journaux de l’époque mentionnés par l’historien Edouard de Lépine, semblable au peuple de France parcouraient les rues en criant « Vive la République, Vive la Liberté » En outre, entre le gouverneur affolé de l’époque, car confronté à l’interprétation des ordres de Paris, l’impétuosité du groupe des gens de couleur libres ne sachant qui devait être l’interlocuteur avec lequel on devait discuter de projets concrets et réfléchis concernant le futur, et l’impatience du groupe des noirs esclaves grisé par sa découverte de la puissance du nombre, personne n’était en mesure de faire de propositions lucides qui tiendraient compte, à la fois des intérêts de Paris et de ceux de Fort-de-France. L’organisation post esclavagistes est issue d’une vente à la criée, dominée par les forts en gueule des différents groupes sous le regard fuite en avant d’une administration centrale dépassée.

Conclusion ?

Si, pour les Etasuniens, le 4 juillet est la victoire des Etats-Unis passés, présent et futur, pour les Russes, le 17 octobre la victoire de la Russie, passée, présente et à venir, pour les Français le 14 juillet la victoire de la France passée, présente et à venir, pour les Martiniquais le 22 Mai est victoire de la Martinique du passé, pénalise le présent et rend incertain le futur. Il n’est pas source de joie, mais mur des lamentations.

Plus d’un siècle et demi plus tard, il n’y plus d’irréductibles, et, quand bien même y en aurait, le présent les rappellerait à l’ordre. Pourtant, c’est chacun dans son coin que Nègres, békés, mulâtres, et même des zoreyes, continuent à crier « Vive la Martinique ». Affirment œuvrer et penser Martinique. Cela avec une évidente sincérité. Comment fédérer et mettre ce … patriotisme au service de la Martinique et des Martiniquais ?

* * *

Assumer notre destin : En cette fin d’année 2005 l’état du monde n’est guère rassurant, et c’est dans un contexte survolté, où le problème religieux et le problème racial semblent se radicaliser, que les Antillais de Paris décident de lutter contre la stratégie de l’invisibilité, tandis que leur pays d’origine affronte un climat étrange où chacun paraît attendre l’explosion et les catastrophes annoncées. L’ère des grands travaux est définitivement terminée entraînant faillites et licenciements, les jeunes aux poches bourrées de diplômes et à la tête pleine de projets explorent toutes les possibilités qui leur sont offertes, montent d’éphémères entreprises supportées par les aides bonne conscience du système avant de s’expatrier animés du sentiment d’avoir été chassés de chez eux par une stratégie voulue, la drogue fait des ravages, braquages et agressions avec armes sont désormais le lot quotidien, les élus s’entredéchirent, .

L’attitude du gouvernement français qui depuis 1981, admet comme interlocuteurs privilégiés, non plus les descendants du groupe des blancs, mais bien l’ensemble des Martiniquais à travers les élus, a considérablement changé les données. Cependant les rapports inter groupes ne sont pas apaisés pour autant, le moindre incident ravive les rancœurs et les différentes composantes de l’identité martiniquaise continuent à se neutraliser. Pire, on assiste à ce qui ressemble à une tentative de concentration de zoreyes dans des zones géographiques précises, Diamant et Trinité notamment, qui pourrait bien concrétiser la formation d’un groupe cultivant un communautarise bien plus dangereux que le camp retranché du François, et portant les germes d’un vrai racisme. Dans un chapitre précédent nous avons constaté qu’existaient deux sortes de zoreyes. Celui parfaitement intégré, ayant adopté la Martinique et qui est adopté par les Martiniquais. L’autre replié sur lui-même, raciste et colonialiste justifie son attitude par l’hostilité qu’il affirme rencontrer chez les autochtones. L’image non stabilisée que lui renvoie la société martiniquaise lui fourni toutes sortes d’alibis.

Le drame de la Martinique, n’est-ce pas en définitive l’incurie des nôtres : intellectuels et hommes politiques « qui n’égalèrent pas leur destin ? »

Qui ne surent pas reconnaître les acquis de notre propre histoire et l’autorité inéluctable du devenu, loin des matrices originelles ?

Qui oublièrent de chanter l’enracinement, drapeau des conquérants, pour vouer un véritable culte au déracinement, linceul des perdants ?

Qui ne surent ou ne voulurent pas définir avec lucidité ce qu’était un martiniquais, bien que la réalité socio-historique s’affirme depuis bien longtemps déjà ?

En 2005, le devenu s’impose et le devenir s’impatiente. Alors fermement et avec insolence face à l’histoire, nous osons suggérer une action concrète dont l’intention est de nommer, de reconnaître et d’officialiser, enfin, l’identité martiniquaise à travers toutes ses composantes, car il n’est pas sûr que la simple arrivée des nouvelles générations comblera le vide perturbant de notre histoire. En effet, la reproduction du geste du père ou des aînés est une constante dans les familles et encore plus dans les sociétés non affranchies des pesanteurs du passé. Au cours de l’année 2003, Aimé Césaire symbole de la résistance nègre, et Bernard Hayot considéré, à tort ou à raison, comme le porte drapeau du pouvoir béké, ont raté une magnifique occasion. En effet, ils avaient décidé tout deux de planter un arbre à l’habitation Clément. Cérémonie sobre devant quelques invités, sans intention historique, ni recherche symbolique. Une telle rencontre, un tel geste avaient suscité un grand intérêt, preuve que la société martiniquaise est en attente du déclic. D’où notre conviction de la nécessité du symbole fort. Agissons le plus rapidement possible. Dès 2OO6, tentons de faire du 22 Mai la victoire de la Martinique passée, présente, et future. La victoire de tous les Martiniquais, sans exclusive.

Nous imaginons aisément les réactions outragées des guerriers à l’armure rouillée autoproclamés défenseurs de la dignité martiniquaise, de l’âme martiniquaise. Hélas, aucun papyrus frappé du sceau d’une authenticité, prenant source dans des mythologies ou dans l’histoire, ne leur confère la moindre légitimité. Le non-être des kidnappés d’Afrique fut organisé par les architectes d’une époque barbare. L’époque est révolue et les architectes congédiés, mais nous tardons à les remplacer par les nôtres, ceux de la renaissance de l’Etre issus du Tout-pays, issus du Tout- Martinique.

Nous imaginons les protestations courroucées et sincères d’héritiers des trois groupes qui se sont persuadés qu’à la Martinique l’ennemi a visage humain. Qu’il est blanc et béké. Ou noir et négre. Ou métissé et mulâtre. Ou cheveux soyeux et indien.

Non !

A la Martinique l’ennemi est la somme des rancœurs, des rancunes et des haines, qui perdurent parce que le poète n’a pas encore chanté l’amour. Ni l’amitié. Ni la fraternité. Pas plus qu’il n’a chanté la Martinique. Sauf à l’enrobée de flonflons doudouistes ou de délires névrotiques.

Nous imaginons également les diatribes de ceux qui confondent souffrance personnelle directement liée à un conflit immédiat avec un béké, avec un mulâtre, avec un nègre, avec un indien, avec le système et notre souffrance collective elle, directement liée à l’histoire et donc plus lointaine et maîtrisable, grâce à la grandeur humaine.

Qu’importent ces réactions prévisibles ! Avec le défi permanent que l’histoire a toujours exigé de nous, hissons-nous au niveau des autres nations en imposant au Tout- France et au Tout- Europe, le Tout Martinique. Offrons aux héritiers du groupe des noirs esclaves, du groupe des blancs esclavagistes, du groupe des gens de couleur libre, du groupe des Indiens, un pari sur le futur. Faisons-le avec l’éclat qui sied aux actes fondamentaux, avec le rituel qui soudent les hommes unis par un même destin et officialise la naissance des nations. La Martinique du présent, avec son identité affirmée et reconnue, se félicitera de l’image du préfet de la République Française déposant une gerbe aux pieds du neg mawon réhabilité, ne s’offusquera pas outre mesure du drapeau bleu blanc rouge, symbole de l’ensemble des régions françaises, côtoyant le drapeau martiniquais, symbole de la Région Martinique qui, dans une écrasante majorité, pour l’heure, accepte le bloc français et européen.

Alors, la poétique de la relation professée par Edouard Glissant nous conduira, sans doute au Tout- Martinique, condition obligée pour obtenir la Créolité qui, répétons-le, n’existe pas dans une Martinique, victime d’une dilution pure et simple. Alors seulement nous pourrons en adulte, rejoindre le Tout- Monde. Les procureurs intransigeants, relais de l’outre-tombe, seront enfin remplacés par les avocats du présent. Dès lors, la Créolisation, le Tout- Monde, le chaos- monde, l’Archipélisation, suite logique du discours de la Négritude, ne seront plus concepts inaccessibles. Les Martiniquais n’auront plus l’impression de n’être point concernés par les propositions de nos penseurs, de nos censeurs, et seront prêts à échanger sans craindre de se perdre.

C’est cette Martinique-là, et nulle autre, qui en toute sérénité et en toute lucidité, décidera si elle doit être pays indépendant parmi les autres états de la Caraïbe, pays autonome au sein de la République Française, ou vrai département français avec une histoire spécifique et originale.

Utopique, cette proposition ?

Pas sûr. En tous cas, Aimé Césaire lui-même, n’a-t-il pas souhaité, dans un passé récent, une utopie refondatrice ?

Schœlcher le 7 juin 2005.

Ensemble pour une Martinique nouvelle : le programme officiel

A qui appartient l’argent du Conseil Régional ?

Par Karl Paolo

Au moment où les élus qui, depuis 12 ans dirigent la région, doivent rendre des comptes aux électeurs martiniquais, seuls juges de leurs résultats et non au magazine français « Capital », nouvelle bible de nos « patriotes », on en entend de belles sur les tréteaux électoraux !

En effet, à écouter le discours des élus MIM – CNCP du Conseil régional sortant, les fonds de la collectivité sont leur « propriété personnelle ». Mieux, ils semblent s’être donnés pour mission de les amasser, des les conserver, mais par-dessus tout de ne pas les dépenser pour développer le pays, répondre aux besoins de la population, sauvegarder l’emploi et permettre la création d’activités en injectant ces moyens financiers dans le circuit économique, en faisant par exemple en sorte que l’alimentation en eau potable soit assurée à tous les martiniquais, que l’activité économique se développe, que les élèves soit scolarisés dans de bonnes conditions et que la formation professionnelle et l’apprentissage puisse permettre aux jeunes comme aux adultes d’acquérir des qualifications pour une insertion sociale et professionnelle réussie.

Le comportement du président sortant du Conseil régional rappelle étrangement celui d’un personnage d’une comédie de Molière, « Arpagon » lequel passait son temps à dire : « ma cassette, ou est ma cassette, je veux ma cassette, on veut voler ma cassette » en parlant d’un coffre rempli d’or lui appartenant !

Mais soyons justes, il y a des exceptions !!! La première concerne la construction d’une luxueuse école primaire dans l’ile de la Dominique, équipée à faire pâlir d’envie n’importe quel élève de Martinique. Mais quand, on aime, on ne compte pas !

Au delà de cette générosité grandiose, on chercherait en vain quelles sont les écoles primaires dévastées par le cyclone Dean et reconstruites à 100% par la Région Martinique ! Il n’y en a aucune.

La seconde exception fait la une de l’actualité ces temps-ci : Il s’agit de ce bel ensemble immobilier, abritant une école des arts et des sciences ainsi qu’un centre de formation professionnel détruits par un cyclone et reconstruit dans l’ile de la Grenade!!!!! Rien à dire !!! Encore bravo !

Quelle est la réalité ?

En premier lieu, il faut que chaque martiniquais sache que c’est dans sa poche que sort « l’argent de la Région » et que lorsque l’on est généreux, c’est lui qui paye en fin de compte !

En effet, 70% du budget régional est alimenté par des impôts et de taxes payés par la population martiniquaise. Qu’en disent les comptes administratifs de la collectivité ?

2006                                                        2008

Total des recettes régionales                                     256 937 112,30€                                     352 040 107,20€

Impôts et taxes                                                            203 662 128,40€                                    240 960 365,30€

%                                                                                        79%                                                          68%

Les choses sont donc claires :

1 – l’argent de la Région n’est la propriété ni d’une personne ni d’un clan ! Il appartient au peuple martiniquais ;

2 – c’est parce que cet argent lui appartient que le peuple martiniquais est en droit d’exiger que cet argent soit utilisé pour apporter des solutions à ses problèmes, pour améliorer son cadre de vie et développer son pays.

En second lieu, les sommes prélevées sur chaque martiniquais par le Conseil régional depuis 10 ans sont en augmentation sensible contrairement à ce que prétend le président sortant de la collectivité.

Impôts et taxes perçus par le Conseil régional

(Sources : comptes administratifs)

1999                                                2008

Impôts locaux                                                 130 853 651, 37 €                        144 149 358,59 €

  • Taxes sur les permis de conduire
  • Taxe sur les certificats d’immatriculation des véhicules
  • Taxe sur les rhums
  • Taxes sur les carburants
  • Taxe additionnelle à l’octroi de mer+FRDE
  • Taxes d’embarquement transport aérien et maritime
  • Taxe additionnelle aux droits de mutation

De 130 millions à 144 millions d’euros, l’augmentation est nette : en 10 ans, c’est presque 13,3 millions d’euros soit plus de 87 millions de francs, (8,7 milliards de centimes) qui sont sortis de la poche de tous les martiniquais pour enrichir la cassette du Conseil régional !

Fort bien ! Mais qu’en a-t-on fait quand le président sortant de la Région se vante d’avoir plus de 28 millions d’euros d’excédent en 2008 ? La conclusion est que cette augmentation de la fiscalité régionale était parfaitement inutile puisqu’elle n’a servi à RIEN puisque les sommes collectées n’ont JAMAIS ETE UTILISEE ! YO PA TE BISOIN LAGEN TA LA !!!!

Et ce n’est pas fini !

En 2008 nous dit le compte administratif de la collectivité, les impôts locaux ont rapportés

18,9 millions d’euros au Conseil régional.

Et, bien ami lecteur, sachez qu’au budget primitif 2010 qui vient d’être voté, M. Marie-Jeanne et les siens ont décidé de mettre leur main dans votre poche en prélevant 20,4 millions d’euros d’impôts locaux, soit 1,4 millions d’euros de plus – presque 10 millions de francs -, juste de quoi sans doute financer une nouvelle école en Dominique ou ailleurs !

Près de 8% d’augmentation des impôts locaux régionaux entre 2008 et 2010, alors que la Martinique est en pleine crise et que le chômage explose, c’est ce que le président sortant du Conseil régional appelle une « bonne gestion » !!!

Electeurs, à vous d’en juger !

Karl PAOLO

3 mars 2010

Une collectivité qui s’endette, c’est une collectivité qui investit pour sa population

par Karl Paolo

Depuis que la campagne électorale pour les régionales a commencé, le principal argument de campagne des élus et candidats du MIM – CNCP – PALIMA est de dire que le Conseil régional n’a pas un centime d’emprunt auprès des banques, qu’il n’a aucune dette ! Ils s’en vantent et s’en félicitent comme si ils avaient découvert la pierre philosophale ou la formule permettant de transformer le plomb en or !

Voila donc des partis politiques qui se proclament « anticolonialistes, anti-impérialistes ,… que sais-je encore, mais qui n’hésitent pas à reprendre à leur compte, sans la moindre réflexion, sans la moindre critique, les positions les plus réactionnaires que les ultra libéraux, partisan du capitalisme pur et dur, ceux des fameux critères de Maastricht et ceux du Fonds Monétaire International n’osent même plus soutenir !!!

Avec de tels arguments aux cotés desquels les ultralibéraux passent pour d’aimables plaisantins, comment classer ces mouvements politiques à gauche alors qu’ils considèrent tout à fait normal de sacrifier le sort d’une population et le développement de son pays à un pseudo dogme de gestion dont ils sont les seuls inventeurs et les seuls promoteurs ?

En effet, quel pays au monde n’est pas endetté ? Du Malawi à la Suisse en passant par le Canada et la Tunisie, presque tous les pays, riches ou pauvres, sont endettés, y compris la France, 31ème au palmarès avec une dette de plus de 1000 milliards d’euros, soit 68,8% des ressources produites chaque année par le pays.

Et bien, ami lecteur sachez que les dirigeants de ces pays sont, pour le MIM – CNCP – PALIMA, d’incorrigibles mauvais gestionnaires ! AUCUN n’a ni lu, ni entendu, ni compris Monsieur Alfred Marie-Jeanne, seul président d’une collectivité territoriale à ne pas avoir le moindre centime de dettes ! M. OBAMA est donc un imbécile aux yeux de M. Marie-Jeanne, lui qui a accru l’endettement des Etats Unis. MM. POUTINE, LULA, CHAVEZ, bref, tous les chefs d’Etat devraient se rendre, non pas au Forum de Davos ou à Doha mais à l’immeuble de Plateau Roy pour venir écouter le nouveau pic de la Mirandole des finances publiques qui dirige notre collectivité régionale depuis 12 ans ! Et nous l’ignorions !!!!

D’abord, l’endettement, même massif de tous ces pays n’est pas si dramatique. En effet, contrairement à un individu, la collectivité a une durée de vie infinie. Ensuite, l’endettement étant la condition sine qua non de l’investissement, on ne peut parler d’endettement sans évoquer en même temps des richesses produites, crées grâce à cet endettement. Enfin, l’endettement est une nécessité vitale et Nicolas Sarkozy lui-même, élu à la présidence de la République en promettant de réduire l’endettement de la France n’a pu que l’accroitre ! Il aurait sans doute du demander des conseils à notre futur prix Nobel d’économie.

Cela prêterait à rire s’il ne s’agissait pas de choses sérieuses aux conséquences extrêmement graves pour des milliers de martiniquais ! Réfléchissons deux secondes, amis lecteurs !

Si l’Etat français et son gouvernement décidait d’appliquer le principe qu’affirme de manière totalement absurde le président du Conseil régional, à savoir « zéro dette », on fermerait immédiatement écoles, collèges, lycées, universités, hôpitaux, services publics, on arrêterait de payer les salaires des agents publics, les retraites et les pensions, les conseils généraux et les conseils généraux n’auraient plus les concours de l’Etat, bref, c’est toute l’économie qui serait par terre ! Que dirions-nous d’une telle situation ? Que diraient les syndicats enseignants si les postes venaient à être supprimés par milliers, les salaires réduits de 30% au motif de réduire l’endettement de la France, si les prestations sociales étaient divisées par 2 afin de réduire le déficit de la Sécurité Sociale ? Un rêve croyez-vous ? C’est exactement la politique prônée sans doute sans le savoir par M. Marie-Jeanne !!!!

Si le théorème Marie-Jeanne, c’est-à-dire celui de « l’endettement zéro » était mis en œuvre par les banques et les organismes financiers et que le robinet du crédit était brutalement coupé en Martinique, l’entreprise pourrait-elle vivre, l’artisan pourrait-il poursuivre son activité, le salarié pourrait-il être payé en fin de mois, le client pourrait-il acheter ? Bien sur que non !

Quel martiniquais pourrait payer au comptant, « cash », sa maison, sa voiture, son téléviseur, ses meubles et sa gazinière ? MM. Marie-Jeanne, Marie-Sainte, Duville, Michalon et consorts, tous propriétaires de leur maison, ne se sont-ils pas endettés pour l’acquérir ?

Ainsi donc, ce qui serait bon pour l’individu Marie-Jeanne, Marie-Sainte, Duville, Michalon serait mauvais pour la collectivité régionale de Martinique dont les investissements servent pourtant l’intérêt général ! Il serait normal que tel élu du MIM connu pour son gout des BMW s’endette pour acquérir un des derniers modèles mais il serait criminel que le Conseil régional s’endette pour financer la remise en état du réseau d’eau potable et d’assainissement et l’augmentation du nombre de réservoirs ? A qui va-t-on faire avaler une pareille baliverne ?

Il faut donc faire preuve d’une totale irresponsabilité quand on se félicite d’un endettement zéro de la région Martinique alors que tant de problèmes se posent aux pays, à ses entreprises et à ses habitants.

Une collectivité qui s’endette, c’est d’abord une collectivité qui investit pour améliorer le cadre et les conditions de vie de sa population et pour permettre, faciliter et impulser le développement de son territoire! En effet, sauf à couvrir des dépenses inutiles ou éphémères, les emprunts ne peuvent financer que les dépenses d’investissements dont le pays et la population ont le plus grand besoin. Ne pas le faire alors qu’on en a les moyens revient à priver la population des services (logements, transport, infrastructures) auxquels elle a droit et à restreindre le niveau d’activité des entreprises et donc celui de l’emploi alors que tout devrait être fait pour le développer.

Une collectivité qui s’endette, c’est aussi une collectivité qui a les moyens de s’endetter c’est-à-dire qui à la capacité de rembourser ses emprunts ! Et dans ce domaine, il n’y a pas de triche possible car les comptes sont publics et subissent un triple contrôle : un contrôle de légalité réalisé par le préfet, un contrôle sur la régularité des dépenses engagées effectué par le comptable public (fonctionnaire du Trésor) et enfin un contrôle de la Chambre régionale des Comptes. De ce point de vue, les 28 millions d’euros d’excédent dégagés par la Région Martinique à la clôture de l’exercice 2008 correspondent à une capacité d’emprunt de quelques 300 millions d’euros.

Si la prudence recommande de conserver des marges de manœuvre, ne pas utiliser le tiers de cette capacité d’emprunt pour obtenir des banques 100 millions d’euros en bénéficiant de la baisse des taux d’intérêt afin de permettre au pays de passer un cap difficile en relançant la commande publique dans des secteurs où cette action pourrait avoir un effet multiplicateur, tant en terme de financement privé qu’en terme d’activité et d’emploi, est totalement incompréhensible et démontre une manque total de vision prospective et une absence d’imagination. Quand on considère que le rendement de la fiscalité est directement lié au développement de l’activité et de création de richesse, on ne peut que conclure que le Conseil régional marche sur la tête en refusant d’être ce qu’il doit être : le pilote du développement économique, social et culturel du pays.

Une collectivité qui s’endette, c’est enfin une question de confiance, confiance des préteurs dans la solidité des projets des élus mais aussi et surtout confiance des élus dans l’avenir du pays qu’ils ont à gérer, confiance des élus dans la capacité d’entreprendre et de créer de ses habitants.

Mais c’est sans doute là que le bas blesse ! Le seul projet du président sortant du Conseil régional était et est toujours d’imposer l’article 74. Il n’y en a pas d’autre puisque lui-même considère, il l’a assez répété lors de la consultation du 10 janvier, qu’on ne peut rien faire dans le cadre actuel de l’article 73, « usé jusqu’à la corde ».

Le peuple martiniquais a répondu massivement « NON » à la volonté qu’il affichait de faire passer en force l’article 74. Qu’il le veuille ou non, en tant que principal chef des 74zistes, M. Marie-Jeanne a reçu une « claque » de la part de 80% des électeurs martiniquais. Il s’agit le 14 mars prochain de traduire dans les faits la volonté exprimée les 10 et 24 janvier en votant massivement pour la liste « Pour une Martinique nouvelle » afin de garantir ce que leur vote a affirmé : « NON au 74 » et « OUI » à la collectivité unique, élue sur la base d’un scrutin mixte respectant la représentation des territoires. Car les martiniquais doivent y prendre garde : pour revenir sur l’article 74, M. Marie-Jeanne et son équipe n’ont d’autre choix que de poursuivre la politique du pire c’est-à-dire, NE RIEN FAIRE pour mettre notre pays en mouvement !!! Et c’est bien pourquoi ils n’ont aucun projet !

Karl PAOLO

3 mars 2010

Analyse du discours de Nicolas SARKOSY à l’Atrium le 18 février 2010

Les référendums se suivent et se ressemblent dans les DOM, ou presque, enfin désormais je devrais dire les ex-DOM concernant la Martinique et la Guyane depuis le 24 janvier, le tour de la Guadeloupe viendra plus tard soyez-en sur, d’une manière ou d’une autre. La Réunion semble institutionnellement épargnée pour l’instant, mais on ne peut jurer de rien.

Le piège Raffarin assemblée unique-nouvelle collectivité n’ayant pas fonctionné le 7 décembre 2003, on nous l’a resservi en en janvier 2010 version Sarkozy, mais nettement plus élaboré cette fois-ci :

La première astuce a été de jouer sur deux couples de  mots « unique, nouvelle » et  « assemblée, collectivité »   pour créer la confusion « nouvelle assemblée unique » =  « nouvelle collectivité unique »

La deuxième astuce a été de décomposer le piège en deux temps le 10 puis le 24 janvier. Le 10 janvier ils ont fait semblant de vous demander de choisir entre le 73 et le 74 en sachant très bien que vous alliez voter massivement non au 74, le vrai objectif étant d’endormir votre méfiance pour le vote du 24 janvier, afin qu’a la faveur d’une forte abstention parfaitement prévisible,  le oui à ce qu’ils ont présenté comme l’assemblée unique, mais qui est en en fait une « nouvelle collectivité unique » l’emporte même de peu,  cela suffit,  l’idée étant de faire silence sur le fort taux d’abstention, pourtant très significatif.

On reconnait là, la patte de l’enfant gâté de la Vème, élève de Mitterrand et de Chirac, héritier d’une droite décomplexée, mais complexé par sa petite taille, animé par l’esprit de revanche et cherchant à tout prix à prouver, qu’il peut réussir là où d’autres  grands avant lui ont trébuchés.

Cet esprit de revanche on le retrouve, dans l’analyse de son discours à l’atrium le 18 février, où il n’a pas pu s’empêcher de rappeler sa déconvenue lors de son voyage en 2005 je le cite : « si je remonte en 2005, je ne le fais pas pour polémiquer avec qui que ce soit, ca n’aurait aucun sens d’ailleurs  mais je me souviens des polémiques au moment de ma venue en 2005, elles m’avaient d’ailleurs blessé » s’en suit une récupération éhontée de l’image d’Aimé Césaire ce « grand homme, un sage » avec lequel il se serait réconcilié, lors d’un entretien en 2006.

Puis entre le passage de pommade dans le dos aux élus, et la condamnation sans appel des troubles de 2009, cette phrase lourde de sens, qu’il laisse échapper, à telle enseigne qu’on se demande si ce discours très troublant, n’est pas l’addition de deux textes ou de deux pensées exprimant des sentiments très différents voire contraires  « c’est pas parce que j’ai été reçu gentiment et avec beaucoup de chaleur que j’oublie » , stupéfiant !  Et au passage pour démontrer qu’il a une bonne connaissance des « outres-mers » il prend soin de préciser lors de ce rappel des participants aux manifestations de 2009, résumés dans le terme « les violents », « plus en Guadeloupe qu’en Martinique d’ailleurs » histoire d’entretenir la division entre les deux iles, et quid de leurs revendications.  Jégo est  mort vive Penchard !

Vient ensuite le passage succulent de pommade dans le dos de la population, spécialiste avertie de droit constitutionnel « et j’ai encore en mémoire le souvenir de tous les conseils et tous les commentaires, ça ne les intéressera pas, ils n’y comprendront rien . Quelle méconnaissance de la Martinique, et de l’outre-mer en général ! » Du fout… de gueule pur et simple si on rapproche ces propos  de « vous vous êtes exprimé avec la plus grande clarté, sur le premier référendum car non seulement on en a fait un, ce qui était déjà un risque, mais comme ça ne suffisait pas on en a fait deux ».  Justement pourquoi en avoir fait deux et surtout,  de quel premier référendum s’agit-il au fait ?

De celui du 7 décembre 2003, ou de celui du 10 janvier 2010, et même dans un cas ou dans l’autre, celui du 24 janvier  serait le deuxième ou le troisième, donc à l’évidence et de l’aveu même du président on peut conclure que le peuple martiniquais ne s’est pas exprimé « avec la plus grande clarté » le 24 janvier 2010.

L’aveu de toute cette grande supercherie qu’a été  cette consultation du 24 janvier, se révèle de façon éclatante, dans ce discours du 18 février. Il suffit de citer ce passage d’une incroyable maladresse.

« j’avais pris l’engagement, de demeurer neutre, et je mets au défi qui que ce soit de pouvoir témoigner que je n’ai pas respecté, cette parfaite neutralité, tout juste vous avais-je dit, dès le mois de Juin dernier que pour moi le statu quo institutionnel n’était pas souhaitable compte tenu des modes de gouvernance partout dans le monde, et aussi compte tenu des évènements que nous venions de vivre, le seul point ou vraiment je me suis un peu engagé, mais en vous demandant de ne pas garder le statu quo. »

Alors de deux choses l’une soit le président de la république a voulu nous faire prendre des vessies pour des lanternes, soit je n’y comprends plus rien à la langue française. Mais une chose reste sure : on ne peut pas dans une même phrase affirmer une chose et son contraire. Car les mots, et groupes de mots « engagement de rester neutre » « parfaite neutralité »et « pour moi le statu quo n’était pas souhaitable » « le seul point ou vraiment je me suis engagé » « en vous demandant de ne pas garder le statu quo » ne sont rationnellement, ni compatibles, ni associables pour quelqu’un sain d’esprit.

Moïse DANIEL

Nouvelles modalités de participation aux concours de la Fonction publique pour l’Outre-mer

Eric WOERTH et Marie-Luce PENCHARD annoncent la mise en place

de nouvelles modalités de participation aux épreuves écrites

des concours de la Fonction publique pour l’Outre-mer

Le dispositif s’appliquera dès le concours des IRA dont les épreuves débuteront le 15 février 2010.

A l’issue du premier Conseil interministériel de l’Outre-mer, qui s’est tenu à l’Elysée le 6 novembre 2009, le Président de la République avait notamment annoncé une réforme des modalités de participation des candidats d’Outre-mer aux concours de la Fonction publique.

Jusqu’à présent les administrations qui organisaient des concours nationaux n’ouvraient pas systématiquement un centre d’épreuves écrites dans chaque territoire d’Outre-mer. Les candidats étaient donc tenus à de longs déplacements.

Lorsque des centres étaient ouverts localement, les horaires étaient définis sans tenir suffisamment compte du décalage horaire. Les candidats dont les territoires sont situés dans des fuseaux horaires très éloignés de la métropole (secteur Amérique et secteur Pacifique notamment), composaient à des heures très matinales ou très tardives, voire en pleine nuit.

Ces conditions constituaient donc des difficultés supplémentaires pour les candidats d’Outre-mer.

Eric WOERTH, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, et Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer, ont souhaité que la réforme des modalités de participation aux concours nationaux pour les candidats d’Outre-mer entre immédiatement en vigueur. Elle s’appliquera donc dès le 15 février prochain, date de début des épreuves écrites du concours d’accès aux Instituts régionaux d’administration (IRA).

Tous les candidats d’outre-mer pourront passer les épreuves écrites dans des centres ouverts dans chacun des territoires : Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, La Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française.

Les candidats pourront aussi composer dans de meilleures conditions grâce à un aménagement des horaires permettant de mieux tenir compte du décalage horaire propre à chaque territoire. Ainsi, une gestion plus dynamique des horaires des épreuves, permettra d’agir sur plusieurs paramètres : début plus tardif des épreuves en métropole, raccourcissement de l’interruption entre les deux épreuves, meilleure exploitation de la durée de l’interdiction de quitter la salle après le début de l’épreuve… Grâce à la combinaison de ces mécanismes, tous les candidats d’Outre-mer composeront à des horaires mieux adaptés à leur rythme de travail. Aucun candidat ne sera plus amené à passer des épreuves écrites en pleine nuit.

Comme le soulignent Eric WOERTH et Marie-Luce PENCHARD, « il s’agit de permettre à tous les candidats, où qu’ils vivent, de participer aux concours de la Fonction publique dans des conditions de plus grande égalité ».

Contacts presse :

Cabinet d’Eric Woerth : Eva Quickert-Menzel, Aurélie Herz, Pierre-Antoine Lachal – 01 53 18 42 96

Cabinet de Marie-Luce Penchard : Matthieu Bejot – 01 53 69 26 74

Avançons dans l’obscurité

Les contorsions de quelques-uns pour rester dans le sens du vent, dans le sens de l’opinion, ne sauraient détourner les gauches Martiniquaises, ou ce qu’il en reste, de la mission qu’elles s’étaient assignée il y a plus de 30 ans (Convention du Morne Rouge) : tourner la page de la départementalisation et aller à la responsabilité. Une responsabilité que les indépendantistes avaient souhaitée, en d’autres temps, maximale. Rien ne saurait non plus les écarter de leur présente obligation : anticiper la fin annoncée mais déjà effective de l’Etat Providence. Anticiper sans se laisser distraire par les déclamations sur la modernisation et l’efficacité de l’Etat qui, fort d’une opinion hostile aux fonctionnaires, ne cache rien d’autre qu’une logique d’imposition des valeurs de l’entreprise — et principalement la rentabilité quel qu’en soit le coût — dans le fonctionnement des institutions publiques. On notera d’ailleurs que cette volonté affichée de modernisation et d’efficacité évite soigneusement dans sa frénésie du changement de mettre en cause les privilèges de l’aristocratie politique et de la haute fonction publique, dont la réforme pourtant devrait être une étape préliminaire mettant fin à l’ancien régime. C’est cela, l’intégration des valeurs de l’entreprise dans les institutions d’Etat, la vraie finalité du projet Balladur. Une finalité à laquelle devra aussi se soumettre la Collectivité unique dans le 73 qui vient d’être votée en Guyane et en Martinique. Pour parachever l’offensive Outre Mers, Paris n’attend plus maintenant que les régionales, avec le secret espoir de voir l’emporter dans ces contrées imprévisibles ceux qui ont fait la preuve au cours de ces deux dernières années, au delà des doctrines affichées, de leur aptitude à bien servir un tel dessein.

Ce préalable quant au contexte doit être complété par le rappel d’une échéance majeure qui constitue à vrai dire l’horizon politique du gouvernement : les présidentielles de 2012. Les Outre Mers, de ce point de vue, sont devenus aujourd’hui une variable qu’il vaut mieux ne pas sous-estimer dans la course pour le pouvoir suprême. Ils peuvent, on l’a bien vu avec le mouvement de janvier, février et mars 2009 aux Antilles-Guyane, brouiller le jeu politique et contrarier les ambitions. Les alliances sur le terrain, c’est désormais un impératif absolu, doivent être élargies, particulièrement là où, comme en Martinique, l’influence des droites locales est trop limitée. Elles devraient être, pour cette raison, confinées au second rôle, le premier rôle revenant, pourquoi pas, à celui à qui les conseillers présidentiels, semble t-il, avaient déjà soufflé la fameuse « troisième voix » et qui donne le sentiment, vu de Paris, d’être le plus rassembleur. Une des tâches prioritaires de tous ces relais politiques actuels et potentiels en Outre Mers sera, au mieux, de prévenir la menace d’une nouvelle « éruption sociale » d’ici 2012 ; éruption toujours possible puisque la crise n’a manifestement pas été résolue. Au pire, si le pire advenait, d’être les fusibles.

PETITE ANALYSE DES RESULTATS DES CONSULTATIONS DE JANVIER 2010

L’enjeu des deux consultations de janvier 2010 était d’estimer ou d’évaluer la clarté et l’intensité de la volonté collective des Martiniquais et des Guyanais. Le Gouvernement y était d’autant plus intéressé qu’il y avait là une occasion d’isoler ou de marginaliser le leader guadeloupéen, Elie DOMOTA, qui incarne symboliquement à ses yeux une menace toujours présente, un rappel que sur le fond rien n’a été vraiment réglé. L’appréhension d’une nouvelle contagion inter-régionale en cas de relance du mouvement justifie amplement les craintes du gouvernement. Si tout ce qui précède est bien vrai l’analyse des résultats n’en prend que plus de relief. Interprétés à partir du nombre d’électeurs inscrits et non pas simplement des suffrages exprimés — ce qui nous semble plus conforme à la vérité des chiffres, les résultats font d’abord apparaître un sérieux problème de légitimité même si on doit admettre qu’ils sont légalement recevables. Les 79,31% de « non » au « 74 » en Martinique ne représentent en effet, de fait, que 42% des électeurs inscrits (296 802 inscrits, 55,32% de participation), tandis que les 70,22% de « non » guyanais ne correspondent qu’à 33,02% des inscrits (67460 inscrits, 48,16% de participation). De même, les 68,30% de « oui » martiniquais à la « Collectivité Unique dans le 73 » n’intéresse en réalité que 23,31% des inscrits (35,80% de participation) et les 57,49% de « oui » guyanais ne se rapportent qu’à 14,69% des inscrits (27,42% de participation). L’analyse que nous faisons des données ainsi approchées est que la grande majorité des électeurs guyanais et martiniquais n’ont donné leur adhésion ni au « 74 », ni non plus « à la Collectivité Unique dans le 73 ». Il faut en tirer la conclusion que le débat est loin d’être clos comme le prétendent quelques-uns dont le gouvernement ; il reste grand ouvert, preuve évidente avec un DOMOTA toujours l’arme au pied d’un échec total de la stratégie de sortie de crise.

L’ECHEC DE LA STRATEGIE DE SORTIE DE CRISE

Les consultations de janvier 2010 en Guyane et en Martinique et les Etats Généraux ont été les deux principaux éléments du dispositif de sortie de crise d’un gouvernement, il faut le répéter, passablement ébranlé par le mouvement de janvier, février et mars 2009 aux Antilles-Guyane et aussi à la Réunion. Les consultations de janvier 2010 s’inscrivaient aussi dans une démarche d’évolution statutaire initiée par la majorité du Congrès Martiniquais et du Congrès Guyanais. C’était pour eux l’occasion d’apporter ce qu’ils pensaient être une réponse politique aux problèmes de fond dont le mouvement populaire parti de Guyane n’était, selon eux, que le symptôme. Force est de constater, au vu des résultats, que tous ont échoué et que nous sommes aujourd’hui dans une impasse politique avec d’un côté une société civile défensive, désabusée ou dubitative, refusant ou évitant de choisir de manière claire et explicite ; d’un autre côté une classe politique impuissante à changer son fonctionnement et la culture qui le sous-tend ; impuissante par conséquent à rétablir la communication avec la société civile. L’examen rapide de cette débâcle politique en Martinique est édifiant sans être pour autant transposable. Le premier constat est celui d’un dévoiement du débat par sa soumission totale à des logiques de prise de pouvoir ou de maintien au pouvoir. Les politiques se sont ainsi enfermés dans une bataille qui ne concernait que leur propre intérêt. Le second constat c’est le peu d’attention accordée, notamment par ceux qui souhaitaient un changement statutaire, à ce qui pourtant paraissait évident : la défiance des populations concernées vis-à-vis de leurs élus. Une telle donnée exigeait une campagne de grande proximité et l’articulation des questions de la justice sociale, de la démocratie et du fonctionnement politique, au thème du changement statutaire ou institutionnel. La dernière observation est celle de la division de la gauche et donc du désarroi de l’électorat de gauche tandis que la droite unie et déterminée faisait le forcing pour mobiliser son électorat. Les déçus d’extrême gauche (plus nombreux qu’on ne le pense), les salariés inquiets de la fusion Région/Département et les électeurs d’origine européenne peu rassurés par certains discours voire quelques dérives, ont grossi les rangs des abstentionnistes et des « non » du 10 et du 24 janvier 2010. Nous héritons, notamment en Martinique, suite à ce premier épisode affligeant de conquête du pouvoir, suite aussi à une de ces aberrations que la Démocratie française tarde à corriger (se voir imposer légalement un point de vue très minoritaire) d’une collectivité unique dont, en dépit des discours rassurants, personne ne sait vraiment ce qu’on va y mettre et quand elle pourra être mise en place ; puisque tout cela sera conditionné par le nouveau rapport de force politique après les régionales et par la nécessaire mise en cohérence avec la réforme Balladur. Ceux qui dénonçaient les non-dits du « 74 » ne pourront nier que la situation est aujourd’hui encore plus opaque puisque les élus de Guyane et de Martinique ont désormais perdu le peu d’initiative qu’ils avaient encore sur le cours des choses au profit exclusif du Gouvernement. Et voilà comment, tout au moins en Martinique, la raison de parti et les calculs de pouvoir nous livrent pieds et poings liés à la volonté du prince. Et pendant ce temps là les inégalités et la pauvreté continuent de s’aggraver, l’économie poursuit son effondrement…C’est sans doute cela « marcher du même pas que le peuple ».

LA PSEUDO THEORIE DU « MARCHER DU MÊME PAS QUE LE PEUPLE »

Depuis l’annonce des résultats, certains en Martinique, à la recherche d’un principe pour justifier leur positionnement, le plus souvent peu compréhensible, et la justesse supposée de leur choix, ont réactualisé une vieille théorie dont la paternité reviendrait selon eux au « Père fondateur » : « il faut marcher du même pas que le peuple ». La formule semble relever du bon sens, elle est pourtant, selon nous, d’une réelle dangerosité. Tout d’abord, elle présuppose, s’inscrivant ainsi dans la plus pure tradition populiste, que le peuple aurait toujours raison (en l’occurrence ici contre les élus et les intellectuels), ce qui est totalement faux. Tous les choix populaires sont certes intelligibles, par conséquent motivés, pas forcément justes ni exempts de toute analyse critique. « Marcher du même pas que le peuple » c’est aussi, sous couvert d’une philosophie du sens commun justifier à posteriori la démagogie qui consiste à « caresser dans le sens du poil » pour réaliser ses ambitions de pouvoir. Les politiques ont le devoir de proposer ce qu’ils estiment être juste à leurs concitoyens et de le soumettre à leur appréciation sans craindre d’être déjugés. Autrement, ils se condamnent à l’immobilisme ou la démagogie. L’immobilisme, nous y entrons au regard des résultats des consultations et ceci malgré l’intervention dans le débat du Président de la République et de la Ministre d’Outre Mers ; au regard aussi du relatif échec populaire des Etats Généraux. Quant à la démagogie nous avons manifestement de « bons produits maison. »

LA CRISE DU LIEN SOCIAL

Certains ont voulu voir dans les résultats des consultations de janvier 2010 une discontinuité avec le mouvement de janvier, février et mars 2009, voire même un démenti. Ce n’est pas notre point de vue. Le contenu des plateformes de revendications du mouvement laissait entendre implicitement que c’est en qualité de « citoyens français » que les grévistes, faisant fi de leurs élus, interpellaient directement l’Etat français sur ce qui, au-delà des revendications concrètes, se révélait être un appel à la justice sociale, au traitement équitable. Nous avions alors parlé de demande « d’Etat Providence ». Les résultats tels que nous les avons analysés restent tout à fait dans ce registre : on ne donne pas son assentiment à ce qui pourrait remettre en cause l’Etat Providence et on ne se fie surtout pas aux élus. Ce qu’il faut comprendre maintenant c’est cet attachement à un Etat vilipendé depuis plus de 40 ans pour cause d’assistanat par la gauche et l’extrême gauche majoritaire depuis près de 20 ans ; critique reprise à son compte par le Président de la République, notamment lors de son discours de vœux 2010 à la Réunion. Deux raisons retiennent depuis peu notre attention. Nous les ajoutons aux quelques autres que nous avions déjà développées dans une interview de France-Antilles Martinique. La première est que nous avons affaire à une résistance passive et le plus souvent silencieuse à la fin annoncée de l’Etat Providence. Une fin déjà ressentie par les plus démunis. La seconde, concomitante, c’est l’ampleur, vécue au quotidien par les classes les plus défavorisées et les plus vulnérables, de la crise du lien social et de ce qui la fonde : la solidarité sociale. Il y a un effondrement des réseaux de solidarité reposant sur la parenté, la proximité sociale et spatiale. Il y a trop peu voire plus rien à partager, ni salaire, ni retraite, ni dons et contre dons. Il y a aussi un discours de plus en plus audible de « délégitimation » du bien fondé de la solidarité sociale y compris chez ceux qui sont chargés dans les institutions de la mettre en place. C’est assez pour parler d’une crise du lien et de la solidarité sociale. Une solidarité massivement réinvestie dans les causes humanitaires dont la légitimité est mieux perçue. Si le constat est admis on peut parfaitement comprendre dans ces conditions en l’absence de toute solution crédible, que l’ultime recours pour les catégories concernées soit l’Etat Providence. Les résultats de la consultation expriment d’une certaine façon une détresse face à ce qui irrémédiablement est en train de disparaître pour être remplacé par un monstre aveugle, « l’Etat Entreprise ». Ils montrent aussi notre impuissance à tous à trouver une véritable solution, à refonder le lien et la solidarité sociale. Ce qui se résume à la question : Que pouvons-nous collectivement faire ou risquer pour un « mieux-vivre ensemble » ?

Serge HARPIN

Schœlcher, le 5 février 2010