Archives de: caraïbe

LE 22 MAI DOIT ETRE TREMPLIN ET VICTOIRE DU FUTUR.

Extrait de CENESTHESIE ET L’URGENCE D’ETRE de Tony DELSHAM.

Certains estiment que l’action commune des héritiers des trois groupes ne s’aurait s’enclencher qu’après l’image vengeresse du descendant d’esclavagistes, genoux en terre, demandant pardon des crimes commis par ses ancêtres. D’autres, réclament une réparation passant par la confiscation de biens jugés indus. Nous ne partageons pas ces choix demandés dans le cadre d’un département français. Ils sont irréalistes. La cohésion d’un peuple, d’une société, d’un groupe d’hommes, n’admet pas l’humiliation de l’une des composantes de ce peuple, de cette société, de ce groupe d’hommes.

Les forces alliés ayant terrassé l’Allemagne nazie se gardèrent bien de mettre tous les Allemands dans le même sac, se gardèrent bien d’humilier le peuple en son entier et les vainqueurs s’appuyant sur les adversaires Allemands du nazisme conservèrent au pays de Goethe et de Wagner une dignité qui lui permit de retrouver le concert des nations européennes, dès la fin de l’occupation.

La République Française n’a pas décapité tous les monarchistes. Elle s’est simplement débarrassée des irréductibles et à « proposé » aux autres de crier « Vive la République » Depuis, ces derniers sont devenus bons républicains, et si certains vivent dans la nostalgie du passé, les lois du peuple français balisent leurs phantasmes et leurs rêves secrets en les rappelant à l’ordre à la moindre déviance.

A la Martinique personne n’a été décapité, mais personne n’a non plus « proposé » au groupe des blancs de crier « Vive le 22 Mai »

Et pour cause ! Les esclaves libérés, comme le rappellent les journaux de l’époque mentionnés par l’historien Edouard de Lépine, semblable au peuple de France parcouraient les rues en criant « Vive la République, Vive la Liberté » En outre, entre le gouverneur affolé de l’époque, car confronté à l’interprétation des ordres de Paris, l’impétuosité du groupe des gens de couleur libres ne sachant qui devait être l’interlocuteur avec lequel on devait discuter de projets concrets et réfléchis concernant le futur, et l’impatience du groupe des noirs esclaves grisé par sa découverte de la puissance du nombre, personne n’était en mesure de faire de propositions lucides qui tiendraient compte, à la fois des intérêts de Paris et de ceux de Fort-de-France. L’organisation post esclavagistes est issue d’une vente à la criée, dominée par les forts en gueule des différents groupes sous le regard fuite en avant d’une administration centrale dépassée.

Conclusion ?

Si, pour les Etasuniens, le 4 juillet est la victoire des Etats-Unis passés, présent et futur, pour les Russes, le 17 octobre la victoire de la Russie, passée, présente et à venir, pour les Français le 14 juillet la victoire de la France passée, présente et à venir, pour les Martiniquais le 22 Mai est victoire de la Martinique du passé, pénalise le présent et rend incertain le futur. Il n’est pas source de joie, mais mur des lamentations.

Plus d’un siècle et demi plus tard, il n’y plus d’irréductibles, et, quand bien même y en aurait, le présent les rappellerait à l’ordre. Pourtant, c’est chacun dans son coin que Nègres, békés, mulâtres, et même des zoreyes, continuent à crier « Vive la Martinique ». Affirment œuvrer et penser Martinique. Cela avec une évidente sincérité. Comment fédérer et mettre ce … patriotisme au service de la Martinique et des Martiniquais ?

* * *

Assumer notre destin : En cette fin d’année 2005 l’état du monde n’est guère rassurant, et c’est dans un contexte survolté, où le problème religieux et le problème racial semblent se radicaliser, que les Antillais de Paris décident de lutter contre la stratégie de l’invisibilité, tandis que leur pays d’origine affronte un climat étrange où chacun paraît attendre l’explosion et les catastrophes annoncées. L’ère des grands travaux est définitivement terminée entraînant faillites et licenciements, les jeunes aux poches bourrées de diplômes et à la tête pleine de projets explorent toutes les possibilités qui leur sont offertes, montent d’éphémères entreprises supportées par les aides bonne conscience du système avant de s’expatrier animés du sentiment d’avoir été chassés de chez eux par une stratégie voulue, la drogue fait des ravages, braquages et agressions avec armes sont désormais le lot quotidien, les élus s’entredéchirent, .

L’attitude du gouvernement français qui depuis 1981, admet comme interlocuteurs privilégiés, non plus les descendants du groupe des blancs, mais bien l’ensemble des Martiniquais à travers les élus, a considérablement changé les données. Cependant les rapports inter groupes ne sont pas apaisés pour autant, le moindre incident ravive les rancœurs et les différentes composantes de l’identité martiniquaise continuent à se neutraliser. Pire, on assiste à ce qui ressemble à une tentative de concentration de zoreyes dans des zones géographiques précises, Diamant et Trinité notamment, qui pourrait bien concrétiser la formation d’un groupe cultivant un communautarise bien plus dangereux que le camp retranché du François, et portant les germes d’un vrai racisme. Dans un chapitre précédent nous avons constaté qu’existaient deux sortes de zoreyes. Celui parfaitement intégré, ayant adopté la Martinique et qui est adopté par les Martiniquais. L’autre replié sur lui-même, raciste et colonialiste justifie son attitude par l’hostilité qu’il affirme rencontrer chez les autochtones. L’image non stabilisée que lui renvoie la société martiniquaise lui fourni toutes sortes d’alibis.

Le drame de la Martinique, n’est-ce pas en définitive l’incurie des nôtres : intellectuels et hommes politiques « qui n’égalèrent pas leur destin ? »

Qui ne surent pas reconnaître les acquis de notre propre histoire et l’autorité inéluctable du devenu, loin des matrices originelles ?

Qui oublièrent de chanter l’enracinement, drapeau des conquérants, pour vouer un véritable culte au déracinement, linceul des perdants ?

Qui ne surent ou ne voulurent pas définir avec lucidité ce qu’était un martiniquais, bien que la réalité socio-historique s’affirme depuis bien longtemps déjà ?

En 2005, le devenu s’impose et le devenir s’impatiente. Alors fermement et avec insolence face à l’histoire, nous osons suggérer une action concrète dont l’intention est de nommer, de reconnaître et d’officialiser, enfin, l’identité martiniquaise à travers toutes ses composantes, car il n’est pas sûr que la simple arrivée des nouvelles générations comblera le vide perturbant de notre histoire. En effet, la reproduction du geste du père ou des aînés est une constante dans les familles et encore plus dans les sociétés non affranchies des pesanteurs du passé. Au cours de l’année 2003, Aimé Césaire symbole de la résistance nègre, et Bernard Hayot considéré, à tort ou à raison, comme le porte drapeau du pouvoir béké, ont raté une magnifique occasion. En effet, ils avaient décidé tout deux de planter un arbre à l’habitation Clément. Cérémonie sobre devant quelques invités, sans intention historique, ni recherche symbolique. Une telle rencontre, un tel geste avaient suscité un grand intérêt, preuve que la société martiniquaise est en attente du déclic. D’où notre conviction de la nécessité du symbole fort. Agissons le plus rapidement possible. Dès 2OO6, tentons de faire du 22 Mai la victoire de la Martinique passée, présente, et future. La victoire de tous les Martiniquais, sans exclusive.

Nous imaginons aisément les réactions outragées des guerriers à l’armure rouillée autoproclamés défenseurs de la dignité martiniquaise, de l’âme martiniquaise. Hélas, aucun papyrus frappé du sceau d’une authenticité, prenant source dans des mythologies ou dans l’histoire, ne leur confère la moindre légitimité. Le non-être des kidnappés d’Afrique fut organisé par les architectes d’une époque barbare. L’époque est révolue et les architectes congédiés, mais nous tardons à les remplacer par les nôtres, ceux de la renaissance de l’Etre issus du Tout-pays, issus du Tout- Martinique.

Nous imaginons les protestations courroucées et sincères d’héritiers des trois groupes qui se sont persuadés qu’à la Martinique l’ennemi a visage humain. Qu’il est blanc et béké. Ou noir et négre. Ou métissé et mulâtre. Ou cheveux soyeux et indien.

Non !

A la Martinique l’ennemi est la somme des rancœurs, des rancunes et des haines, qui perdurent parce que le poète n’a pas encore chanté l’amour. Ni l’amitié. Ni la fraternité. Pas plus qu’il n’a chanté la Martinique. Sauf à l’enrobée de flonflons doudouistes ou de délires névrotiques.

Nous imaginons également les diatribes de ceux qui confondent souffrance personnelle directement liée à un conflit immédiat avec un béké, avec un mulâtre, avec un nègre, avec un indien, avec le système et notre souffrance collective elle, directement liée à l’histoire et donc plus lointaine et maîtrisable, grâce à la grandeur humaine.

Qu’importent ces réactions prévisibles ! Avec le défi permanent que l’histoire a toujours exigé de nous, hissons-nous au niveau des autres nations en imposant au Tout- France et au Tout- Europe, le Tout Martinique. Offrons aux héritiers du groupe des noirs esclaves, du groupe des blancs esclavagistes, du groupe des gens de couleur libre, du groupe des Indiens, un pari sur le futur. Faisons-le avec l’éclat qui sied aux actes fondamentaux, avec le rituel qui soudent les hommes unis par un même destin et officialise la naissance des nations. La Martinique du présent, avec son identité affirmée et reconnue, se félicitera de l’image du préfet de la République Française déposant une gerbe aux pieds du neg mawon réhabilité, ne s’offusquera pas outre mesure du drapeau bleu blanc rouge, symbole de l’ensemble des régions françaises, côtoyant le drapeau martiniquais, symbole de la Région Martinique qui, dans une écrasante majorité, pour l’heure, accepte le bloc français et européen.

Alors, la poétique de la relation professée par Edouard Glissant nous conduira, sans doute au Tout- Martinique, condition obligée pour obtenir la Créolité qui, répétons-le, n’existe pas dans une Martinique, victime d’une dilution pure et simple. Alors seulement nous pourrons en adulte, rejoindre le Tout- Monde. Les procureurs intransigeants, relais de l’outre-tombe, seront enfin remplacés par les avocats du présent. Dès lors, la Créolisation, le Tout- Monde, le chaos- monde, l’Archipélisation, suite logique du discours de la Négritude, ne seront plus concepts inaccessibles. Les Martiniquais n’auront plus l’impression de n’être point concernés par les propositions de nos penseurs, de nos censeurs, et seront prêts à échanger sans craindre de se perdre.

C’est cette Martinique-là, et nulle autre, qui en toute sérénité et en toute lucidité, décidera si elle doit être pays indépendant parmi les autres états de la Caraïbe, pays autonome au sein de la République Française, ou vrai département français avec une histoire spécifique et originale.

Utopique, cette proposition ?

Pas sûr. En tous cas, Aimé Césaire lui-même, n’a-t-il pas souhaité, dans un passé récent, une utopie refondatrice ?

Schœlcher le 7 juin 2005.

Haiti dans l’échelle des victimes de séismes

A la demande la cellule médico-psychologique, nous avons réalisé une note qui permet de situer le séisme d’Haïti en termes de victimes, par rapport aux séismes majeurs survenus dans le monde aux XX et XXI siècles (travail réalisé par ma collègue Mendy Bengoubou).

Ca permet de ce point de vue aussi de mesurer l’ampleur de la catastrophe !

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010 Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique Notes Numéro 9, du 25 janvier 2010

Séisme d’Haïti du 12 janvier 2010

Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique

Notes Numéro 9, du 25 janvier 2010

Rappel : Face à l’ampleur de la catastrophe qui touche la République d’Haïti, le Président du Conseil Régional de Martinique a activé une cellule de crise, le 13 janvier 2010, afin de lui permettre de cadrer l’aide que la collectivité régionale souhaite apporter, au titre de sa solidarité et de la coopération caraïbéenne, au peuple haïtien. Cette cellule se réunit selon un calendrier mentionné dans ses communiqués, jusqu’à ce que des propositions concrètes soient proposées aux instances délibérantes de la Région. Une veille est assurée les autres jours. La cellule de crise qui représente les ressources propres de la Région accueille des partenaires et consultants extérieurs ayant une capacité d’action.

On se réfèrera aux bulletins antérieurs pour le cadre de fonctionnement de la cellule et les objectifs de la Région qui privilégie l’aide sous forme d’investissements pour le recouvrement favorisant les apprentissages et l’activité professionnelle en Haïti.

En raison de l’importance des données à traiter, les communiqués peuvent être émis le lendemain de la réunion de la cellule.

Les questions discutées ce 25 janvier sont les suivantes :

Informations diverses sur la situation en Haïti

Ce lundi, plusieurs professionnels de retour d’Haïti ont témoigné de leurs impressions sur la situation à Port-au-Prince et à Léogâne. En outre, quelques informations reçues par e-mail ont été transmises

- M. Emmanuel Florent, Médecin CICOMSCA (Centre International pour la Coopération Médicale et Sanitaire dans la Caraïbe et les Amériques).Témoignage.

L’échelle de la catastrophe est au-delà des capacités et usages en matière d’aide. L’urgence sanitaire est au-delà de bien des crises passées. De nombreux blessés restent sans soins, en raison du manque de chirurgiens, d’orthopédistes, d’anesthésistes et de soignants.

La phase de crise sanitaire peut durer 6 mois. Une fois passée la première urgence médicale (un mois environ), des complications respiratoires (poussière), des faiblesses fœtales. (Observation de M. Giboyau : la présence d’amiante dans les décombres doit faire redouter des effets à retardement).

Besoins urgents en médicaments : antalgiques (notamment pédiatriques), antibiotiques, anti-inflammatoires et Anti-diarrhéiques (les cas d’enfants touchés par des diarrhées croissent rapidement).

Pour les accouchements, la remise en route des structures encore debout se fait progressivement, malgré le grand nombre de décès parmi les médecins et autres personnels soignants.

Malgré une mobilisation internationale très forte, les besoins sont tels que les effectifs pourraient être multipliés par 3 ou plus. Chaque organisation intervient dans la limite de ses possibilités, très localement, avec ses capacités logistiques, mais on ne peut parler de maîtrise de la situation.

Les maisons non effondrées sont affectées par les répliques. La psychose des répliques laisse dehors ceux dont le domicile n’est pas endommagé. Heureusement il ne pleut pas. La mise à disposition de tentes est une priorité pour les femmes et les enfants, d’autant plus que chaque coup de vent soulève énormément de poussière de décombres. Des problèmes respiratoires, à plus ou moins long terme, doivent être envisagés.

Pour l’envoi sur place de volontaires martiniquais, des problèmes de logistique sont soulevés par la sécurité civile : problématique de l’autonomie et de la sécurité sur place des personnes et de leur matériel d’intervention. Tous les intervenants doivent impérativement avoir leur propre logistique.

- M. Roland Rosillette, ONG PLAC 21 et France-Quebec 21. Témoignage

La situation est inimaginable, les images sont celles de villes bombardées, notamment à Léogâne où presque toutes les écoles sont à terre. Les rassemblements, entre autres sur les stades, soulèvent des problèmes d’hygiène à l’échelle de la catastrophe, d’où un besoin urgent d’organiser des camps avec latrines.

De nombreuses victimes, parmi lesquelles l’élite intellectuelle dont le pays a besoin, sont retrouvées dans l’Université de Port-au-Prince en ruine. Des universités françaises se proposent d’accueillir des étudiants.

Les besoins sont criants dans tous les domaines, inclus la logistique de distribution sur le terrain.

- Mme Yaïssa Arnaud-Bolivar, professeur de sciences économiques en Haïti. Rapatriée. Témoignage

Chacun se demande comment le pays va redémarrer une fois l’urgence passée. Quelle vie réinventer ? Un sentiment de « vide absolu » plane en l’absence totale de perspective dans le chaos. Il faut non seulement reconstruire matériellement le pays, mais aussi les structures sociétales et économiques.

A la fin des secousses, tous ceux qui le pouvaient sont sortis des bâtiments. On observait des évanouissements, des personnes hébétées couchées au milieu de la rue, des personnes hurlant.

A la carrière de La Boule, exploitée sans précautions (fait dénoncé depuis des années), un éboulement a enfoui les travailleurs.

Il faut aussi penser aux nombreux « petits » sinistrés isolés dans les campagnes, qui ont seulement perdu leurs biens, et qui ne seront pas prioritaires sur les circuits de l’aide internationale.

- M. Daniel Vigée, Médecin-Pompier de retour d’intervention (en liaison téléphonique). Témoignage

La catastrophe est survenue dans un contexte déjà difficile. Face aux risques d’émeutes, il y a des difficultés à organiser la distribution des rations alimentaires qui sont arrivées sur place.

L’état des centres de santé primaire et des dispensaires est en cours d’évaluation. Il faut développer les formations dans ce domaine et financer les salaires, il faut faciliter l’achat des matériels.

La formation des ingénieurs et des architectes est une priorité absolue. Même les bâtiments neufs financés par des organisations internationales sont tombés en raison à la fois de l’absence de règles de construction parasismique et d’un manque de contrôle des chantiers. Paradoxalement (pour le grand public), les petites cases ont mieux tenu que les bâtiments officiels. Cela est notamment lié au fait que les masses de béton impliquées sont beaucoup plus faibles. La reconstruction des quartiers insalubres doit être l’occasion d’apporter un meilleur environnement aux populations.

La Chargée de mission Risque sismique de la Région a rappelé que des projets de coopération étaient déjà en cours d’instruction au moment du séisme. Il s’agit de formations en construction parasismique mobilisant des experts martiniquais (Cf. projet CASASTABLE du Natural Risk Reduction Strategy du Conseil Régional).

- Docteur Félix Thomas, Président Union Départementale des Sapeurs Pompiers (UDSP) Martinique, médecin chef CASH

Haïtien d’origine, en Martinique depuis 1977, le docteur Thomas a été en charge de la logistique (aller et retour) des volontaires du SDIS en sauvetage-déblaiement qui sont intervenus en Haïti.

Le SDIS envoie depuis des années des détachements sur les urgences caraïbéennes, et cette fois-ci, selon les retours d’information, ce qu’on voit à la télé n’est qu’une infime partie de la réalité.

L’Union Départementale des Sapeurs Pompiers de Martinique, qui mène des actions de coopération, avait formé 11 formateurs haïtiens qui avaient commencé à leur tour à former des secouristes en Haïti. L’UDSP met l’accent sur la nécessité de créer un réseau d’unités de secours (casernes) bien réparti sur le pays. Le peu de moyens qui existaient avant la catastrophe était concentré dans Port-au-Prince. Il faut faire un inventaire des moyens et des besoins et mener une réflexion stratégique. Aider les secours haïtiens à acquérir une méthode et des moyens d’intervention permet d’améliorer leur capacité de réponse immédiate, de réduire la dépendance et, si nécessaire, de faire bénéficier la Caraïbe de la réciprocité en cas de crise.

- Lecture d’un message électronique de Jean-Claude Fignolé, Maire des Abricots reçu par la chargée de mission Risque sismique

Ce « paisible village » de la Grand-Anse (Haïti), comme bien d’autres en province, est confronté à l’arrivée massive de sinistrés dépourvus de tout, de blessés infectés, d’enfants à scolariser, de bébés à allaiter et à soigner, et également à un début de délinquance. Cette petite commune n’a aucun moyen matériel et dépend de l’aide extérieure, qui actuellement est concentrée sur la capitale.

L’Etat haïtien et les organisations incitent les familles à rejoindre leurs régions d’origine ; régions qu’ils avaient auparavant quittées en raison de la grande pauvreté et l’absence d’emploi. Les provinces ne sont pas en mesure de faire face et l’aide matérielle et sanitaire doit être envisagée à l’échelle du pays entier. Des enquêtes sur les besoins des provinces, devant être suivies d’effets concrets, sont urgentes. Il faut ajouter que les commerçants d’une région agricole comme la Grand-Anse qui étaient approvisionnés depuis Port-au-Prince ne reçoivent plus de marchandises.

Suivi de la mobilisation des associations et des sociétés de Martinique

- Association des Soignants Préparés aux Risques Majeurs (ASPRIM)

Malgré les besoins encore importants, la Préfecture continue à faire savoir qu’elle préfère mobiliser l’ASPRIM en Martinique (sans doute par difficultés à garantir les conditions de leur sécurité et de leur logistique). Cependant les médecins en Haïti avec lesquels l’ASPRIM avait déjà travaillé l’an dernier appellent à l’aide. L’ASPRIM a reçu de du Président des établissements de santé privés d’Haïti une demande pressante accompagnée d’une proposition d’hébergement des volontaires de l’ASPRIM chez l’habitant. Il est rappelé qu’en raison de l’effondrement d’hôpitaux et cliniques, Haïti est confronté à une perte importante de personnel médical.

Les membres de cette association rappellent qu’ils sont formés aux interventions d’urgence et regrettent qu’il ne soit envisagé de les mobiliser que pour la seconde phase de soins.

La DSDS demande à l’ASPRIM la mise à disposition de 2 soignants pour accompagner des médecins à l’hôpital de Pétion-ville. Les soignants martiniquais ont l’avantage de la langue créole, avantage très sollicité par les organisations en place (Nations-Unies et international).

Ces partants achemineront les cartons de masques offerts par le CHU. En outre, ils emmèneront le résultat d’une collecte auprès des infirmières martiniquaises.

ASPRIM, en collaboration avec la Région (validation par la CP du 26 janvier) propose de mettre en place un nouveau stage de formation en médecine d’urgence et de catastrophe, particulièrement orienté sur les pathologies et complications post-séisme. Il s’adresse aux nouveaux adhérents, notamment aux volontaires de l’ADHM. Il se déroulera début février.

- Association Des Haïtiens en Martinique (ADHM)

L’ADHM a des contacts quotidiens avec Haïti. Ce week-end, des Associations d’Haïtiens de Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin se sont réunies en Guadeloupe. Leur position est que la reconstruction d’Haïti doit passer par les haïtiens et créer des emplois sur place. La suspension des taxes douanières a été décidée par l’Etat haïtien pour favoriser l’entrée de l’aide. Il a été décidé de tisser des liens entre ces associations d’haïtiens expatriés. Un forum se tiendra le 15 mai.

Selon L’ ADHM, il semblerait que 80% du PIB haïtien provient de la diaspora. La régularisation de la situation de ceux qui résident en France, à l’image de ce qui se passe aux Etats-Unis, va favoriser cet afflux monétaire qui contribuera à la reconstruction en Haïti.

L’approche globale de l’action de l’ADHM se dessine. Elle s’articulerait autour de 5 axes. Les 2 premiers à court terme et les 3 autres dans la durée.

- Méthodologie de l’accompagnement de l’accueil des expatriés sanitaires et leurs accompagnants, en attendant un retour possible. (Projet qui sera déposé au Conseil général en charge du social)

- Formation des volontaires. (Jeudi réunion de travail entre ADHM et CRM pour organiser la formation des maçons. Formation des soignants avec ASPRIM en préparation).

- Education

- Agriculture

- Développement

L’association doit se structurer pour faire face à ses nouveaux objectifs et lance un appel à personnes ressources pour accompagner les projets. Elle souhaite fédérer des associations partenaires.

- ADRASSEC (Radioamateurs de Martinique)

L’ADRASSEC met en place une action caraïbéennes pour le développement des radio transmissions.

- Brigitte DOPPIA consultante (EDEA)

EDEA travaille sur le terrain à des projets de coopération dans le domaine agricole (Cayes, Nippes, Léogâne Grand-Goâve…). Les objectifs sont le développement de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture

Les projets d’EDEA prennent une nouvelle ampleur en raison des migrations actuelles vers les milieux ruraux. Le Ministère de l’agriculture haïtien propose un redéploiement de ces projets s’adressant aux jeunes et favorisant leur insertion au travers des activités agricoles et agro-alimentaires. Des formations pourraient être assurées par des formateurs martiniquais, et des formateurs haïtiens désormais sans emploi car eux-mêmes réfugiés dans les campagnes.

- M. Ange-Eric RANGON, entrepreneur TP

Les entrepreneurs martiniquais souhaitent se mobiliser. Ils sont à la recherche d’informations pour cadrer une offre. A court terme démolition, déblaiement. Leur message est d’éviter un « Katrina bis » par manque de réactivité.

- M. Franck ROBERT, coordonateur projets CE en Haïti (informations diverses suite à des échanges avec ses interlocuteurs en Haïti)

Les ONG qui étaient en Haïti avant la catastrophe ont perdu des moyens logistiques. Les financements arrivent mais les transports pour les acheminer sont insuffisants. En ce moment, les organisations sur le terrain forment des volontaires haïtiens à administrer les soins légers aux blessés.

Bâtiment : l’absence de contrôles techniques reste une menace. Il est impératif de suivre les chantiers financés avec une aide à la reconstruction.

Le contexte de ces dernières années avait permis l’émergence de projets de coopération. La perte des données dans les décombres risque des les retarder alors qu’il faudrait les activer. Il faut favoriser et fédérer les petites actions. Utiliser les contacts existants. En raison de leur proximité culturelle les entreprises en Martinique et en Guadeloupe ont la capacité de faire des offres pertinentes.

- M. Maurice Juston pour Métal Système

Sa société étudie des procédés constructifs appropriés au contexte caraïbéen (climat, séismes, cyclones) à coût réduit. Projet en cours de définition.

Autres informations émanant de la Région Martinique

La région rappelle que les actions proposées doivent créer de l’activité en Haïti.

La Direction des relations internationales et de la coopération finalise le dossier de positionnement de la Région à proposer à la CP du 26 janvier.

La chef de service informe que :

- la Préfecture par le biais du Services des Etrangers a mis en place un dispositif pour faciliter l’accueil et le suivi des haïtiens en Martinique et des Haïtiens rapatriés. Il est prévu des autorisations provisoires de séjour ainsi que des regroupements familiaux, et un suivi médical des rapatriés.

- La piste du Cap Haïtien est en cours d’agrandissement

- une réunion pour finaliser la mise en place d’une collecte de matériel de santé

- le Service social régional reçoit de nombreuses propositions de parrainages (accueil d’enfants pour finir l’année scolaire

- Sir Hillary, Vice Chancellor et principal de UWI Cave Hill a envoyé un message appuyant sur la responsabilité de la France (Haïti ayant du payer à la France une « dette d’Indépendance » jusqu’en 1922) et des Etats Unis d’Amérique dans l’appauvrissement d’Haïti et appelle à une Reconstruction équitable d’Haïti.

Les élus présents concluent en faisant ressortir les principes suivants

-: Etre pratique et développer des actions concrètes.

- Favoriser l’émergence des bureaux de contrôle technique en Haïti.

- Retisser les liens entre Martinique et Haïti.


Prochain communiqué : Mercredi 27 janvier.

Contact presse : Direction des Relations Internationales et de la Coopération

service.cooperation@region-martinique.mq / 0596 59 64 69

Les voeux du Préfet de la Guadeloupe pour l’année 2010

Chères guadeloupéennes,

Chers guadeloupéens,

C’est avec grand plaisir, qu’en ma qualité de préfet récemment nommé dans ce beau département, je vous adresse mes vœux de santé et de réussite pour cette nouvelle année 2010.

2009, l’année qui s’achève, c’est vrai, n’aura pas été facile pour vous. Des grèves et des manifestations, sans doute parmi les plus dures que la Guadeloupe ait connues, ont gravement perturbé votre vie quotidienne et bloqué l’économie. Du coup, la production de l’île a diminué de manière notable alors que le nombre de chômeurs, lui, a augmenté. Il est évident que seul un climat social apaisé rendra possible le retour de la croissance et des beaux jours.

L’Etat, en ce qui le concerne, tiendra les engagements qu’il a contractés, en dépit des critiques systématiques et bien injustes, dont il est la cible. Il assurera de manière stricte le maintien de l’ordre public et luttera contre l’insécurité sous toutes ses formes, tout en s’efforçant de réduire les inégalités sociales et de soutenir les entreprises qui créent ou sauvegardent des emplois.

Mais l’année 2009, par d’autres côtés, est porteuse d’espoirs. Elle n’a pas été seulement marquée par des évènements sociaux, hélas émaillées d’actes de violence inacceptables. Elle fut aussi, n’en déplaise aux cassandres de tout bord, celle de l’écoute et du dialogue. Les Etats généraux de l’Outre-Mer ou le déplacement en Guadeloupe du Président de la République sont là pour en témoigner.

De ces multiples échanges sont nés en effet de nouveaux instruments. Une autre stratégie a été proposée. A titre d’exemple, on peut citer le développement endogène ainsi que la création du pôle d’excellence médical, c’est-à-dire la mise en place d’un cursus complet d’études de médecine à l’Université Antilles Guyane. On peut également rappeler la volonté d’intégrer plus largement les Antilles françaises dans leur environnement caribéen, grâce à la suppression des visas de court séjour pour les ressortissants de nombreuses îles des Caraïbes et grâce aux pouvoirs accrus dans le domaine de la coopé, désormais conférés aux présidents des Régions des Départements d’Outre-Mer.

Le nouvel an qui s’annonce sera donc en priorité celui de la mise en application des mesures décidées à la suite des Etats Généraux de l’Outre-Mer. Mais l’esprit d’ouverture et la démarche d’écoute continueront à prévaloir. Les services placés sous mon autorité et moi-même ne refuseront jamais le dialogue à ceux dont l’action respecte les lois de la République, quelles que puissent être par ailleurs leurs convictions. En outre, en cette année marquée par d’importantes échéances électorales (celles du renouvellement du conseil régional), l’Etat ne se départira pas de sa neutralité. Il garantira, c’est son devoir, le caractère démocratique de la campagne.

A cela, je me permets d’ajouter quelques priorités me tenant plus personnellement à coeur :

D’abord l’amélioration de la gestion des déchets et du traitement des eaux (usées et potables). Aucun développement économique, en particulier touristique, aucun progrès social ne saurait prospérer sur un territoire où pourraient se poser de graves problèmes d’insalubrité.

Ensuite, je suis consterné par le nombre de personnes qui trouvent chaque année la mort sur les routes de Guadeloupe, notamment les jeunes. Dès à présent, et en concertation étroite avec les services de sécurité, mon cabinet s’efforce d’élaborer un plan drastique, à la fois préventif et répressif, susceptible d’enrayer l’hécatombe. Je sais, hélas, que cette bataille n’est pas gagnée d’avance !

Enfin, bien sûr, la Guadeloupe, au-delà des difficultés conjoncturelles qu’il lui faut surmonter, doit se projeter vers l’avenir, songer à un autre type de développement, durable si possible. Une attention particulière sera donc portée par les services de l’Etat à la promotion des énergies renouvelables.

Je ne tiens pas à afficher trop d’engagements. Ils nuiraient à la crédibilité de ces vœux 2010. Soyez cependant persuadés que le représentant de l’Etat et l’ensemble de ses services resteront, quoiqu’il advienne, mobilisés pour assurer votre sécurité et préserver une paix sociale à laquelle vous êtes tous en droit d’aspirer.

NDLR : Nous rappellerons simplement à M. Le Préfet que Cassandre, qui était douée d’un véritable don de prophétie, fut frappée de malédiction par Apollon après l’avoir repoussé : il la condamna à ne jamais être crue. Peut-être fallait il choisir une autre référence.

Prendre toute la mesure de l’enjeu

Par Serge Harpin

Il faudra bien, le plus tôt serait le mieux puisque l’échéance est dans moins de trois mois, que les politiques, tous les politiques, comprennent que ce qui est vraiment en jeu dans le débat statutaire actuel c’est notre pouvoir de faire enfin émerger, par la négociation, la confrontation et le compromis, une volonté collective claire et suffisamment forte pour assumer pleinement son choix ; et ce, quel que soit le point de vue qui l’emporte. Cela signifie, que dans une consultation d’une telle importance, où le présent et l’avenir de chacun est autant engagé, une participation aussi médiocre que celle du 07 décembre 2003 serait pour tous un échec lamentable. La démonstration par les chiffres pour 2003 est édifiante : le vote majoritaire, 50,48% sur 108 359 suffrages exprimés et une participation de 43%, ne représentait qu’un peu plus d’un cinquième, 20,55%, des 266 134 inscrits. On touche ici à l’une des aberrations de la démocratie d’élection qui attend toujours d’être corrigée : on peut en toute légalité valider une « dictature de la minorité ». L’enseignement à retenir de 2003 est que l’abstention doit être analysée comme un vrai résultat, comme une donnée significative, notamment pour évaluer la clarté et l’intensité de la volonté collective dans une société comme la nôtre où l’indécision sur ce que nous souhaitons pour nous mêmes est si grande. On a préféré jusqu’ici raisonner uniquement sur la distribution des suffrages exprimés, sur le pourcentage des « pour » et des « contre ». Ainsi on se préoccupait de départager les forces en présence là où il fallait d’abord s’inquiéter sur ce que la Martinique était en train de perdre ou de gagner indépendamment des scores des uns et des autres.

Une participation du niveau de 2003 (43%) serait par ailleurs dans ce contexte d’après février 2009, l’aveu d’une impuissance de tous à débloquer une situation à haut risque, compte tenu du degré élevé de frustration et de ressentiment. Impuissance tout d’abord de la société civile qui n’a pas su profiter du rapport de force créé par le mouvement de février 2009 pour imposer à nos politiques, au lieu de les mettre « hors jeux », un front commun pour défendre, notamment au niveau législatif, des positions discutées et arrêtées d’un commun accord. Impuissance aussi des politiques, de tous les politiques – englués pour certains dans des batailles d’arrière-garde pour le leadership- décrédibilisés et affaiblis face à un gouvernement qui a tiré avantage de la division des gauches martiniquaises et  de la mise entre parenthèse des politiques locaux par le mouvement de février 2009. Le scénario très plausible, en l’état, d’une faible participation et par conséquent d’une société bloquée, nous ferait entrer dans une  situation où la révolte diffuse, polymorphe et non contrôlable des exclus du système alimentera les fantasmes d’insécurité de ceux qui tirent ou croient tirer profit de ce système avec les risques prévisibles de dérives sécuritaires privées ou institutionnelles. Certaines édilités, de manière tout à fait irréfléchie, se sont déjà engagées dans cette logique du tout sécuritaire.

Faire campagne pour la responsabilité martiniquaise c’est se battre pour une implication maximale de nos compatriotes, pour une participation d’au moins 70% (le quantitatif a ici valeur qualitative). Et cela sans arrière-pensée politicienne et autres manœuvres dans les arrières cours obscurs du pouvoir en place. Voilà, Messieurs, le vrai défi, voilà l’enjeu. Car enfin, et pour aller au bout de l’argumentation, quel sens peut avoir un projet martiniquais dont se désintéresse la grande majorité des martiniquais (de souche comme d’adoption) ? Quel sens peut avoir un projet martiniquais sans volonté collective martiniquaise  claire et forte? C’est exactement ici que passe la ligne de démarcation entre démocrates et technocrates…

Or malheureusement, si tous les politiques se prévalent de faire campagne pour la responsabilité martiniquaise, et c’est tant mieux, rien dans les confrontations actuelles entre les partisans du 74 et ceux qui défendent une « collectivité unique » (pas une « assemblée unique ») dans le cadre du  73 n’indique, pour l’instant, une franche détermination d’aller dans le sens que nous préconisons et qui nous semble vital. Comment peut-il en être autrement, si on fait fi de la réalité du malentendu entre les élites politiques et la population et si en conséquence on se refuse à faire la preuve qu’on veut sincèrement changer son approche des problèmes ainsi que le fonctionnement politique. Lorsqu’on omet  par exemple, dans l’exposé du diagnostic, de poser la corrélation ces dernières années entre l’aggravation de la pauvreté et l’augmentation très nette du nombre des contribuables soumis à l’impôt sur la grande fortune (ISF) – et qui ne sont pas que des békés, on continue à s’inscrire dans une tradition qui déconnecte le social du politique pour le subordonner au développement économique. On privilégie ainsi  une gestion technocratique du social qui transforme les citoyens en assistés, en obligés… Le malentendu s’alourdit davantage encore, à la limite du point de rupture, face au consensus tacite qui lie les politiques, au-delà de l’océan et des oppositions partisanes locales. Un consensus pour préserver le fonctionnement politique existant, tout au moins sur l’essentiel : la professionnalisation de la politique, indissociable du cumul successif et extensif des mandats, l’hégémonie de certaines catégories sociales dans la représentation politique et l’absence d’un véritable contrôle populaire sur les choix et les orientations décidés. La professionnalisation, particulièrement lorsqu’on cumule les fonctions les plus importantes, conduit, de fait, à ce qu’on pourrait qualifier de « conflits d’intérêt ». L’intérêt de carrière ne correspond pas toujours en effet à l’intérêt général. On peut ainsi  avoir la tentation de faire les choses d’abord pour faire carrière pas forcément pour les faire avancer. Les socialistes français semblent l’avoir compris. Les socialistes locaux et avec eux les gauches et les extrêmes gauches curieusement se taisent.

Le consensus tacite entre politiques vise aussi à exclure de la représentation politique les classes populaires et lorsqu’elles y accèdent, à les assigner aux seconds rôles. Si d’aventure elles arrivent aux premiers rôles, elles se trouvent confrontées, comme le fut Léopold BISSOL ( Député de la 4ème République de 1946 à 1958) et Emile CAPGRAS (Président de la Région Martinique de 1992 à 1998), aux quolibets distillés dans l’opinion publique pour les discréditer. Le consensus est aussi très fort pour éluder la question du contrôle effectif de la population sur les choix et les orientations faits en leur nom. Pourtant la constitution française offre deux outils qui pourraient être affinés pour rendre possible un vrai contrôle : les assemblées participatives et le droit à pétition. L’un et l’autre pourraient ainsi permettre par exemple aux citoyens, sous certaines conditions bien définies, de faire inscrire leur priorité à l’ordre du jour de la collectivité unique ou de différer l’application de certaines décisions, voir même les renvoyer en assemblée plénière pour un nouveau débat.

Ma préférence pour une évolution vers l’article 74 de la constitution rénovée est motivée, entre autres choses, par ma conviction que le problème majeur auquel nous sommes aujourd’hui confrontés est d’abord celui de la confiance. Il détermine tout le reste. Et celle-ci ne saurait être retrouvée sans une refondation du fonctionnement démocratique et politique, que rend possible, ne serait-ce que partiellement, l’article 74 par des lois organiques. Cette refondation aurait pour premier objectif l’amélioration de la qualité d’écoute et de dialogue entre société politique et société civile ; un dialogue parasité et biaisé aujourd’hui par la force d’inertie d’un  système dépassé auquel adhère la grande majorité des politiques, tous partis confondus, et, par les lobbies et autres réseaux  politiques ou/et d’affaire qui pèsent fortement sur les choix politique.

Tout reste donc encore à faire, comme on le voit, y compris dans mon propre camp, pour éviter la débâcle ; mais nous avons bon espoir que les martiniquais sauront encore une fois faire la preuve de leur perspicacité pour affronter l’histoire.

Serge HARPIN


Comité de sécurité franco-dominiquais


RepubliqueFrancaiseMinistère de l’Intérieur,

De l’outre-mer et des collectivités territoriales

——————–

Préfecture de la région Guadeloupe

——————–

Cabinet de M. le Préfet

Basse-Terre, le mardi 27 octobre 2009

Dossier de Presse

Comité de sécurité franco-dominiquais

La 3e réunion du Comité de sécurité franco-dominiquais est organisée mercredi 28 octobre en Préfecture.

Qu’est-ce que le Comité de sécurité franco-dominiquais ?

Les relations entre la Guadeloupe et la Dominique sont marquées depuis le début des années 2000 par une intensification des échanges économiques et humains. Il s’agit d’une manifestation positive de l’intégration de la Guadeloupe au sein de son environnement régional.

Cependant, parallèlement aux échanges légaux se développent les trafics, notamment de stupéfiants, et les réseaux d’immigration clandestine.

Pour répondre aux défis croissants de sécurité, les autorités françaises et dominiquaises ont décidé d’instaurer une instance permanente d’échanges et de dialogue. Le Comité de sécurité franco-dominiquais a été créé en 2005[1]. Il a déjà été réuni à deux reprises, le 3 juin 2006 à Basse-Terre et le 19 mai 2008 à Roseau.

Le Comité de sécurité a vocation à faciliter le dialogue et la coopération entre autorités françaises et dominiquaises concernant l’ensemble des sujets liés aux questions de sécurité. Les sujets abordés sont donc la coopération dans les domaines des actions de Police, de Gendarmerie, de douanes, dans le domaine judiciaire…

Quels sont les participants du Comité de sécurité ?

La délégation dominiquaise est présidée par le Ministre des affaires étrangères, de l’immigration et du travail, M. Vince HENDERSON. Elle est en outre composée :

- du Secrétaire parlementaire au cabinet du Premier Ministre, M. Petter SAINT-JEAN ;

- de la 1ère magistrate dominiquaise, Mlle Evelina BAPTISTE ;

- de la Directrice des Affaires politiques du Ministère des Affaires étrangères, Mme Sonia MAGLOIRE-AKPA ;

- du directeur des douanes, M. Roderick IRISH ;

- du Commissaire de Police, M. Hobbes Jno. BAPTISTE.

La partie française est présidée par M. le Préfet, vice-présidée par Mme la Procureure générale près de la Cour d’appel de Basse-Terre, Mme Christine PENICHON. L’ensemble des services de douanes, de police, et de gendarmerie, sont présents, ainsi que Mme l’Ambassadrice de France à Castries.

Quel est l’état des relations bilatérales franco-dominiquaises ?

Les relations bilatérales entre la France et la Dominique sont bonnes.

Elles s’inscrivent dans la durée. De nombreuses rencontres de haut niveau alimentent le dialogue continu avec les autorités dominiquaises. Rappelons qu’en 2006, le Premier Ministre M. SKERRIT signait à Basse-Terre, avec M. SARKOZY, alors Ministre de l’Intérieur, des accords bilatéraux de réadmission et de circulation.

Elles s’inscrivent dans la pratique. Des opérations impliquant la Dominique sont organisées par les services français, par exemple dans les domaines de la formation ou de l’échange d’expérience.

Quels sont les enjeux de la 3ème réunion du Comité de sécurité ?

1. Dans le domaine de la coopération douanière et policière, et de la lutte contre les migrations illégales, l’accent est mis sur les échanges d’informations entre services et sur les possibilités juridiques d’intervention dans les eaux territoriales de chacun des Etats.

2. Dans le domaine judiciaire, la compréhension des systèmes juridiques réciproques est au cœur des débats, ainsi que les échanges d’informations entre institutions.

3. Dans le domaine de la pêche, la France propose de mettre à disposition de la Dominique son excellence dans le sauvetage en mer en échange d’avancées dans les négociations sur les accords d’accès réciproques en matière de pêche. Ce dernier point concerne la mise en œuvre de l’article n°129 du protocole d’accord du 4 mars 2009.

4. La facilitation des mouvements de populations entre la France et la Dominique est enfin à l’ordre du jour.


[1] Par l’arrangement administratif du 24 octobre 2005 signé à Basse-Terre par M. Girot de Langlade, Préfet de la Région Guadeloupe, et M. Skerrit, Premier Ministre de la Dominique

Connaissez vous le Caribbean Experience and Skills Service (CARES) ?

easterncaribbeanmapL’organisation du marché du travail en termes de connaissance, de gestion des compétences et de mobilité des professionnels représente un des enjeux les plus importants pour le développement et l’intégration économique des pays de la Région.

Le projet CARES qui rencontre l’assentiment des structures régionales (OECS, Caribbean Export –CARICOM, Conseil Régional de Martinique, CCIM, ADEM) et l’adhésion des institutions gouvernementales participantes (Ministères du travail, de l’Education, Coalitions of Services de Barbade, Sainte-Lucie et de Trinidad & Tobago) vise à :

- créer un réseau d’acteurs de l’emploi,

- offrir aux offreurs de services l’opportunité d’acquérir des compétences techniques et de l’expérience,

- développer un programme commun de mobilité à destination des secteurs publics et privés.

La réunion technique qui s’est tenue à Ste Lucie le 2 juillet 2009, à l’initiative du Conseil régional de Martinique, a permis aux parties prenantes de mieux s’approprier les objectifs du projet pour mieux définir ensemble les moyens de mise en œuvre.

La collecte et l’harmonisation de données statistiques de l’emploi et la législation actuelle en matière en visa ont fortement dominé les débats.

Un comité de pilotage ainsi que deux groupes de travail ont été actés :

- connaissance du Marché du travail : politiques, cadre législatif, acteurs … et mobilité ;

- création et gestion d’un portail des qualifications et savoir-faire et opportunités d’échanges.

Ces entités se réuniront au mois de septembre prochain pour affiner chacune leur programme et calendrier de travail.