Joseph Lagrosillière

Joseph Lagrosillière, le père du socialisme martiniquais

Joseph Lagrosillière, le père du socialisme martiniquais

LAGROSILLIERE
Marie Samuel Joseph

Avocat et député socialiste de la Martinique (Sainte-Marie, 1877 Paris 1950).

* De 1910 à 1936: Maire de Sainte-Marie
* De 1919 à 1939 et 1943 à 1945 : Président du Conseil général de la Martinique
* De 1910 à 1924 et de 1932 à 1940: Député de la Martinique

Fils d’une famille aisée de la ville de Sainte- Marie dont le père est 1er adjoint au Maire. Après des études secondaires au lycée de Saint Joseph, il se rend à Paris pour poursuivre des études. Il s’inscrit à l’Ecole coloniale et à la faculté de droit de Paris et est intéressé par des idées socialistes. Impressionné, Joseph se lie d’amitié avec Jules Guesde. Il est enthousiasmé par l’élection d’Hégésippe Légitimus, socialiste à l’Assemblée en 1898. C’est lors de sa vie étudiante à Paris qu’il adhère au groupe des étudiants collectivistes et crée avec quelques Guadeloupéens et quelques Martiniquais le Groupe Socialiste des Antilles en lien étroit avec le S.F.I.O..
Disciple de Jules Guesde, et membres du Parti Ouvrier Français, il représente trois groupes de Guadeloupéens au premier congrès des organisations socialistes françaises à Paris.
IL est chargé par le ministre socialiste Alexandre Millerand d’une mission, afin de recueillir toutes les informations utiles sur les conditions de travail en Martinique. Sur place, il organise une série de conférences où il dénonce le sort des travailleurs.
Il s’inscrit au barreau de Saint-Pierre à son retour en Martinique tout en s’occupant des affaires familiales. Il cherche à favoriser l’action syndicale (en aidant à la formation des syndicats) et à la pénétration des idées socialistes ; il devient même le fondateur de la Fédération Socialiste de Martinique (F.S.M.) et le journal « le Prolétaire ».
« Lagros » comme on le surnomme devient pendant des années la grande figure de prou du socialisme martiniquais. 1902 sera une terrible année pour lui puisqu’il perd les législatives mais surtout sa femme dans la catastrophe de Saint- Pierre. Mais il n’y a pas de deuxième tour puisque la Montagne Pelée entre en éruption. Il dénoncera le scandale de la distribution des secours.
Il n’abandonne pas pour autant la politique, dans une brochure il dénonce le « cas Gérault », ce métropolitain devenu député de Guadeloupe par l’entremise de Légitimus. Après, il s’installe à Saint- Pierre et Miquelon. Il participe à l’organisation des syndicats mais quand éclate des troubles il devient persona non grata dans l’archipel.
Il retourne en Martinique en 1906, s’inscrit au barreau de Fort- de- France et se présente aux élections législatives où il est sévèrement  battu. La S.F.I.O. et les Radicaux font alliance. Victor Sévère, ancien député du Nord se présente dans le Sud ce qui laisse une place pour Lagrosillière qui lui succède. En 1910, il est élu maire de Sainte- Marie, et restera plus de 26 ans à la tête de la commune. En 1915, il présente un projet de loi visant à renforcer l’assimilation en transformant les colonies antillaises en départements français. Il conclut une alliance avec Fernand Clerc du Parti de l’Usine pour les législatives suivantes. Il est élu député dans le Sud. La même année il devient Président du Conseil Général qu’il présidera jusqu’en 1939. En 1924, il est inéligible et fait campagne avec Fernand Clerc pour deux candidats métropolitains Merlin et Séjourné. Il se retrouve emprisonné pour incitation au trouble à l’ordre public, il prend alors ses distances avec la politique. Il est de nouveau arrêté en 1931, cette fois-ci pour trafic d’influence.
Mais il effectue un retour son grand retour en 1932, retour fracassant puisqu’il remporte malgré les nombreuses attaques dont il fait l’objet les législatives sous l’étiquette du S.F.I.O.. Il est de nouveau réélu député en 1936 (sous l’étiquette du Parti Socialiste de France ou Parti Néo Socialiste).
Il se voit privé de ses droits politiques pour corruption.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, il accueille des réunions clandestines de la S.F.I.O. et ne rompt pas avec Lémery qui pactise avec Pétain et accepte d’être son ministre.
A la Libération, il est soutenu aux municipales de 1945 par les békés et la bourgeoisie de couleur hostile à V. Sévère. Mais les masses populaires rejettent celui qui a été l’ennemi de Sévère pendant tant d’années et optent pour le communiste Aimé Césaire. Il meurt à Paris le 6 janvier 1950.