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Journée mondiale contre les homophobies : Le Comité Idaho et Tjenbé Rèd reçus au ministère de l’outre-mer

Louis-Georges TIN, président du Comité Idaho (comité organisateur de la Journée mondiale de lutte contre les homophobies) et de l’association An Nou Allé, et David AUERBACH CHIFFRIN, président de l’association Tjenbé Rèd, ont été reçus vendredi 14 mai par le directeur de cabinet de Marie-Luce PENCHARD, ministre auprès du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, chargée de l’outre-mer.

Ils ont de nouveau pris acte des avancées significatives de Madame PENCHARD en matière de lutte contre le VIH et le sida.

Ils ont notamment souhaité qu’elle accentue également sa réflexion sur le développement du tourisme vers les publics LGBT (lesbiens, gais, bi & trans), sur la base d’initiatives menées par exemple au Mans ou à la Réunion.

Interrogés à l’issue de l’entretien par France-Antilles et RFO, Louis-Georges TIN et David AUERBACH CHIFFRIN ont signalé la qualité de l’écoute du directeur de cabinet de la ministre ainsi que l’attention accordée par cette dernière à la lutte contre le sida et à la lutte contre les homophobies.

Ils ont cependant regretté que Marie-Luce PENCHARD ne semble pas devoir annoncer d’engagement à l’occasion de la sixième Journée mondiale de lutte contre les homophobies, ce lundi 17 mai, alors que cette date est officiellement reconnue comme telle par la République.

CO.RAIL pourrait être prolongé en Martinique

Le plan CO.RAIL initié en Avril 2009 est un ensemble de mesure en faveur du soutien des entreprises ayant connues des difficultés suite à la crise sociale qui a frappé les 4 DOM. D’abord envisagé pour la Guadeloupe et la Martinique, il a été étendu à la Guyane et à la Réunion.

Le plan CO.RAIL devait permettre aux entreprises de bénéficier d’exonération sociales et fiscales, d’accéder au dispositif de la médiation du crédit, de solliciter un prêt à taux zéro afin de pallier les difficultés conjoncturelles de trésorerie… Bref, un arsenal de mesures, pas très claires, avec des acteurs plus ou moins impliqués dans le dispositif. Du coup, peu de lisibilité pour le chef d’entreprise qui ne sait plus à quel saint se vouer. Tout ceci, renforcé par la publication tardive d’un décret d’application de la LODEOM permettant les exonérations de charges pour l’année 2008, alors que les dispositifs prévoyaient de soutenir uniquement les entreprises à jour des dites charges…

C’est à ce titre que le président Letchimy a écrit au ministre du budget et à la  ministre en charge de l’outre mer.Comme vous pourrez le constater dans les courriers ci-joints en date du 15 avril 2010, le président Letchimy demande deux choses :

  • une prolongation du dispositif au 31 Juin 2010, qui initialement était prévu pour la fin 2009. Ceci, afin que les chefs d’entreprise aient le temps de déposer leurs demandes de moratoire et qu’elles soient instruites
  • que les conditions d’applications prévues par le décret soient revues afin que les entreprises soient dispensées de régler une partie de leurs dettes sociales et fiscales constatées non plus au 31 décembre 2008 mais au 31 décembre 2009.

De nombreuses mesures en faveur des entreprises, autres que les questions de charges, ont été mise en place dans le cadre du plan CO.RAIL (médiation du crédit, PTZ…). Ces mesures méritent d’être amplifiées, pérennisées, car l’accompagnement des entreprises existantes vers la croissance est indispensable. Mais, comme le reprochent les chefs d’entreprises, tant qu’il n’y aura pas une meilleure lisibilité  des dispositifs auxquels ils peuvent prétendre, ces mesures resteront floues et inaccessibles.

Si la requête du Président Letchimy aboutit, cela ne palliera pas l’impérieuse nécessité d’avoir une meilleure communication à destination des chefs d’entreprises. Que celle-ci concerne le dispositif CO.RAIL ou toute autre mesure en leur faveur

En tout cas, ces courriers montrent que la problématique des entreprises en difficulté préoccupe le nouveau président de l’exécutif régional, pourvu que ça dure !


Letchimy, élu président sans surprise.

Le député-maire de Fort-de-France et chef de file du PPM, Serge Letchimy, vient d’être élu (ven. 26/03, NDLR) à 57 ans, cinquième et dernier président du Conseil Régional de la Martinique, dès le premier tour de scrutin par 26 voix et 15 bulletins blancs. Serge Letchimy, élu par sa majorité, était le seul candidat.

Le président sortant  leader du MIM deuxième groupe au conseil régional, était absent! Ce dernier avait en effet manifesté quelques jours plus tôt la volonté d’une mise à disposition de 2 pour « continuer la lutte, ici et ailleurs,  » pour la mise en place d’une collectivité unique,  avec une assemblé élue à la proportionnelle ». Les élus de droite, au nombre de 3 , se sont eux logiquement abstenus de toute candidature.

Fidèle à sa ligne de conduite, Serge Letchimy refuse tout triomphalisme: « Ce n’est pas seulement avec confiance et détermination que j’accède à cette présidence aujourd’hui » mais « surtout avec une grande et sincère et très profonde humilité ».

Son tout premier discours est une sonnette d’alarme et une piqûre de rappel. « Dès ce mois-ci, sitôt après la mise en place des commissions, je prendrai toutes les initiatives nécessaires afin de mettre en oeuvre un plan de relance de l’activité et de l’emploi »,qui « s’inscrira d’emblée dans la perspective d’une Martinique plus propre, plus verte, plus bleue et mieux inscrite dans un respect dynamique, valorisant et productif de son environnement, de sa faune, de sa flore et de sa biodiversité ».

Une piqûre enfin, pour rappeler que son combat, LE combat, n’est pas fini, « pas de développement ou d’épanouissement « possibles sans « une bonne gouvernance » ni sans « des institutions fortes ». Ce flambeau  de l’autonomie passé d’Aimé Césaire au nouveau président, est toujours aussi présent: « C’est d’abord aux Martiniquais qu’il appartient d’imaginer et de mettre en oeuvre la destinée martiniquaise! (…)Les Martiniquais ont rejeté la fragilisation aventureuse mais ils n’ont pas rejeté la possibilité d’agir sur leur destin », déclare Serge Letchimy.

Enfin, le nouveau leader de la Martinique a émis l’dée d’une « activation d’une culture régionale du développement en recherchant une meilleure union régionale possible avec la Guyane et la Guadeloupe ».

Croire en nous-mêmes !

José MIRANDE présente la liste « Croire en nous-mêmes »

C’est une liste d’ouverture très réaliste quant aux problèmes actuels de la Martinique et qui propose des solutions concrètes.

Il est intéressant de constater qu’au delà des clivages politiques persistants, des femmes et des hommes compétents ont su avec lucidité conduire une liste qui avance des projets constructifs et pragmatiques pour la Martinique.

C’est un rassemblement qui a la particularité de concentrer des personnalités d’expérience, venues de toute la Martinique.
En effet ce sont de véritables experts dans leur domaines, issu de diverses communes de l’île, qui collectivement oeuvrent pour le développement du pays.

Et surtout, ce rassemblement fait confiance aux martiniquais: il est temps de Croire en nous-mêmes !

Le Front de gauche soutient l’appel pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines

LE FRONT DE GAUCHE SOUTIENT L’APPEL POUR UNE CONFÉRENCE SUR LE SIDA PARMI LES POPULATIONS ULTRAMARINES

Communiqué de presse n°TR10SAN04
Paris, mardi 23 février 2010

Le 11 février lors d’un débat public, TJENBÉ RÈD interpellait cinq candidatEs aux élections régionales en Île-de-France, région surnommée – avec Paris – «le cinquième DOM» (département d’outre-mer) car elle rassemble près d’un million de citoyenNEs françaiSEs originaires des outre-mers.

Il s’agissait de Stéphane DASSÉ (Union pour un mouvement populaire), Marie Pierre DE LA GONTRIE (Parti socialiste), Christophe GRÉBERT (Mouvement démocrate), Alexis HAOUADEG (Front de gauche) et Caroline MÉCARY (Europe Écologie)

L’association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida leur demandait ainsi de soutenir l’appel pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines en France, lancé le 30 novembre par 26 organisations et personnalités qualifiées, sur la base des mesures annoncées le 6 novembre par le président de la République Nicolas SARKOZY au terme du CIOM (conseil interministériel de l’outre-mer).

Suite à ce débat, Alexis HAOUADEG (candidat du Front de gauche en Seine-Saint-Denis) nous fait part dans un courriel de son soutien à cet appel : «Je pense que les actions de santé et de prévention communautaire sont particulièrement efficaces et utiles. [...] Ayant lu votre appel je ne peux qu’y souscrire et vous apporter mon soutien pour tenter d’obtenir que les instances décisionnaires vous aident dans l’organisation et le financement d’une conférence sur le sida en direction des populations ultra-marines. Je m’engage à transmettre votre appel à mes colistiers et à défendre votre cause auprès des futurs élus régionaux du Front de gauche.»

Pour TJENBÉ RÈD (Association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida),
David AUERBACH CHIFFRIN, président
06 10 55 63 60
contact@tjenbered.fr

Répertoire politique des 1000 élus de Guadeloupe

Je tiens à signaler la parution d’un ouvrage, sorti en septembre 2009, qui gagne à être connu car il répond à un réel besoin d’informations thématiques, difficiles à obtenir par les moyens conventionnels

A l’aube d’une longue période électorale, il peut effectivement s’avérer utile de mieux connaître les candidats potentiels ou les personnalités qui compteront lors des prochaines campagnes.

Pour ce faire, le livre synthétise l’essentiel, en 300 pages , sur tous les élus politiques en exercice dans le département.

On y trouve, en autres, les différentes missions départementales et régionales assignées aux conseillers des deux assemblées majeures de Guadeloupe.

Des extraits son disponibles ICI

La Martinique épouse la collectivité unique!

Un oui (en or?) massif: 68%

Les électeurs de Martinique se sont prononcés dimanche par référendum pour la création d’une « collectivité unique », exerçant les compétences dévolues au département et à la région. Si à 21 heures, heure locale, le score définitif n’est pas officiellement annoncé, le score provisoire est suffisamment parlant: une victoire du OUI de plus de 68% contre environ 31% de NON.

Le « Oui » à la création d’une collectivité unique arrive en tête dans la totalité des communes où les résultats sont connus.
Au global, selon les estimation provisoires, 68 % des électeurs auraient voté pour le « oui ».

Le taux de participation tourne autour de 35 % contre 43.94% en 2003.

Le Nord-Atlantique a été le théâtre où le OUI a tenu le plus beau rôle. « Je suis heureux de ce résultat », déclare Louis-Joseph Manscour, député-maire de Trinité. « C’est un  OUI  sincère et franc. Je voudrais remercier les Martiniquais. Je suis heureux qu’ils nous aient fait confiance. Nous aurons une collectivité unique pour mieux maîtriser la gestion des fonds publics en Martinique ».On comprend mieux le score de Macouba 89% de OUI.

A Case-Pilote, autre résultat pour autre réaction. Si le OUI l’a emporté partout, c’est bien dans la commune de Ralph Monplaisir qu’il a fait son plus petit score 50,6%. Le NON aura eu du mal à décoller, à moins que ses partisans n’eussent manqué de temps: « Ces résultats traduisent l’inquiétude de la population d’où ce taux d’abstention important. C’est la traduction de l’incompréhension de la population. Au PCD, nous estimons qu’il fallait laisser à la population le temps de comprendre. », explique le maire de Case-Pilote.

Partisan du oui mais vainqueur amer le président Marie-Jeanne sent peut-être déjà le vent tourner « Malgré le taux d’abstention, le OUI  l’emporte à 80%, c’est bizarre, ce sont les mêmes chiffres que le 10 janvier.  Tout le monde s’approprie cette victoire, mais pour la vérité historique, les parâtres d’hier ne peuvent pas être les pères fondateurs d’aujourd’hui. ».

« La participation n’est pas forte mais ils  (les martiniquais, ndlr) ont fait preuve de maturité. » résume Miguel Laventure, secrétaire général du FMP qui reste presqu’aussi mesuré que Serge Letchimy, député maire de Fort-de-France pourtant grand vainqueur des premières joutes électorales de 2010.Pour lui les martiniquais ont fait preuve de lucidité, loin de se réjouir, voilà un peuple qui «  n’a pas fait le choix de la passivité dans l’attente d’une réforme à venir » et conçoit avec lucidité une évolution institutionnelle qui ne renie en rien les acquis de ses grandes luttes historiques ».

La troisième voie dans le texte.

73-74, Vadémécum pour les Martiniquais

De quoi s’agit-il?

Dimanche 10 janvier les habitants de la Martinique vont être consultés sur l’éventuel changement de statut de la Région Martinique.

C’est à dire?

La Région Martinique est une région mono départementale appelé D.O.M ou RUP (Région ultra périphérique) en Europe. Son statut est régi par l’article 73 de la Constitution et son principe est l’identité législative. En somme l’article 73 dispose que les règles votées à Paris, régaliennes (qui sont exclusivement réservées à l’état comme la police ou la justice) ou non, sont automatiquement applicables en Martinique avec vraiment très peu de possibilités d’adaptation et aucune de différenciation. En contrepartie, le fonctionnement de la Martinique est garanti par la Constitution, on appelle cela la sécurité juridique. La loi de financement concernant les collectivités locales étant la même, la Martinique jouit aussi de la sécurité budgétaire.

Si la Martinique choisissait dimanche 10 janvier l’article 74 alors elle prendrait le statut de COM (Collectivité d’Outre Mer). Son principe est celui de la spécificité législative, lui conférant théoriquement une marge de manœuvre bien plus grande: adaptation de lois dans les domaines non régaliens, possibilité de non application de certaines lois, compétences dans l’accès à l’emploi, la protection du foncier, la protection douanière etc. Toutes ces compétences sont votées par une loi organique.

Une loi organique c’est une loi supérieure, votée plus rigoureusement par le Parlement et qui complète la Constitution. Le premier problème est que, le Parlement peut à tout moment modifier cette loi selon la majorité parlementaire qui est en place, on parle alors d’insécurité juridique. En outre, le fait que jamais après le 24 janvier 2010, on n’interroge le peuple martiniquais, fait dire à certains qu’il s’agit d’un déni de démocratie locale.

Pourquoi changer de statut?

L’État a volontiers proposé cette consultation car il réforme lui même ses régions. La motivation de l’État est donc de supprimer les régions mono départementales, rendre plus faciles les échanges entre les administrés et leurs dirigeants locaux et bien entendu réduire le coût administratif et financier dans la gestion locale.

Au niveau de la Martinique, tout est parti du vote à main levée (sic) du Congrès du 18/12/08. Au terme de ce Congrès les élus martiniquais demandaient le statut de COM pour la Martinique, la mise en place d’une collectivité unique et ont préconisé les modalités d’organisation de cette dernière.

L’objectif était donc de prendre des mesures justifiées par ses propres spécificités locales en faveur de la population.

Alléchant sur le papier.

Le 74 est donc l’antidote de nos maux?

Pas vraiment.

La collectivité unique peut être obtenue en restant dans le 73 et tous les objectifs de l’État peuvent être atteints via la mise en place d’une collectivité unique sur laquelle on demandera leur avis aux martiniquais le 24 janvier.

En outre, il ne faut pas oublier d’où l’on vient sous peine d’oublier où l’on va. La consultation a lieu parce que le Président de la République l’a annoncée après les soulèvements sociaux. Si il y a eu soulèvements sociaux, c’est que le problème était avant tout économique. Force est de constater que le protectionnisme n’est pas un modèle économique et que l’identité des martiniquais, même renforcée (est-ce vraiment possible?) ne suffira pas à les nourrir.

En somme ni la gestion locale, ni les problèmes socioéconomiques ne peuvent ou ne doivent être réglés par un changement de statut. Institutionnaliser sa différence ne suffit pas à contenter une société.

Si le 74 « passe », qu’arrivera-t-il concrètement le 11 janvier 2010?

Concrètement, rien. Et les élections régionales de mars 2010 auront bien lieu.

Il faut comprendre que mettre en place le nouveau statut d’une région pour la transformer en COM est un processus très long (3 ans pour Saint-Martin). En effet les assemblées locales vont négocier avec l’État leur financement, leurs compétences et les modalités de constitution de l’assemblée unique. Une négociation implique quand même que l’on va recevoir moins que ce que l’on demande, c’est le principe. Beaucoup parlent donc d’insécurité budgétaire.

A la fin de ces négociations, les assemblées transmettent au gouvernement un avis. Un avis n’a presque pas de poids sur l’échelle de valeurs des normes. Le gouvernement ne sera donc pas tenu de suivre cet avis lorsqu’il présentera seul le projet de loi organique au Parlement. Pour résumer après au moins trois ans de discussions stériles, seuls quatre Martiniquais à savoir, nos quatre députés feront véritablement entendre leur voix quant au devenir concret de leur propre COM.

On dit souvent que le 73 c’est pour les rmistes, je trouve que je vaux mieux qu’un RSA: on ne va pas mendier notre identité quand même?

Beaucoup pensent que vouloir rester dans le 73 , c’est s’accrocher à l’assistanat. D’autres pensent simplement qu’ils ne sont pas moins méritants que le Breton ou l’Auvergnat. C’est vrai qu’il vaut mieux apprendre à pêcher que de demander du poisson mais la toute première chose à retenir c’est que les martiniquais payent des impôts, consomment, et qu’il n’y a absolument aucune raison à ce qu’ils renoncent à leurs acquis sociaux sous prétexte, qu’ailleurs il y en a moins, voire pas. Ce serait comme dire à tous les Français qu’on supprime le SMIC parce qu’il n’y en a pas en Chine.

Il n’y a pas (encore?) de Silicone Valley en Martinique, entreprendre en France, a fortiori en Martinique demande du temps, et de l’argent, parfois beaucoup d’argent. Ce serait hypocrite de dire que notre économie n’a pas besoin de subventions. On voit ce que ça donne « chez le voisin ».

Justement, comment c’est chez le voisin?

Des territoires français ultramarins ont déjà fait le choix de « passer au 74 ». C’est le cas de Saint-Martin ou encore de la Polynésie Française, la Nouvelle Calédonie est un peu différente dans son principe mais la conséquence est une gestion type 74.

Quelques chiffres vaudront bien plus qu’un long paragraphe. Gardons donc en mémoire que la Martinique reçoit 3000€ de subventions par habitant (subventions type IEDOM) quand la Nouvelle-Calédonie en reçoit 1520. Le SMIC en Martinique est de 1321€ pour 35 heures et le RSA existe (bien qu’arrivé un peu plus tard). Le SMIC en Polynésie française est de 1217€ pour 39 heures et il n’y a pas de RSA (il n’y a jamais eu de RMI non plus).

Au moins y a-t-il eu plus de stabilité politique?

Depuis 2004, la Polynésie française a changé sept fois de gouvernement, les alliances de majorité se font et se défont au gré des ambitions individuelles. Fin 2009, Gaston Flosse a été mis en examen pour trafic d’influences et corruption. Beaucoup d’analystes économiques et politiques pointent du doigt le rapport étroit entre la paupérisation d’une société et la montée de la corruption.

Le risque est-il grand en Martinique? C’est à chacun de regarder en son âme et conscience le paysage politique martiniquais et de se demander s’il veut courir le risque de laisser son pays en proie aux alliances farfelues nourrissant l’ambition autocratique de certains de ses dirigeants locaux.

Et l’Europe dans tout ça?

Si pour la COM 74, les lois nationales ne s’appliquent plus automatiquement, il n’en est pas de même pour l’Europe, la COM 74 reste une RUP, du moins tant que ses compétences sont compatibles avec le Traité de Lisbonne.

Si ces compétences portent sur la libre circulation des personnes, des biens, des marchandises, ou sur des domaines comme la concurrence ou l’établissement d’une société communautaire, alors la COM 74 perdrait de facto son statut de RUP et « sortirait » de l’Europe.

Sans faire de subventionnisme, retenons tout de même que la Martinique en tant que DOM perçoit 1732€ par an et par habitant quand la Polynésie Française n’en reçoit que 57. Ça donne à réfléchir, par exemple, pour un jeune entrepreneur. Et quand on sait que beaucoup de subventions européennes (notamment dans le tourisme) sont soumises à l’embauche d’un ou plusieurs individus, ça donne aussi à réfléchir.

Y a-t-il un risque que l’on sorte de l’Europe?

Honnêtement, oui. Les élus qui sont à l’origine de la demande de changement de statut ont suivi les yeux fermés (certains ont publiquement regretté ou se sont abstenus de faire campagne pour le 74) leur chef de file, président du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais). Or les publications et les propositions de ce parti laissent entendre qu’ils veulent faire de la Martinique une île protectionniste ou l’ « étranger » devra montrer patte blanche pendant 5 ans ou avoir épousé depuis au poins 6 mois un local pour accéder à la propriété ou établir sa société.

Ne croyez pas que votre avis sera demandé. Une fois en place, la COM 74, via son assemblée unique peut élargir ses compétences et à elle seule, sans avis du peuple, sortir de l’Europe.

Maintenant un peu de bon sens!!

Les pro-74 brandissent la sacrosainte autonomie à chacune de leurs déclarations, mais avez vous déjà vu un peuple qui se dit autonome sans jamais participer de près ou de loin à l’élaboration, au façonnement de son autonomie?

Sachant qu’il va falloir négocier des années durant, est-ce que le temps est aux négociations? Est-ce que la conjoncture économique (crise mondiale) nous mettra sur de bonnes bases pour négocier le financement de la COM 74 ? Est-ce que la conjoncture politique (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon, débat sur l’identité nationale) nous permettra de garder nos acquis sociaux en faisant valoir nos différences culturelles?

Enfin un dernier point, AUCUN DIRIGEANT MARTINIQUAIS N’A LA MOINDRE IDEE DU VISAGE DE LA MARTINIQUE DANS 5 ANS SI LE 74 PASSAIT! Monteriez vous dans un avion où le pilote déclare être aveugle? Déménageriez vous pour un autre logement décrit simplement comme « c’est différent c’est mieux »? Si vous avez répondu non à ces deux questions, pourquoi opteriez vous pour un changement de statut qui n’a de sûr que les conséquences négatives que l’on voit chez le voisin?

Parce que celui qui ne pense pas comme vous, lui, le fera.

Les Voeux du Président du Conseil Régional de la Martinique: Alfred MARIE JEANNE

Vœux 2010


Martiniquaises, Martiniquais.

L’année 2009 restera dans les mémoires et dans les annales, l’année de la crise financière la  plus dommageable que le monde ait connue.

A cette crise, s’est greffée la crise sociétale de février-mars.  Cette dernière est le signe patent d’un mal-être chez nous, qui ne saurait se réduire à une simple mesure compensatoire de quelques euros.

A l’évidence, c’est le système tel qu’il fonctionne qui est en cause.

Le remettre en cause devient alors une absolue nécessité.

C’est vous redire, que le débat en cours sur l’évolution statutaire nous concerne tous. Ne gaspillons pas notre génie créateur à la fabrique de faux fuyants !

Il faut aborder, sereinement, cette mutation sous l’angle de l’intérêt général.

Une avancée significative, pour une Martinique plus Responsable, est devenue incontournable.

Réalisons-la ensemble.

Tenez, après un demi-siècle de tergiversations, à quoi serviraient les feux d’artifice lancés, les stèles dressées pour rappeler les évènements douloureux de décembre 1959 et les résolutions politiques prises à l’époque pour plus d’autonomie, si l’on doit retomber dans le train-train quotidien, en attendant passivement la prochaine révolte ?

Ceux qui aiment le Pays, ceux qui y sont attachés, ceux qui le défendent, doivent comprendre ça :

C’est le non-changement qui à terme, est source de chaos et d’insécurité, et non l’inverse.

Pour sortir de l’impasse,

Pour éviter l’enlisement,

Pour libérer l’initiative,

En un mot, pour mieux prendre en mains nos Intérêts Propres dans certains domaines potalan, le concours, l’implication et la mobilisation de tous sont indispensables.

L’essentiel c’est d’avoir la volonté trempée d’agir :

- Pour le développement endogène et la mise en valeur de nos potentialités,

- Pour une formation toujours plus poussée, toujours plus diversifiée afin d’être au top pour occuper les postes qui se libèrent ou qui se créent,

- Pour la préservation du foncier tant au niveau du quantitatif, que du qualitatif,

- Pour l’innovation et la recherche,

- Pour davantage d’essor culturel et sportif,

- Pour la Coopération et la multiplication des échanges,

- Pour un tourisme vertébré comme un axe fort.

Bref !!

Il n’y a rien de sorcier dans ce que nous réclamons.

  • La constitution française réformée à dessein permet un tel changement en son article 74.

Ce n’est pas l’inconnu. Ce n’est pas l’aventure.

  • Les élus réunis en Congrès l’ont préconisé.

C’est de la claire voyance.

  • Ils n’étaient pas seuls. Ce sont les gens de la société civile dans leur enrichissante diversité qui ont élaboré les documents de base soumis à votre discussion, soumis à votre amendement. C’est le ansanm ansanm.
  • Le Président de la République consentant, a donné le feu vert. C’est la compréhension.
  • Le peuple sera consulté. C’est lui et lui seul qui va délivrer le permis de construire une Martinique nouvelle,  plus conforme à nos préoccupations. C’est la démocratie.

J’espère que ce permis là ne sera pas refusé, au prétexte d’un quelconque vice de forme imaginé pour retarder l’échéance.

La peur, les dogmes, et les conservatismes doivent être concassés. C’est la dynamique en marche.

Quant à moi, j’ai toujours considéré que le rôle éminent assigné au politique est bien celui d’informer et d’éduquer objectivement le citoyen, afin de faire de lui un homme capable d’assumer en toute lucidité et en toutes circonstances ses responsabilités.

Le meilleur cadeau qu’ensemble nous pouvons offrir à la Martinique est la victoire le 10 janvier 2010.

Permettez-moi de vous rappeler que le 10 c’est une consultation pou péyi-a vansé. Sé pa ba an moun nou kay voté.

Les élections régionales de Mars 2010 se feront comme à l’accoutumée.

La concertation et la négociation vont se poursuivre avec le gouvernement.

Vous serez totalement informés en long et en large de la teneur des discussions.

Quoi de plus transparent !

Quoi de plus démocratique !

Martiniquaises, Martiniquais,

Il est des rendez-vous que l’on peut rater.

Celui-là par contre, ne doit pas être raté.

Conscience et confiance, sont les clefs du succès.

Tan-an rivé pou ba Matinik an lot balan.

Bon lanné

An pil Santé

Plis fos

Pou zot tout, pou nou tout !

Bonne année 2010 aussi, à celles et à ceux qui sont

de passage en notre Martinique !

Fort de France, le 28 décembre 2009

Alfred Marie-Jeanne

Député-Président du Conseil régional

Référendums en Guyane et Martinique:ce sera le 10 janvier !

Une toute nouvelle ministre attendue par la Martinique

Une toute nouvelle ministre attendue par la Martinique

Souvent l’on aimerait que ses dirigeants politiques tapent du poing sur la table. Les nôtres donnent des coups d’épées dans l’eau.

Marie-Luce Penchard, promue depuis vendredi Ministre de l’Outre-Mer, vient annoncer ce jour (11 novembre)  aux Martiniquais que la consultation sur l’ éventuel changement de statut des régions Guyane et Martinique sera avancé à la date du 10 janvier.

En cas de non, la consultation sur l’assemblée unique sera-t-elle avancée au 17 janvier. Certainement pas. En cas de victoire du non ( le 10 donc, et non le 17), la date du 24  janvier 2010 est maintenue pour le deuxième référendum.

Du côté de l’ Elysée, on a bien balbutié du bout des lèvres l’excuse de la sécurité juridique, mais cela sonne tellement creux…  Plus un faux-fuyant qu’une justification. L’Etat aurait ainsi avancé la date du premier référendum pour que les partisans du NON à la collectivité unique puissent faire campagne. Ah! C’est vrai, certaines personnes en Martinique doivent encore éprouver un sentiment de plénitude, proche de l’ataraxie en se retrouvant avec deux administrations qui souvent se neutralisent.

En résumé:

  • Le référendum sur le changement de statut dans le cadre de l’article 74 aura lieu le 10 janvier 2010.
  • Le référendum sur le passage à une collectivité unique est maintenu le 24 janvier 2010.

Les Martiniquais après avoir essuyé la mascarade du rendez-vous Présidentiel du 7 octobre vont devoir faire face à une bien morne réalité: les présidents locaux Marie-Jeanne et Lise ne sont capables ni d’obtenir un report de consultation, ni de faire respecter la date sur laquelle ils se sont accordés.

Et il demeure des gens pour croire qu’ils auront un poids dans le façonnementde la Loi organique… tristes tropiques!