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Une collectivité qui s’endette, c’est une collectivité qui investit pour sa population

par Karl Paolo

Depuis que la campagne électorale pour les régionales a commencé, le principal argument de campagne des élus et candidats du MIM – CNCP – PALIMA est de dire que le Conseil régional n’a pas un centime d’emprunt auprès des banques, qu’il n’a aucune dette ! Ils s’en vantent et s’en félicitent comme si ils avaient découvert la pierre philosophale ou la formule permettant de transformer le plomb en or !

Voila donc des partis politiques qui se proclament « anticolonialistes, anti-impérialistes ,… que sais-je encore, mais qui n’hésitent pas à reprendre à leur compte, sans la moindre réflexion, sans la moindre critique, les positions les plus réactionnaires que les ultra libéraux, partisan du capitalisme pur et dur, ceux des fameux critères de Maastricht et ceux du Fonds Monétaire International n’osent même plus soutenir !!!

Avec de tels arguments aux cotés desquels les ultralibéraux passent pour d’aimables plaisantins, comment classer ces mouvements politiques à gauche alors qu’ils considèrent tout à fait normal de sacrifier le sort d’une population et le développement de son pays à un pseudo dogme de gestion dont ils sont les seuls inventeurs et les seuls promoteurs ?

En effet, quel pays au monde n’est pas endetté ? Du Malawi à la Suisse en passant par le Canada et la Tunisie, presque tous les pays, riches ou pauvres, sont endettés, y compris la France, 31ème au palmarès avec une dette de plus de 1000 milliards d’euros, soit 68,8% des ressources produites chaque année par le pays.

Et bien, ami lecteur sachez que les dirigeants de ces pays sont, pour le MIM – CNCP – PALIMA, d’incorrigibles mauvais gestionnaires ! AUCUN n’a ni lu, ni entendu, ni compris Monsieur Alfred Marie-Jeanne, seul président d’une collectivité territoriale à ne pas avoir le moindre centime de dettes ! M. OBAMA est donc un imbécile aux yeux de M. Marie-Jeanne, lui qui a accru l’endettement des Etats Unis. MM. POUTINE, LULA, CHAVEZ, bref, tous les chefs d’Etat devraient se rendre, non pas au Forum de Davos ou à Doha mais à l’immeuble de Plateau Roy pour venir écouter le nouveau pic de la Mirandole des finances publiques qui dirige notre collectivité régionale depuis 12 ans ! Et nous l’ignorions !!!!

D’abord, l’endettement, même massif de tous ces pays n’est pas si dramatique. En effet, contrairement à un individu, la collectivité a une durée de vie infinie. Ensuite, l’endettement étant la condition sine qua non de l’investissement, on ne peut parler d’endettement sans évoquer en même temps des richesses produites, crées grâce à cet endettement. Enfin, l’endettement est une nécessité vitale et Nicolas Sarkozy lui-même, élu à la présidence de la République en promettant de réduire l’endettement de la France n’a pu que l’accroitre ! Il aurait sans doute du demander des conseils à notre futur prix Nobel d’économie.

Cela prêterait à rire s’il ne s’agissait pas de choses sérieuses aux conséquences extrêmement graves pour des milliers de martiniquais ! Réfléchissons deux secondes, amis lecteurs !

Si l’Etat français et son gouvernement décidait d’appliquer le principe qu’affirme de manière totalement absurde le président du Conseil régional, à savoir « zéro dette », on fermerait immédiatement écoles, collèges, lycées, universités, hôpitaux, services publics, on arrêterait de payer les salaires des agents publics, les retraites et les pensions, les conseils généraux et les conseils généraux n’auraient plus les concours de l’Etat, bref, c’est toute l’économie qui serait par terre ! Que dirions-nous d’une telle situation ? Que diraient les syndicats enseignants si les postes venaient à être supprimés par milliers, les salaires réduits de 30% au motif de réduire l’endettement de la France, si les prestations sociales étaient divisées par 2 afin de réduire le déficit de la Sécurité Sociale ? Un rêve croyez-vous ? C’est exactement la politique prônée sans doute sans le savoir par M. Marie-Jeanne !!!!

Si le théorème Marie-Jeanne, c’est-à-dire celui de « l’endettement zéro » était mis en œuvre par les banques et les organismes financiers et que le robinet du crédit était brutalement coupé en Martinique, l’entreprise pourrait-elle vivre, l’artisan pourrait-il poursuivre son activité, le salarié pourrait-il être payé en fin de mois, le client pourrait-il acheter ? Bien sur que non !

Quel martiniquais pourrait payer au comptant, « cash », sa maison, sa voiture, son téléviseur, ses meubles et sa gazinière ? MM. Marie-Jeanne, Marie-Sainte, Duville, Michalon et consorts, tous propriétaires de leur maison, ne se sont-ils pas endettés pour l’acquérir ?

Ainsi donc, ce qui serait bon pour l’individu Marie-Jeanne, Marie-Sainte, Duville, Michalon serait mauvais pour la collectivité régionale de Martinique dont les investissements servent pourtant l’intérêt général ! Il serait normal que tel élu du MIM connu pour son gout des BMW s’endette pour acquérir un des derniers modèles mais il serait criminel que le Conseil régional s’endette pour financer la remise en état du réseau d’eau potable et d’assainissement et l’augmentation du nombre de réservoirs ? A qui va-t-on faire avaler une pareille baliverne ?

Il faut donc faire preuve d’une totale irresponsabilité quand on se félicite d’un endettement zéro de la région Martinique alors que tant de problèmes se posent aux pays, à ses entreprises et à ses habitants.

Une collectivité qui s’endette, c’est d’abord une collectivité qui investit pour améliorer le cadre et les conditions de vie de sa population et pour permettre, faciliter et impulser le développement de son territoire! En effet, sauf à couvrir des dépenses inutiles ou éphémères, les emprunts ne peuvent financer que les dépenses d’investissements dont le pays et la population ont le plus grand besoin. Ne pas le faire alors qu’on en a les moyens revient à priver la population des services (logements, transport, infrastructures) auxquels elle a droit et à restreindre le niveau d’activité des entreprises et donc celui de l’emploi alors que tout devrait être fait pour le développer.

Une collectivité qui s’endette, c’est aussi une collectivité qui a les moyens de s’endetter c’est-à-dire qui à la capacité de rembourser ses emprunts ! Et dans ce domaine, il n’y a pas de triche possible car les comptes sont publics et subissent un triple contrôle : un contrôle de légalité réalisé par le préfet, un contrôle sur la régularité des dépenses engagées effectué par le comptable public (fonctionnaire du Trésor) et enfin un contrôle de la Chambre régionale des Comptes. De ce point de vue, les 28 millions d’euros d’excédent dégagés par la Région Martinique à la clôture de l’exercice 2008 correspondent à une capacité d’emprunt de quelques 300 millions d’euros.

Si la prudence recommande de conserver des marges de manœuvre, ne pas utiliser le tiers de cette capacité d’emprunt pour obtenir des banques 100 millions d’euros en bénéficiant de la baisse des taux d’intérêt afin de permettre au pays de passer un cap difficile en relançant la commande publique dans des secteurs où cette action pourrait avoir un effet multiplicateur, tant en terme de financement privé qu’en terme d’activité et d’emploi, est totalement incompréhensible et démontre une manque total de vision prospective et une absence d’imagination. Quand on considère que le rendement de la fiscalité est directement lié au développement de l’activité et de création de richesse, on ne peut que conclure que le Conseil régional marche sur la tête en refusant d’être ce qu’il doit être : le pilote du développement économique, social et culturel du pays.

Une collectivité qui s’endette, c’est enfin une question de confiance, confiance des préteurs dans la solidité des projets des élus mais aussi et surtout confiance des élus dans l’avenir du pays qu’ils ont à gérer, confiance des élus dans la capacité d’entreprendre et de créer de ses habitants.

Mais c’est sans doute là que le bas blesse ! Le seul projet du président sortant du Conseil régional était et est toujours d’imposer l’article 74. Il n’y en a pas d’autre puisque lui-même considère, il l’a assez répété lors de la consultation du 10 janvier, qu’on ne peut rien faire dans le cadre actuel de l’article 73, « usé jusqu’à la corde ».

Le peuple martiniquais a répondu massivement « NON » à la volonté qu’il affichait de faire passer en force l’article 74. Qu’il le veuille ou non, en tant que principal chef des 74zistes, M. Marie-Jeanne a reçu une « claque » de la part de 80% des électeurs martiniquais. Il s’agit le 14 mars prochain de traduire dans les faits la volonté exprimée les 10 et 24 janvier en votant massivement pour la liste « Pour une Martinique nouvelle » afin de garantir ce que leur vote a affirmé : « NON au 74 » et « OUI » à la collectivité unique, élue sur la base d’un scrutin mixte respectant la représentation des territoires. Car les martiniquais doivent y prendre garde : pour revenir sur l’article 74, M. Marie-Jeanne et son équipe n’ont d’autre choix que de poursuivre la politique du pire c’est-à-dire, NE RIEN FAIRE pour mettre notre pays en mouvement !!! Et c’est bien pourquoi ils n’ont aucun projet !

Karl PAOLO

3 mars 2010

Serge Letchimy en meeting à Schoelcher


Avançons en Confiance avec Alfred MARIE-JEANNE (vidéo)

Situations financières de la Ville de Fort de France, de la CACEM et de la SEMAFF

Communiqué de presse du Conseil Municipal de Fort de France

Ce mardi 02 mars 2010 , le Conseil Municipal a pris connaissance de la situation financière de la Ville de Fort de France,de 2001 à 2008, de la CACEM de 2006 à 2009, et de la SEMAFF de 1992 à 1999.

Le Conseil Municipal de Fort de France tient à rendre ces situations publiques .

LA CACEM

Par une note financière en date du 01 mars 2010, la Cacem a retracé les résultats globaux des comptes administratifs de 2006 à 2009,allant de 9 783832 euros en 2006 à 714 385 euros en 2008 ,et de son endettement (note ci-jointe).

Ces résultats cumulés sur les quatre dernières années sont positifs et permettent d’assumer sans difficulté le remboursement de la dette et les nouveaux investissements .

La dette au 1er janvier 2010 s’élève à 63 millions d’euros ; son taux moyen est de 3,08%, et sa durée de vie résiduelle est de 13 ans .

Cette note permet de constater que les chiffres montrent sans ambiguité que la situation financière de la Cacem est saine, que la dette est maitrisée et supporte avec aisance les capacités financières de remboursement .

SEMAFF

En ce qui concerne la SEMAFF, notamment les années où elle a été dirigée par Serge Letchimy, le Conseil Municipal note que ses résultats globaux ont été constamment positifs, variant de 247 421 euros en 1990 à 32 799 euros en 1999.

Entre 1999 et 2004, cette société a livré 246 logements pour un investissement global de 19,5 millions d’euros, et le cumul des investissements qu’elle a réalisé entre 1988 et 2000, est de l’ordre de 183 millions d’euros.

Il est rare que des résultats puissent être plus positifs .

La situation financière de la ville de Fort de France en chiffres

Les chiffres donnés sont attestés par le Trésor Public et soumis au contrôle de la Préfecture et de la Cour Régionale des Comptes

Des résultats financiers positifs :

Les résultats financiers des exercices 2001 à 2008 ont été constamment positifs, s’établissant par un excédent dont l’évolution est retracée comme suit :

  • 2001 : 3 280 223.85 €
  • 2002 : 3 719 928.46 €
  • 2003 : 6 432 827.42 €
  • 2004 : 5 764 078.67 €
  • 2005 : 2 350 620.89 €
  • 2006 : 2 489 462.62 €
  • 2007 : 2 681 154.20 €
  • 2008 :     299 819.94 €

Des investissements qui génèrent de l’emploi :

Les investissements de la ville de Fort de France et ses achats(travaux, fournisseurs, etc ..), ont créé des emplois indirects qui se répartissent comme suit dans tout le tissu économique de la Martinique:

Années         Total Investissements et Achats en €                  Equivalents emplois

2001              31 059 933                                                                          1582
2002              19 272 858                                                                          1014
2003               25 714 331                                                                         1353
2004               31 123 337                                                                         1638
2005               34 826 341                                                                         1833
2006               37 465 349                                                                        1972
2007               55 017 592                                                                        2896
2008               66 229 403                                                                         3486

Une solvabilité de la ville de Fort de France qui garantit la confiance des prêteurs :

Selon le ratio du Ministère de l’Economie et des Finances, le taux d’endettement calculé par le rapport annuité de la dette sur recettes réelles de fonctionnement est égal à 11.8% pour la ville de Fort de France . La moyenne nationale des communes métropolitaines (50 à 100 000 habitants) est de 11.4 %.

En conclusion,

La situation, retracée de façon synthétique par la présente note, des comptes approuvés des exercices 2001 à 2008, montre sans ambiguïté que la ville de Fort de France maîtrise ses finances par l’adaptation constante de ses investissements à ses capacités budgétaires.

Avançons en confiance avec Alfred MARIE-JEANNE à la tête de la Région

Document transmis par Mme Maguy Marie Jeanne

Jean-Paul Huchon et Marie-Pierre de la Gontrie signent l’appel pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines

Le 11 février, TJENBÉ RÈD interpellait cinq candidatEs aux élections régionales en Île-de-France, région surnommée – avec Paris – «le cinquième DOM» car elle rassemble près d’un million d’originaires des outre-mers.

Il s’agissait de Stéphane DASSÉ (UMP), Marie Pierre DE LA GONTRIE (PS), Christophe GRÉBERT (MoDem), Alexis HAOUADEG (Front de gauche) et Caroline MÉCARY (Europe Écologie).

L’association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida leur demandait de soutenir l’appel pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines en France, lancé le 30 novembre par 26 organisations et personnalités qualifiées, sur la base des mesures annoncées le 6 novembre par le président de la République Nicolas SARKOZY au terme du CIOM (conseil interministériel de l’outre-mer).

L’équipe de campagne de Jean-Paul HUCHON (président sortant du conseil régional d’Île-de-France) et Marie-Pierre de la Gontrie (porte-parole de campagne de Jean-Paul HUCHON, première vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France, conseillère de Paris et secrétaire nationale du Parti socialiste aux libertés publiques et à la justice) nous indique par un courriel que les deux éluEs font mieux que soutenir cet appel : ils le signent.

Alexis HAOUADEG avait soutenu cet appel le 20 février ; Stéphane DASSÉ, Christophe GRÉBERT et Caroline MÉCARY n’ont pas encore fait connaître leur position.

Pour TJENBÉ RÈD (Association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida),
David AUERBACH CHIFFRIN, président
06 10 55 63 60 – contact@tjenbered.fr

1er mars 2010 – Jean-Paul Huchon et Marie-Pierre de la Gontrie signent l’appel pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines – Communiqué de presse n°TR10SAN06
http://www.tjenbered.fr/2010/20100301-00.pdf

La lettre ouverte de Victorin Lurel à Marie-Luce Penchard : pour répondre sur le fond aux mauvaises polémiques

Madame Marie-Luce PENCHARD

Ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur

Hôtel de Montmorin

27, rue Oudinot

75007 Pais

Basse-Terre, le 17 février 2010

Madame la ministre,

La campagne en vue des élections régionales en Guadeloupe va nous opposer tout au long des prochaines semaines. Les Guadeloupéens sont en droit d’attendre un débat de haute tenue entre les hommes et les femmes qui prétendent exercer des responsabilités et travailler pour l’avenir de notre région. Or, je suis au regret de constater que vous avez choisi de faire campagne au mépris de la vérité la plus élémentaire en utilisant des arguments particulièrement détestables, tout en parvenant à jeter le trouble dans le reste des outre-mer sur votre capacité à demeurer un ministre impartial embrassant la totalité du périmètre de ses responsabilités.

Affirmer, comme vous le faites, que je n’aime pas la Guadeloupe, que je suis l’empoisonneur responsable de la pollution des terres guadeloupéennes à la chlordécone ou encore que le conseil régional de la Guadeloupe n’a soumis aucun projet au gouvernement en 6 ans, constitue tout simplement des allégations mensongères, voire des diffamations, qui ne sont pas dignes de la ministre que vous êtes, tout comme ne sont pas dignes les propos qui vous valent aujourd’hui un lynchage médiatique et politique auquel pourtant, pour ma part, je n’entends pas m’associer.

Pour autant, j’ai pris connaissance avec intérêt des déclarations que vous avez faites, dites-vous, en tant que candidate aux élections régionales lors d’un meeting aux Abymes et des précisions que vous avez apportées, en tant que membre du Gouvernement, par communiqué de votre ministère.

Cette confusion des genres me laisse le choix de répondre à la candidate ou à la ministre. C’est donc à la ministre que j’adresse les commentaires et les suggestions que vos récentes déclarations appellent de ma part.

Tout d’abord, vous me permettrez de me réjouir de l’annonce que vous avez faite, en tant que candidate, de l’existence d’une enveloppe de crédits d’Etat de 500 millions d’euros pour financer des projets outre-mer. Je vous serais toutefois reconnaissant de bien vouloir m’indiquer, en tant que ministre, les lignes budgétaires et les sommes disponibles sur cette enveloppe pour financer les projets des régions, en dehors des enveloppes déjà connues du FEI et des crédits du plan séisme.

Ensuite, le président du conseil régional de Guadeloupe que je suis ne pourrait dans l’absolu que se réjouir de la priorité que vous auriez accordée, en tant que candidate, à la Guadeloupe pour l’attribution de ces crédits. Vous avez cependant pu mesurer combien cette position clientéliste, pour ne pas dire communautariste, est diversement appréciée dans les autres collectivités d’outre-mer qui sont en droit d’attendre plus d’impartialité de la part de la ministre des outre-mer.

Au-delà de ce préambule, je me dois de réagir aux affirmations inexactes formulées par la candidate et la ministre et se rapportant au manque de projets structurants présentés par l’actuel conseil régional de la Guadeloupe.

Avec mon équipe, j’ai tenu, depuis bientôt six ans, à entretenir des relations constructives avec l’Etat. Je souhaite que cela continue dans le respect des principes républicains. Pour cela, il convient d’éviter que la ministre de l’outre-mer, dans des communiqués officiels, à caractère gouvernemental, procède, en contradiction flagrante avec la vérité, à des critiques de la politique régionale actuelle.

Vous regrettez en effet, en tant que ministre, que « l’actuel conseil régional de Guadeloupe n’ait pas initié plus de projets structurants pour les Guadeloupéens financés par les crédits nationaux et européens ».

Un minimum de concertation interministérielle vous aurait appris que la région Guadeloupe travaille fort bien avec vos collègues du Gouvernement qui ont encore, eux, des crédits d’intervention à gérer. Le dossier de qualité que nous avons par exemple soumis à votre collègue Jean-Louis BORLOO lui a permis d’accorder à la région 20 millions d’euros pour son projet de restructuration et de mises aux normes parasismiques de la cité scolaire de Baimbridge. Le dossier préparé pour Patrick DEVEDJIAN l’a convaincu d’accorder à la région Guadeloupe des subventions de 11,251 millions d’euros pour la réhabilitation du Camp Jacob et sa transformation en locaux universitaires, de 1,75 milion pour la Cité de la connaissance et de 800.000 € pour le programme de bâtiments modulaires industrialisés prévus dans les communes dans le cadre de la mise en œuvre du plan séisme.

Un peu de travail avec les services déconcentrés de l’Etat qui ne demandent qu’à vous rendre compte, vous aurait permis également de vous apercevoir que, chaque année, c’est grâce à la région Guadeloupe et à ses projets, que notre territoire évite le dégagement d’office de crédits européens. Encore cette année, la préfecture s’est logiquement appuyée sur la région, collectivité structurée et réactive, pour présenter des projets éligibles aux fonds européens se substituant aux projets non encore aboutis d’autres opérateurs. Je citerai par exemple : l’Université des métiers et d’artisanat qui représente 8 millions d’euros de Feder. Je vous suggère donc de vous documenter davantage avant de laisser entendre que les Guadeloupéens dans leur ensemble, car il s’agit d’un travail d’équipe, région, département, services déconcentrés de l’Etat, travaillent mal et ne consomment pas les crédits mis à leur disposition.

Une étude rapide des dossiers que votre prédécesseur a dû vous laisser vous aurait, en tant que Guadeloupéenne, rendue légitimement fière du dynamisme de la région Guadeloupe qui est à l’origine de la création du Fonds Exceptionnel d’Investissement (FEI) dont nous avons demandé, en concertation avec les autres collectivités et les socioprofessionnels de Guadeloupe, l’inscription dans la LODEOM. D’ailleurs, bien que déçu par le faible volume des crédits finalement réservés à ce fonds par le Gouvernement, le conseil régional vient d’adresser à vos services, vous ne pouvez l’ignorer, une série d’opérations pour lesquelles il sollicite le concours du FEI. Parmi ces opérations : le système de stockage de froid du lycée hôtelier pour 235.000€, l’Ecole régionale de la deuxième chance du Moule pour 5 millions d’euros, celle de Basse-Terre pour 1,93 million d’euros, le diagnostic énergétique des lycées pour 250.000€, l’étude de vulnérabilité des bâtiments régionaux pour 250.000€, l’internat et la restauration du lycée de Marie-Galante pour 1,94 million € et l’extension de l’internat de Rivière des Pères pour 2,132 millions d’euros.

Cependant, si les marges de manœuvre budgétaires de l’Etat en faveur des outre-mer étaient soudain redevenues plus amples, je pourrais vous rappeler par exemple la demande formulée par la région d’un concours de l’Etat à la réalisation du Mémorial ACTe, le projet de centre d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage, initié par la région Guadeloupe, demande restée, à ce jour, sans réponse concrète.

Alors, je dois tout de même concéder à vos déclarations que la région Guadeloupe n’a pas toujours été exemplaire dans sa gestion des crédits d’Etat ou des crédits européens. Ainsi, depuis 2004, l’équipe actuelle a-t-elle été contrainte, par exemple, de rembourser à l’Europe 6 millions d’euros au titre de la gestion laxiste du dossier de l’AFPA par la précédente mandature, ce qui est unanimement reconnu comme un des exemples les plus navrants au niveau national de mauvaise gestion des fonds européens. De la même manière, la région Guadeloupe a dû rembourser 620.000€ et devra détruire pour les recommencer les travaux réalisés au mépris de toutes les règles relatives à l’environnement, sur la Rivière-aux-Herbes à Basse-Terre. Votre proximité avec l’ancien exécutif régional altère peut-être votre perception de la gestion actuelle de la région Guadeloupe. Je me permets donc de vous inciter à renouveler vos sources d’information car la région Guadeloupe n’est plus gérée comme autrefois et elle travaille aujourd’hui dans le respect des règles et en concertation sereine avec les services de l’Etat.

Aussi, il me semble que votre bonne volonté déclarée à l’égard de votre région d’origine, trouverait une manifestation plus efficace que ces critiques mal étayées à l’égard de l’équipe actuelle du conseil régional, si vous la consacriez à la mise en œuvre des annonces faites par Président de la République lors du CIOM, comme par exemple la défense interministérielle des textes relatifs au FIP-DOM réclamé par la région ou à la mise en place du RSA.

Je me permets enfin de vous recommander d’éviter, en tant que candidate, de laisser entendre aux Guadeloupéens que l’octroi des crédits dépendra du vote qu’ils feront les 14 et 21 mars. Vous savez bien que c’est inexact et qu’il reste heureusement des administrations de l’Etat impartiales qui décident de l’octroi des crédits au seul vu de la qualité des dossiers présentés. Avec l’équipe actuellement en place à la région, les Guadeloupéens n’ont donc pas à s’inquiéter quant à cette qualité.

Voilà madame la ministre les quelques commentaires que m’inspirent vos récentes déclarations et les quelques pistes de travail que je vous recommande pour mieux appréhender la réalité des dossiers guadeloupéens. Je suis certain que vous en tiendrez compte ce qui nous permettra, dans les mois qui viennent, de travailler sur des bases plus solides et mieux partagées.

Je vous prie, madame la ministre, de croire à l’expression de ma haute considération.

Le député, président du conseil régional,

Victorin LUREL

Présences Web des Candidats aux Elections Régionales de 2010 en Outremer

Article publié sur Le Web Multiculturel par Satyam Dorville

L’actualité politique du moment est l’occasion de se pencher sur ce que font nos aspirant élus sur le web dans l’optique de la campagne 2010 aux élections Régionales en Outre-Mer.

Cette liste vient en écho d’une discussion avec le bloggeur Pargatruk qui a effectué le même exercice au niveau national avec de nombreux axes d’analyse.

N’hésitez pas à compléter cette liste en commentaire !

Ma lettre à Eric Besson

Cher(s) ami(e)s,

J’ai écrit récemment à Monsieur Besson pour lui rappeler ses engagements concernant la régularisations des haitiens en France et le regroupement familial.

En voici le texte:

Monsieur le Ministre,

Vous avez annoncé, au lendemain du séisme, des mesures exceptionnelles à destination des migrants haïtiens présents de façon irrégulière en France. Ainsi, vous êtes-vous prononcé en faveur d’un gel des expulsions, d’une flexibilité accrue pour la délivrance de visas sanitaires. Les regroupements familiaux en cours d’instruction ou à venir devaient être facilités.

Mais aujourd’hui, un mois après le séisme, nombre de familles de ressortissants haïtiens se plaignent d’une rigidité continue et préservée des démarches.

En outre, les éléments et les documents nécessaires pour mener à bien ces démarches sont bien souvent sous les décombres des bâtiments publics effondrés et donc n’existent plus.

Les mesures d’urgence et de bon sens que vous avez proposé se sont avérées inapplicables au regard de l’ampleur de la catastrophe. Dès lors quels nouveaux dispositifs envisagez-vous de mettre en place, afin de permettre véritablement aux Haïtiens qui avaient déjà des attaches avec la France de venir s’y établir ? De quelle manière comptez-vous assouplir les procédures pour les adapter à l’urgence et à la gravité de la situation ?

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma parfaite considération.

George PAU-LANGEVIN

Permanence : 8, rue de la Cour des Noues, Paris 20e (M° Gambetta)

Tél. 01 43 15 61 24 – Mel : georgepaulangevin@yahoo.fr

http://www.georgepaulangevin.fr

Marie-Luce Penchard : erreur ou manipulation médiatique ?

Les pseudo-dérapages médiatiques deviennent une habitude dans la politique française.

Jean-Marie Le Pen, grand précurseur, a fait des émules dans la section « Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas et je le fais parce que çà sort de mes tripes ».

Loin de moi l’idée que Madame Penchard aie quelque accointance avec le borgne énervé, mais force est de constater que ce genre de sortie devient un passage obligé de la communication « à la Sarkozy ». On se souvient notamment de Jean Sarkozy à l’EPAD et du « karcher ».

A chaque fois, il y a un objectif précis derrière : masquer une autre actualité ou montrer à une frange de la population qu’au fond, on est comme « Monsieur tout le monde ».

Alors,  imaginons que vous êtes Marie-Luce Penchard. Bien sûr, ce schéma est critiquable mais, il faut parfois simplifier pour voir clair.

Vous êtes arrivé au Ministère de l’Outre- Mer en passant par le cabinet de Sarkozy

Vous avez des appuis puissants en Guadeloupe mais aucune légitimité sur le terrain

Vous n’avez même jamais été élue et le reproche principal que vous fais un opposant guadeloupéen socialiste, pour ne pas le nommer, est d’être loin des affaires guadeloupéennes, de fait.

En fait, vous êtes loin des « guadeloupéens » qui d’ailleurs ne vous connaissent pas et n’ont pas « d’histoire avec vous ».

Et puis tout d’un coup, vous leur annoncez que vous êtes prête à sacrifier le fruit d’une très belle carrière de haut fonctionnaire (inégalée pour un antillais) par pur sentiment d’appartenance nationale (ici, nation = peuple + territoire - aucune notion indépendantiste)

Vous dîtes cela devant 50 pelés et 30 tondus.

Et là, le PS de la Réunion se met à gronder ! Jusqu’ici, c’est normal.

Par contre, quand le PS national en parle, ils travaillent pour vous en Guadeloupe et Victorin Lurel (ah mince, je l’ai nommé) doit être un peu alarmé parce que son argument principal est mis à mal par la voix de son propre parti.

On vous reproche d’avoir dit çà en tant que Ministre de l’Outre-Mer et les autres Outre-Mer ont raison de s’alarmer.

Sauf que vous êtes sur une liste pour les Régionales de Guadeloupe.

La dernière fois qu’il y a eu des élections locales, tous les Ministres qui les ont perdus ont été sortis du gouvernement, par exemple M. Juppé.

Donc en conclusion, vous n’êtes déjà plus Ministre : soit vous êtes élue à la Région Guadeloupe soit vous retournez dans un cabinet (bien que sincèrement, je doute que cela soit aussi radical dans ce cas précis.

Ce qui ‘est une « faute » pour la ministre est peut être une bonne opération de communication pour la candidate.

Je citerai au passage le cas de M. Frêche qui ne serait jamais passé au Grand Journal de Canal + si le PS n’avait fait gonfler la polémique, le renforçant au niveau local par la même occasion.

Parfois, on se demande si le PS ne le fait pas exprès.