Archives de 'Economie'

Région Martinique : 12ème / 26 Régions

classement

Pour établir son classement des 26 régions françaises, Capital s’est appuyé sur une batterie de 16 indicateurs: ceux qu’il ont jugés les plus pertinent pour mesurer leurs atouts dans 4 grand domaines.

  • Leur dynamisme démographique (2 indicateurs)
  • Leur dynamisme économique (6 indicateurs);
  • La qualité de leurs équipement et service publique(5 indicateurs);
  • Leur politique de protection de l’environnement(3 indicateurs).

Notons quelque un de ces 16 indicateurs :

-Environnement:                                          2em région de France

  • 1er en terme de proportion de déchets ménagers incinérés(2006)
  • 5em en terme de réserves et parcs naturels(2006)

-Dynamisme démographique:                 7em région en France

  • 5em en terme de parts des moins de 25 ans dans la population(2007)
  • 14em en terme de variation annuelle de la population(moyenne 99-2006)

La vraie richesse des  DOM, c’est leur jeunesse.Mais comme l’emploi n’est pas au rdv ils sont trop dépendants de la métropole.

« A bon entendeur salut »

-Dynamisme économique:                        13em région en France

  • 3em en terme d’ évolution annuelle du nombre d’emplois
  • 4em en terme de revenus salariés annuels moyens net en euros (privé & semi-public)
  • 5em en terme de taux de création d’entreprise
  • 23em en terme de PIB(2007)
  • 24em en terme de proportion des cadres et professions intellectuelles supérieures(2006)
  • 24em en terme de taux de chômage « un taux de chômage record dans les DOM »

-Equipements &  les services publics:    23em région en France

  • 13em en terme de lits d’hôpitaux pour 100K hab
  • 14em en terme de nombre d’enseignants du secondaire pour 1K hab
  • 23em en terme de poids de le région pour le nombre d’étudiant
  • 24em en terme de dépense d’aide social des départements(2005)
  • 24em nombre de médecin pour 100k hab (A bon entendeur salut)

Capital place ainsi la Martinique au 12em rang devant la Guyane au 20em rang, la Guadeloupe au 24em rang, et la réunion au 25em rang.

Source: Capital hors-série décembre 2009/janvier 2010

capital

Patrick Karam lance e-deom.com

Communiqué de presse de Patrick Karam du 11/02/2010

Patrick Karam lance e-deom.com :

la plateforme pour l’emploi et la création d’entreprise dédiée aux Ultramarins


Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français d’outre-mer, a dévoilé aujourd’hui www.e-deom.com, le premier portail Internet exclusivement dédié à l’emploi et à la création d’entreprise pour les Ultramarins aussi bien en outre-mer que dans l’Hexagone (cf. dossier de presse en pièce jointe). Le Délégué interministériel a salué cette avancée majeure : « www.e-deom.com constitue une réponse structurelle de poids pour mettre un terme aux discriminations et aux injustices sur le marché de l’emploi en outre-mer. Le site répond à une attente très forte d’une élite ultramarine qualifiée qui avait été relayée lors des mouvements sociaux aux Antilles en 2009. L’opacité sur le marché de l’emploi était pointée du doigt. D’où la nécessité d’améliorer la coordination des forces vives du tissu économique ultramarin. Les candidats ultramarins bénéficieront en outre d’une priorité au recrutement lorsqu’ils présentent les compétences requises au titre de l’avantage que leur confère la connaissance de l’environnement géographique du lieu de travail ainsi que la culture locale. »

A cette occasion, Patrick Karam a signé avec l’association d’entrepreneurs ultramarins GEDFOM représenté par son président Ruddy Jean-Jacques des conventions de partenariat tripartite pour une action efficace dans ces domaines avec le Pôle emploi, l’APCE (Agence pour la création d’entreprise), LADOM (L’Agence de l’outre-mer pour la mobilité) et la FEDOM (Fédération des entreprises des départements d’outre-mer). Ces institutions étaient respectivement représentées par Christian Charpy, directeur général Pôle emploi, François-Xavier Bieuville, directeur général LADOM, Philippe Mathot, directeur général APCE, et Alain Vienney, délégué général FEDOM.

Patrick Karam a donné pour mission à l’association GEDFOM d’élaborer et d’animer ce site Internet qui facilitera l’accès à l’information en la centralisant. Il s’agit, dans un souci d’égalité des chances, d’élargir l’espace économique et de fluidifier le marché du travail pour les intéressés en diffusant une information maximale.

Le portail Internet mettra en relation les demandeurs et les offreurs d’emploi aussi bien en outre-mer que dans l’Hexagone. En plus des offres d’emploi à pourvoir, des rubriques dédiées à la création d’entreprise et d’information sur l’activité économique des départements d’outre-mer seront régulièrement mises à jour pour exposer les opportunités d’investissement dans les DOM.

Le site sera pleinement opérationnel le mercredi 17 février 2010.

Contact :

Jordan Lolo-Paolini

01 53 69 25 89 | 06 64 86 03 95

jordan.lolo-paolini@outre-mer.gouv.fr

www.ultramarins.gouv.fr


Adaptation du Fonds d’Intervention des Services, de l’Artisanat et du Commerce (FISAC) aux spécificités des départements d’outre-mer

Herve Novelli

Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat,

des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation


Marie-Luce Penchard

Ministre de l’Outre-mer auprès du ministre de l’Intérieur

Communiqué de presse

Paris, le 11 février 2010

Marie-Luce PENCHARD et Hervé NOVELLI annoncent l’adaptation du Fonds d’Intervention des Services, de l’Artisanat et du Commerce (FISAC) aux spécificités des départements d’outre-mer

Suite à l’engagement pris par le Premier ministre François FILLON à La Réunion l’année dernière, Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’outre-mer et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du commerce, de l’artisanat, des PME, du tourisme, des services et de la consommation, ont adapté pour les départements d’outre-mer les règles du Fonds d’Intervention des Services, de l’Artisanat et du Commerce (FISAC).

Principal outil de politique publique en faveur du commerce de détail et de l’artisanat commercial, le FISAC a pour priorité la préservation et le développement d’un tissu d’entreprises de proximité.

Dans un souci d’efficacité administrative, l’ensemble de la procédure, de l’instruction à la décision, sera désormais déconcentrée au niveau des Préfets. Les dossiers d’aides au titre du FISAC n’auront donc plus besoin d’être examinés au niveau central à Paris, simplifiant ainsi les circuits d’instruction et accélérant la prise de décision.

Afin d’alléger les budgets des collectivités territoriales, il sera désormais possible, pour les projets d’opérations collectives, de substituer la participation financière de celles-ci par des fonds structurels européens.

Concernant les modalités d’intervention, les hameaux et les bourgs ruraux de moins de 3 000 habitants, et non plus uniquement les communes comme c’est le cas pour le dispositif en vigueur au niveau national, seront désormais éligibles aux opérations collectives et d’aménagement en milieu rural, ainsi qu’aux opérations individuelles. Cette adaptation est particulièrement utile outre-mer, les territoires se caractérisant par des communes de taille relativement importante mais composées de nombreux hameaux ou bourgs ruraux.

Aujourd’hui, le FISAC est peu utilisé outre-mer. Les nouvelles règles mises en place devraient faciliter son appropriation par les acteurs locaux. Un budget de huit millions d’euros, spécialement dédié aux départements d’outre-mer, a été mis en place dès 2010.

Particulièrement créatrices d’emplois, les entreprises commerciales, artisanales et de services sont essentielles au dynamisme économique de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion. Ce nouveau dispositif devrait favoriser leur modernisation, afin de préparer l’avenir.

Contacts Presse :

Cabinet de Marie-Luce PENCHARD : Matthieu BEJOT – matthieu.bejot@outre-mer.gouv.fr – 01 53 69 26 74

Cabinet d’Hervé NOVELLI : Aurore LONGUET – aurore.longuet@cabinets.finances.gouv.fr – 01 53 18 46 35

Comité National de Suivi des fonds européens

Préfecture de la région Martinique
Communiqué de presse

Le 05 février 2010 va se tenir le prochain Comité National de Suivi des fonds européens en Martinique auquel participeront des représentants de la Commission européenne et des différents ministères concernés.

Celui-ci va être l’occasion de dresser un bilan final de l’utilisation des fonds européens dans le cadre du DOCUP 2000-2006 mais également de faire le point sur l’avancement de la programmation des programmes 2007-2013.

Préalablement à la séance plénière, la journée du 04 février sera consacrée à des réunions préparatoires et la matinée du 03 à des visites de projets ayant bénéficié de subventions européennes dans les domaines des énergies renouvelables, de la recherche agroalimentaire et du tourisme.

Le programme des visites est le suivant :

- 09h00 – hall des sports de Rivière-Salée / visites de la toiture photovoltaïque

- 10h30 – Pôle Agronomique Régional de la Martinique (PARM)/ habitation petit morne – Le Lamentin

- 12h00 – hôtel/restaurant « les jardins d’Ixora » – Anse Mitan – Trois Ilets.

L’installation d’une toiture photovoltaïque sur le hall des sports de Rivière-Salée s’inscrit dans une opération plus globale portée par le SMEM visant à optimiser la consommation énergétique de bâtiments communaux par la réalisation de diagnostics et l’installation de centrales photovoltaïques mais également à sensibiliser les populations.

Ce projet a été soutenue par le FEDER (700 000€) et l’ADEME (300 000€) dans le cadre du programme opérationnel FEDER 2007-2013.

Le PARM, structure scientifique et technique dont le but est de favoriser la transformation et le développement des productions des différentes filières du secteur agroalimentaire, a bénéficié de 0,4 M€ d’aides européennes au bénéfice de 14 projets sur la période 2000-2006. Trois fonds ont été mobilisés : le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), l’Instrument Financier d’Orientation de la Pêche (IFOP), ainsi que le Fonds Européen d’Orientation et de Garantie Agricole (FEOGA) permettant par exemple la réalisation d’expérimentations sur l’amélioration de la qualité gustative de la banane « Cavendish », des études concernant la transformation des légumes tropicaux en plats cuisinés ou le développement de gamme traiteur à base de produits de la pêche et de l’aquaculture. Les actions du PARM peuvent aller de la réalisation des études au transfert de technologie.

La récente structure hôtelière « les jardins d’Ixora » réalisée autour de 9 villas de luxe à l’anse mitan a quant à elle bénéficié de plus de 700 000€ de subventions FEDER dans le cadre du DOCUP 2000-2006.


Quelques chiffres clés :

Dotation FEDER Martinique 2007-2013 = 417 millions €

Subvention globale FEDER au bénéfice du Conseil Régional = 96,5 millions € (soit 23 %)

Subvention globale FEDER au bénéfice de l’ADEME = 21,5 millions € (soit 5 %)

Dotation FSE Martinique 2007-2013 = 97 millions €

Subvention globale FSE au bénéfice du Conseil Régional = 32,6 millions € (soit 36 %)

Subvention globale FSE au bénéfice de la CRESS = 1,8 millions € (soit 2 %)

Dotation FEADER Martinique 2007-2013 = 100 millions €

Dotation FEP Martinique 2007-2013 = 6,5 millions €.

Pour en savoir plus sur l’Europe et ses interventions en faveur des régions (politique de cohésion économique et sociale, développement rural, politique commune de la pêche), vous pouvez consulter les sites suivants :

  • www.europe-martinique.fr
  • www.touteleurope.fr
  • www.europa.eu

Contact presse :

Secrétariat Général pour les Affaires Régionales

Département Europe

Sébastien Jakubowski

sebastien.jakubowski@martinique.pref.gouv.fr

Mise en place du Groupement d’Intervention Régional Concurrence en Guadeloupe


Le mardi 26 janvier 2010 en Guadeloupe

Le préfet a procédé, ce mardi 26 janvier 2006, à l’installation du Groupement d’Intervention Régional Concurrence de la Guadeloupe. Plusieurs actions prioritaires pour l’année 2010 ont été décidées permettant au GIR Concurrence d’être immédiatement opérationnel.

Le Conseil Interministériel de l’Outre-Mer, présidé par le Chef de l’Etat le 6 novembre 2009, a décidé la création de GIR Concurrence pour répondre à l’attente exprimée par nos concitoyens sur le niveau des prix des produits de grande consommation.

Le GIR Concurrence a pour objectif d’accroître la vigilance de l’État sur les distorsions de concurrence et les mécanismes de formation des prix sur des marchés où le nombre d’acteurs est réduit.

Il renforce l’efficacité des services de l’État compétents en matière économique en croisant leurs sources d’informations et en associant leurs capacités d’expertise respectives afin de détecter tout dysfonctionnement de la concurrence. Ainsi le service des douanes apportera ses connaissances sur les produits importés et les services financiers sur la constitution des groupes et les données fiscales.

Il est placé sous l’autorité hiérarchique du Préfet de région et est dirigé par M. David TIBILAN, directeur départemental de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Il est composé d’agents de la DDCCRF ainsi que de correspondants désignés nominativement par la Direction régionale des finances publiques (services fiscaux) et la Direction des douanes et des droits indirects. Le GIR Concurrence peut solliciter, en tant que de besoin, la participation d’agents des services vétérinaires et de l’inspection du travail.

Le GIR Concurrence procède à des études sectorielles et programme des enquêtes ciblées en matière de lutte contre les pratiques anticoncurrentielles à partir des informations ainsi recueillies. Il participe également à la recherche de pratiques commerciales restrictives de concurrence.

Lors de la réunion du mardi 26, le préfet et les membres du GIR Concurrence ont décidé de trois enquêtes prioritaires pour l’année 2010 :

  • sur les pratiques commerciales dans la grande distribution,
  • sur la formation des prix des produits importés ;
  • sur les délais de paiement entre professionnels .

Entrée en vigueur au 1er janvier 2010 des exonérations de charges issues de la loi pour le développement économique des outre-mer

Eric Woerth

Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique

et de la Reforme de l’Etat

Marie-Luce Penchard

Ministre chargée de l’Outre-mer

Communiqué de presse Communiqué de presse

www.budget.gouv.fr www.outre-mer.gouv.fr

Paris, le 20 janvier 2010

Entrée en vigueur au 1er janvier 2010 des exonérations de charges

issues de la loi pour le développement économique des outre-mer

Eric WOERTH, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat et Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer, ont décidé que le nouveau dispositif d’exonération dégressive de cotisations sociales issu de la loi pour le développement économique des outre-mer (LODEOM) entrerait en vigueur à compter du 1er janvier 2010 ; l’application du plafond maximal de rémunération ouvrant droit à exonération (soit 4,5 SMIC) étant lui applicable depuis l’entrée en vigueur de la loi soit le 1er juin 2009.

La LODEOM a en effet introduit une dégressivité des exonérations de cotisations sociales pour éviter que ces aides ne bénéficient aux très hauts salaires, pour lesquels l’effet incitatif à l’embauche est nul. Il s’agit de concentrer les aides pour faciliter l’embauche d’ouvriers, employés et cadres intermédiaires, en particulier des jeunes ultramarins, grâce à des exonérations renforcées pour les TPE et les entreprises des secteurs prioritaires.

Ces exonérations renforcées concernent également les zones défavorisées prévues par le dispositif des zones franches d’activité (ZFA). La publication de deux décrets d’application étaient nécessaire pour que les ZFA entrent en vigueur : l’un fixant les périmètres géographiques et l’autre précisant les secteurs éligibles. Après une période de concertation avec les acteurs économiques, ces deux décrets ont été publiés le 31 décembre 2009, conformément aux engagements de Marie-Luce PENCHARD.

Pour mémoire, la Commission européenne avait approuvé le 19 novembre 2009 le nouveau régime d’exonérations de cotisations sociales de la loi pour le développement économique des outre-mer (LODEOM). Ceci constituait un préalable indispensable à l’application du nouveau dispositif d’exonération dégressive de cotisations sociales.

Contacts presse :

Cabinet d’Eric Woerth : Eva Quickert-Menzel, Aurélie Herz, Pierre-Antoine Lachal – 01 53 18 42 96

Cabinet de Marie-Luce Penchard : Matthieu Béjot – 01 53 69 26 74

Restitution de l’enquête emploi et métier de la fonction publique territoriale de Guadeloupe

Cette enquête, datée d’Octobre 2009, a été publiée mi décembre 2009.

Internet : Opportunités et enjeux en Outre Mer et à l’international

CONFERENCE/NETWORKING

4e session : CaribbeanNetwork

Internet, nouveaux médias, numérique. Opportunités et enjeux en Outre Mer et à l’international.

L’Alizé, Port de la Rappée 75012 Paris
Lle 26 novembre 2009 à partir de 19 heures

M° Gare de Lyon

Inscription non obligatoire mais vivement conseillée sur
http://www.outremernetwork.com/ Rubrique Agenda

Avec la participation de :
Michel Juviller Juvillierconseil.com
Yoann Saint Louis, 24h00.fr/imaginet
Satyam Dorville, themagency.net
Yannick Myrtil, Ubisoft
Olivier Falla Etzoll, Atos consulting

Cocktail

UMPPM

Un homme politique se juge d’abord à sa capacité de transcender les clivages partisans lorsque les intérêts généraux de la population sont en jeu. Il est étonnant que la presse locale aie si peu commenté la séance du Sénat qui suit pourtant très significative de la dégradation des relations entre les principaux partis de gauche en Martinique et de l’exploitation de cette division par le gouvernement. Ce climat délétère explique en partie la désorientation et le désengagement de nos concitoyens,particulièrement ceux de gauche et les hésitants du centre gauche. Or le principal danger aujourd’hui est celui d’un faible taux de participation. Ce serait alors un échec lamentable pour tous, société civile et société politique, et pour la France hexagonale et son gouvernement la preuve de notre incapacité au delà des postures et des gesticulations à exprimer clairement ce que nous souhaitons pour nous mêmes.

Serge Harpin


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Le Secrétaire général Claude Lise, sénateur et Président du Conseil Général a adressé un courrier au Président de la CACEM le vendredi 9 octobre 2009, après que les Maires du centre aient exprimé leur désaccord avec la demande d’habilitation pour un Périmètre Unique de Transport (PTU) en faveur des usagers Martiniquais, examinée au Sénat lors du Grenelle II de l’Environnement le 28 septembre 2009.

1)- la lettre de réponse au Président de la CACEM

2)- l’amendement n°683. Je vous invite à découvrir les vraies raisons du silence du Gouvernement à ce même amendement déposé en 2007 puis en 2008, à la demande des Conseillers généraux de la Martinique et approuvé par le Congrès des élus Martiniquais du 18 juin 2009.

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Monsieur le Président,

J’ai été particulièrement étonné des termes du courrier que vous m’avez adressé en date du 5 octobre 2009 et, plus encore, du contenu du communiqué publié le 7 octobre par les quatre maires de la CACEM.

Cette démarche, inadmissible sur la forme et parfaitement injustifiée sur le fond, appelle de ma part une indispensable mise au point.

Je dois d’abord rappeler que l’amendement que j’ai fait adopter au Sénat, cosigné par le Sénateur Serge Larcher et par les membres du groupe socialiste, n’a fait que relayer une demande d’habilitation votée non seulement à deux reprises (le 8 novembre 2007 et le 19 juin 2008), mais à l’unanimité – c’est-à-dire tous groupes politiques confondus – par les élus de l’Assemblée départementale ; une demande similaire ayant été formulée, toujours à l’unanimité, par le Conseil régional en novembre 2007.

Je dois ensuite souligner que l’objectif poursuivi à travers ces demandes d’habilitation – à savoir, la faculté pour les élus martiniquais de réglementer en vue d’instaurer un périmètre unique de transport, terrestre et maritime, qu’aurait à gérer une autorité organisatrice unique – a également fait l’objet d’une résolution du Congrès des élus départementaux et régionaux, en sa séance du 18 juin 2009.

Cette question a donc été soulevée, discutée, débattue par les assemblées martiniquaises et fait l’objet de quatre votes dans des conditions de transparence et sur une durée suffisamment importante pour offrir, à tout élu et à toute institution, la possibilité d’exprimer un désaccord ou de faire valoir un point de vue qui n’aurait pas été pris en compte.

J’ajoute que les conseillers généraux, tant par leur délibération du 8 novembre 2007 que par celle du 19 juin 2008, ont donné mandat au président du Conseil général pour « prendre toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre de la présente décision ». Il n’est donc pas acceptable de présenter le dépôt de mon amendement comme une initiative personnelle et inconsidérée. Il aurait été plus compréhensible de voir les quatre maires de la CACEM se satisfaire de ce que cette initiative a permis qu’une suite soit enfin donnée à une demande exprimée par les élus martiniquais depuis bientôt deux ans !

Je veux, par ailleurs, souligner qu’il a toujours été admis que l’autorité organisatrice chargée de gérer le périmètre unique soit désignée dans la plus large concertation. Certes, j’ai découvert, en séance, que, du fait d’une erreur de transcription, le membre de phrase qui, dans l’amendement, concerne la concertation faisait apparaître le terme « collectivités territoriales » à la place de « les partenaires concernés ». Cependant, l’objet de l’amendement précise bien que cette concertation « se fera dans le cadre de négociations entre acteurs locaux responsables sur la base de l’intérêt commun ». Par ailleurs, la rédaction de l’amendement de repli (n°684) que j’avais prévu souligne très clairement que la mise en place de l’autorité organisatrice unique se fera « en concertation avec les partenaires concernés ». Enfin, dans mon intervention de défense de l’amendement, j’ai indiqué que l’autorité unique serait établie avec les partenaires concernés, y compris les représentants des transporteurs et des usagers. Je veux, quoi qu’il en soit, rappeler que l’amendement ne vise pas l’adoption d’un dispositif législatif, mais bien une demande d’habilitation.

Cette demande, si elle est acceptée par le Parlement, est accordée pour une durée de deux ans. Les élus locaux ont donc largement le temps de se concerter et d’effectuer toutes les études préalables à la mise en place d’un périmètre unique. C’est d’ailleurs, j’y insiste, uniquement sur ce périmètre unique que porte la demande d’habilitation. Elle ne porte absolument pas sur la conception et la mise en place de l’autorité unique ; conception et mise en place laissées à la seule initiative des élus locaux. Les élus, en effet, ne voulant pas que le Gouvernement et le Parlement leur imposent une autorité organisatrice. Il reste, bien entendu, l’étape de l’Assemblée nationale pour faire aboutir la demande des élus martiniquais.
Nos compatriotes seront certainement très attentifs aux choix qui seront alors opérés sur cette question déterminante pour la mise en œuvre, sur notre territoire, d’une politique de transport, plus rationnelle et plus efficace, qui soit véritablement à la hauteur de leurs attentes.
Voilà donc les précisions qu’il m’apparaissait indispensable de vous apporter. Je veux croire que le regrettable incident auquel on assiste ne relève que d’un malentendu ; un malentendu qui, bien sûr, a été très vite exploité par certains responsables politiques dans le cadre de leur stratégie visant à contrecarrer systématiquement les initiatives de ceux qui n’ont d’autres soucis que de servir l’intérêt général de la Martinique. Un tel malentendu aurait certainement pu être évité par un échange entre nous avant toute médiatisation. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma considération distinguée.

Claude LISE

Sénateur de la Martinique

Président du Conseil Général

Amendement n° 683

Mme la présidente.

L’amendement n° 683, présenté par MM. Lise, S. Larcher, Antoinette, Patient, Gillot, Tuheiava, Raoul et Repentin, Mme Herviaux, MM. Raoult, Ries, Teston, Guillaume et les membres du groupe Socialiste et apparentés, est ainsi libellé : Après l’article 16, insérer un article additionnel ainsi rédigé : En application de l’article 73, alinéa 3, de la Constitution et des articles L.O. 34445-1 à L.O. 34445-8-12 du code général des collectivités territoriales, le conseil général de la Martinique est habilité, pour une durée de deux ans à compter de la promulgation de la présente loi, à fixer les règles instituant :

- un périmètre unique de transport qui se substitue à tous les périmètres de transports urbains existants,

- une autorité organisatrice unique de transport qui se substitue aux autorités organisatrices de transport existantes pour l’exercice des compétences qu’elles détiennent en matière detransport intérieur public de personnes. Cette autorité organisatrice unique se voit attribuer les compétences d’organisation du transport maritime intérieur.

La dite autorité sera mise en place en concertation avec l’ensemble des collectivités territoriales.

La parole est à M. Claude Lise.

M. Claude Lise.

À la Martinique, la situation du transport interurbain de personnes demeure particulièrement préoccupante, en dépit, il faut le souligner, des efforts considérables réalisés par le département et la région dans ce domaine, notamment en matière d’infrastructures. En effet, nous nous heurtons à une difficulté majeure pour organiser un service répondant aux attentes des usagers et aux impératifs d’un développement durable et solidaire : l’existence, sur un territoire de 1 100 kilomètres carrés, de seize autorités organisatrices, à savoir la région, le département, deux communautés d’agglomération regroupant vingt-quatre communes sur trente-quatre, un syndicat mixte chargé d’un TCSP, enfin onze communes ayant créé un PTU, un périmètre de transports urbains.

Il en résulte un conflit de compétences et un manque de cohérence dans les politiques menées qui sont sources de difficultés, d’inefficacité, d’inégalités en termes d’aménagement du territoire et de répartition des ressources, mais aussi de nuisances environnementales.

En réalité, le territoire de la Martinique est à l’échelle de celui d’une grande agglomération de l’Hexagone, comme Saint-Étienne, ou d’une communauté urbaine, telles que celles de Lyon ou de Toulouse. Il devrait constituer, en conséquence, un périmètre unique de transport.

Au travers de cet amendement, il s’agit donc, sur la base des dispositions de l’article 73, alinéa 3, de la Constitution, d’habiliter le conseil général de la Martinique à instaurer un tel périmètre unique de transport. Celui-ci serait géré par une autorité unique établie dans le cadre d’une concertation locale qui associerait toutes les collectivités disposant actuellement d’une compétence en ce domaine, ainsi que les représentants des transporteurs et des usagers.

Une telle demande d’habilitation a déjà fait l’objet de deux délibérations adoptées à l’unanimité par les conseillers généraux réunis en assemblée plénière en novembre 2007 et en juin 2008. Le conseil général a suivi strictement la procédure prévue par la loi organique du 21 février 2007. Il a sollicité l’avis des conseils consultatifs avant transmission au Premier ministre et au représentant de l’État, lequel, il faut le souligner, n’a pas déféré la délibération devant le Conseil d’État. La demande n’a jusqu’ici pas abouti.

Afin de souligner l’importance de l’enjeu pour la Martinique, et en accord avec le conseil général, le conseil régional a élaboré une demande d’habilitation similaire, qui est également restée lettre morte.

À diverses reprises, les deux exécutifs ont attiré l’attention du Gouvernement sur cette situation, mais ils n’ont jamais pu obtenir d’explication claire et précise. Le précédent secrétaire d’État à l’outre-mer, M. Yves Jégo, s’est contenté de lancer, au cours d’une audition sénatoriale publique, que ces demandes n’étaient pas légales !

Quant à vous, monsieur le secrétaire d’État, vous avez adopté sur le sujet une position que j’ai trouvée assez déconcertante. En effet, dans un courrier du 23 janvier de cette année, vous indiquez que, grâce à un amendement voté dans le cadre du projet de loi Grenelle I, l’État peut désormais – ce dernier terme a toute son importance – « prendre des dispositions spécifiques en faveur des transports collectifs d’outre-mer ». Vous semblez ignorer l’existence de l’article 73 de la Constitution, sur lequel se fonde pourtant l’amendement précité, sans d’ailleurs que les dispositions de ce dernier ajoutent quoi que ce soit à ce qui est déjà prévu par la Constitution : il s’agit en réalité d’un amendement de complaisance !

L’article 73 de la Constitution, faut-il le rappeler, autorise des adaptations aux situations particulières des DOM et, depuis la réforme de 2003, permet aux départements et aux régions d’outre-mer d’obtenir du Parlement des habilitations à procéder à de telles adaptations.

L’occasion nous est donc offerte, aujourd’hui, à propos d’une  question importante, sur laquelle les élus martiniquais, je le précise, sont unanimes,…

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Non ! Si tel était le cas, le problème serait déjà réglé !

M. Claude Lise.

… de mesurer l’intérêt réel des dispositions figurant au troisième alinéa de l’article 73 de la Constitution.

M. Serge Larcher.

Très bien !

Mme la présidente.

Quel est l’avis de la commission ?

M. Louis Nègre, rapporteur.

Mon cher collègue, cet amendement ne m’a pas laissé indifférent. Sur le plan du droit constitutionnel, tout d’abord, le secrétariat d’État a exercé pour ainsi dire, si je comprends bien, un droit de veto, en refusant de faire paraître au Journal officiel la délibération du conseil général de Martinique de 2007.

À cette occasion, je ne peux que citer le rapport de la mission commune d’information du Sénat sur la situation des départements d’outre-mer, présidée par notre collègue Éric Doligé :

« La mission tient à rappeler avec force que la loi organique du 21  février 2007 ne prévoit que l’exercice d’un contrôle de légalité des délibérations prises par les conseils généraux et régionaux d’outre-mer en application de l’article 73 de la Constitution. Elle n’autorise aucunement le Gouvernement à exercer un contrôle d’opportunité sur ces délibérations. »

Sur le fond, on ne peut être que favorable à la création d’un périmètre unique de transport et d’une autorité organisatrice de transport unique, car il n’est pas acceptable, il est vrai, de conserver seize autorités organisatrices de transport sur un territoire grand comme le cinquième d’un département métropolitain !

Toutefois,…

M. Paul Raoult.

Voilà ! Il y a toujours une restriction !

M. Louis Nègre, rapporteur.

… la rédaction du présent amendement ne détermine pas qui, de la région ou du département, sera l’autorité organisatrice de transport, alors que la procédure d’expérimentation prévue expressément par l’article 73 de la Constitution nécessite une telle précision.

Par conséquent, j’émets un avis défavorable sur l’amendement, tout en souhaitant, monsieur le secrétaire d’État, que l’on trouve rapidement une solution à cette situation peu satisfaisante.

M. Claude Lise.

Cela fait deux ans que l’on en parle !

M. Paul Raoult.

C’est toujours pour demain !

Mme la présidente.

Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Le Gouvernement partage l’avis de la commission. À la Martinique, toutes les collectivités concernées – je pense, en particulier, à l’agglomération de Fort-de-France –n’ont pas exprimé le même sentiment sur ce dossier. Or, dans un département, on ne peut monter un projet en jouant le conseil général contre une agglomération. Ces deux collectivités n’étant ni l’une ni l’autre dirigées par des élus appartenant à la majorité présidentielle, je suis d’autant plus à l’aise pour annoncer que le Gouvernement s’en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.

Mme la présidente.

La parole est à M. Serge Larcher, pour explication de vote.

M. Serge Larcher.

Tout d’abord, permettez-moi de vous rappeler, monsieur le rapporteur, que c’est bien le sénateur Serge Larcher qui a présidé la mission commune d’information du Sénat sur la situation des départements d’outre-mer. (Sourires.) Je vous invite d’ailleurs à lire le rapport dans son intégralité et non pas uniquement la partie consacrée aux transports…

Je soutiens l’amendement n° 683 de M. Lise. En effet, l’organisation des transports collectifs urbains et interurbains constitue un véritable enjeu de développement durable pour la Martinique.

Compte tenu de l’exiguïté du territoire et de la croissance de son parc automobile, le réseau routier est aujourd’hui saturé. Les initiatives des collectivités locales en matière de transports collectifs ont conduit à des améliorations notables, mais il est certain que l’enchevêtrement de compétences entre les différentes autorités organisatrices de transport nuit à l’efficacité de l’action publique.

Dans les départements d’outre-mer, les compétences en matière de transports sont, en effet, réparties entre les conseils généraux, les conseils régionaux, les communes et leurs groupements.

Afin de rationaliser la répartition des compétences et d’optimiser l’action publique, il paraît donc utile qu’en la matière une autorité unique soit mise en place sur un périmètre unique.

C’est l’une des évidences qui ressortent des analyses de la mission commune, que j’ai donc moi-même eu l’honneur de présider. Il s’agit même de l’une des propositions de cette mission, dont les conclusions ont été adoptées de manière très consensuelle.

En outre, cet amendement ne fait que reprendre les demandes du conseil général transmises à deux reprises au Gouvernement. Cependant, malgré certaines promesses, aucune suite ne leur a été donnée.

La faculté réclamée par les collectivités de Martinique d’adapter le droit à leur situation spécifique, comme le leur permet l’article 73 de la Constitution, vient d’être accordée au département de la Guadeloupe dans le cadre de la loi du 27 mai 2009 pour le développement économique des outre-mer.

Dès lors, il est difficile de comprendre aujourd’hui les raisons d’un tel blocage sur cette question des transports, d’autant que la solution proposée fait l’objet d’un très large consensus.

Pour s’opposer à cet amendement on tire argument du fait que l’agglomération de Fort-de-France n’a pas répondu. Je tiens cependant à souligner que la disposition proposée répond au vœu unanime de l’ensemble de la population martiniquaise, qui souhaite bénéficier d’un périmètre unique et d’une autorité organisatrice unique en matière de transports.

La Martinique est une petite île et, pour résoudre la situation de blocage actuelle, cette mesure de sauvegarde s’impose, dans l’intérêt même des habitants. S’ils ne sont pas entendus, les Martiniquais risquent d’être conduits aux extrémités du début de l’année.

Monsieur le secrétaire d’État, je vous demande de reprendre le dossier afin de le faire aboutir au plus vite, car la Martinique est aujourd’hui asphyxiée ! (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)

Mme la présidente.

La parole est à M. le secrétaire d’État.

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Madame la présidente, vous connaissez bien l’outre-mer ; nous nous y sommes rendus ensemble à plusieurs reprises, quand vous étiez présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale. Je vous prends donc à témoin : nous sommes tous favorables au développement de l’outre-mer, notamment à la mise en place d’une véritable politique des transports outre-mer accompagnée des moyens nécessaires, avec des transports collectifs dignes de ce nom.

D’ailleurs, la semaine prochaine, à la Réunion, j’apporterai mon soutien à un projet de tram-train porté unanimement par les collectivités de l’île.

Cependant, en l’absence d’accord sur ce sujet entre l’agglomération de Fort-de-France et le département, il n’appartient pas au Gouvernement de trancher la question. Tel n’est pas l’esprit de l’article 73 de la Constitution.

Autrement dit, messieurs les sénateurs, débrouillez-vous entre vous, après quoi le Gouvernement apportera son soutien à l’option collective retenue !

M. Serge Larcher.

Madame la présidente, je demande la parole.

Mme la présidente.

La parole est à M. Serge Larcher, pour répondre au Gouvernement.

M. Serge Larcher.

Monsieur le secrétaire d’État, avez-vous reçu un refus explicite, par écrit, de Fort-de-France ?

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Nous n’avons pas reçu de réponse !

M. Serge Larcher.

Par conséquent, on ne sait pas !

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

On aimerait bien savoir…

Mme la Présidente.

La parole est à M. Didier Guillaume, pour explication de vote.

M. Didier Guillaume.

M. le ministre d’État a indiqué, lors de la discussion générale, que l’enjeu du Grenelle II était planétaire et réclamait des actes et non plus seulement des déclarations d’intentions.

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État

Nous sommes d’accord !

M. Didier Guillaume.

Il s’agit donc aujourd’hui pour le Sénat d’acter dans le présent projet de loi des décisions Novatrices afin de montrer à nos concitoyens, aux associations, à tous ceux qui s’intéressent de près à cet enjeu, que la Haute Assemblée a la volonté d’aller plus loin.

Or combien de fois n’avons-nous pas entendu dire que nos propositions étaient bonnes, mais que l’on n’était pas prêt, qu’il était urgent d’attendre demain ou après-demain ? Monsieur le secrétaire d’État, ce n’est pas demain, c’est maintenant qu’il faut des actes ! Quand on veut noyer le poisson et enterrer un dossier, on crée une commission, disait Georges Clemenceau…

Trois représentants de l’outre-mer sont aujourd’hui présents dans cet hémicycle. Deux d’entre eux, sénateurs de Martinique, ayant des responsabilités éminentes, l’un à l’échelon territorial, l’autre en tant que président de la mission commune d’information, se sont exprimés très clairement. Il est de notre devoir, à nous, sénateurs de métropole, de suivre leur avis éclairé et de l’inscrire dans le Grenelle ; nous verrons ensuite comment le tout évolue.

Il s’est tout de même passé quelque chose en outre-mer, il y a quelques mois… Il faudra bien que les états généraux débouchent sur des résultats !

Il se trouve que les élus de ce département avancent une proposition commune et globale. C’est exceptionnel ! A-t-on jamais vu dans un département métropolitain soumettre une initiative à référendum, demander l’accord de tous les villages et de tous les hameaux, de toutes les communes, de toutes les communautés de communes et de toutes les communautés d’agglomération ? Une volonté unanime s’exprime en Martinique pour aller de l’avant, profitons-en !

Je demande instamment à la Haute Assemblée de voter l’amendement de nos collègues pour faciliter la circulation sur l’île. Ce serait un acte fort en direction de l’outre-mer posé à l’occasion de l’examen du titre II de ce projet de loi.

Sa sagesse proverbiale commande à la Haute Assemblée de suivre la proposition de nos collègues. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)

Mme la présidente.

La parole est à M. le secrétaire d’État.

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Je rappelle que le Gouvernement s’en est remis à la sagesse du Sénat.

J’observerai avec beaucoup d’attention le vote sur cette question de M. Serge Letchimy et du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, mais ce sera une autre étape !

M. Paul Raoult.

Le Sénat, c’est le Sénat ! Il est toujours en avance sur l’Assemblée nationale ! (Sourires.)

Mme la présidente.

La parole est à M. Claude Lise, pour explication de vote.

M. Claude Lise.

Je suis assez étonné de voir le Gouvernement essayer d’arbitrer des conflits locaux entre élus de gauche.

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Le Gouvernement n’arbitre pas ! Il s’en remet à la sagesse du Sénat ! Débrouillez-vous !

M. Claude Lise.

Tout d’abord, je ferai observer que, si le maire de Fort-de-France était précédemment président de la communauté d’agglomération, monsieur le secrétaire d’État, depuis mars 2008, la situation a changé et c’est désormais un ami politique très proche de ma formation politique qui est à l’heure actuelle à la tête de l’agglomération.

Ensuite, simple précision juridique, la loi organique du 21 février 2007 ne prévoit nullement la consultation des communautés d’agglomération. Nous avons suivi strictement la procédure prévue par la loi organique et nous avons envoyé les délibérations. À cet égard, nous pourrions attaquer le Gouvernement, qui a délibérément omis de les publier au Journal officiel, alors même qu’il était tenu de le faire.

Par conséquent, je suis contraint de dénoncer le point de vue très politicien que je constate dans cette affaire à l’occasion de quelques problèmes actuels que rencontrent malheureusement au pays deux composantes de la gauche.

Enfin, je vous indique que nous avons obtenu par deux fois l’unanimité au conseil général sur la question soulevée aujourd’hui, ce qui veut dire que les élus proches de M. Letchimy ont voté pour par deux fois.

M. Dominique Bussereau, secrétaire d’État.

Faites ce que vous voulez !

Mme la présidente.

La parole est à M. le président de la commission de l’économie.

M. Jean-Paul Emorine, président de la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire.

Comme cela a été rappelé par notre collègue Didier Guillaume, M. le ministre d’État a souligné, avec votre soutien, monsieur le secrétaire d’État, la nécessité d’une prise en compte de l’environnement sur l’ensemble de notre planète.

J’ai bien entendu les arguments de M. le rapporteur, qui révèlent l’existence d’un problème local. Pour ma part, j’ai le sentiment que nous n’avons pas à nous opposer à cette proposition.

Monsieur le secrétaire d’État, vous vous en êtes remis à la sagesse de la Haute Assemblée. L’expérience que j’ai me pousse plutôt à émettre un avis favorable sur cet amendement.

M. Serge Larcher

Très bien !

Mme Odette Terrade.

Très bien !

Mme la présidente.

Je mets aux voix l’amendement n° 683.

(L’amendement est adopté à l’unanimité des présents.)

Mme la présidente. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, après l’article 16.

L’appel à la solidarité a été entendu !

M. Didier Guillaume.

Vous faites l’unanimité, chers collègues !

Merci, monsieur le président de la commission !

137 mesures et une explication de texte.

Ce jeudi 12 novembre, la Ministre de l’Outre-mer fera en Martinique l’énumération des mesures du CIOM (Comité interministériel sur l’Outre-mer) applicables le plus rapidement sur le territoire.

Voici les principales des 137 mesures annoncées vendredi par Nicolas Sarkozy à l’issue du premier conseil interministériel sur l’outre-mer.

CONCURRENCE, MARCHE, PRIX :

  • abaissement des seuils de notification des opérations de concentration dans le secteur de la distribution de détail
  • constitution d’un marché commun du plateau des Guyane(s), notamment avec le Brésil
  • aide aux ménages modestes pour souscrire un abonnement téléphonique

PRODUCTIONS LOCALES :

  • nomination de trois commissaires au développement endogène aux Antilles, en Guyane et dans l’Océan Indien
  • PME : création d’un fonds d’investissement de proximité permettant de défiscaliser à 50% l’investissement dans les capitaux propres d’une entreprise et d’un fonds de garantie à destination des petites et moyennes entreprises
  • 40 millions d’euros dès 2010 pour développer les productions agricoles

GRANDS PROJETS STRUCTURELS :

  • tourisme : moratoire sur les dettes sociales patronales pour un an et plans d’apurement sur trois à cinq ans, bonification des chèques vacances s’ils sont dépensés outre-mer, groupe de travail sur la possibilité de desservir les Antilles depuis Roissy en 2011
  • rendre l’outre-mer autonome sur le plan énergétique d’ici 20 ans : l’Etat va revaloriser de 20% les tarifs de rachat d’énergies propres outre-mer
  • la Guyane deviendra une base avancée pour la préparation des sportifs de haut niveau pour la préparation de la Coupe du monde de football au Brésil (2014) et pour les Jeux Olympiques de Rio (2016)
  • santé : création d’un cursus complet des études médicales aux Antilles et d’une filière hospitalo-universitaire à la Réunion
  • logement social : mise à disposition gratuite de terrains non utilisés de l’Etat, assouplissement des règles d’utilisation des aides, en autorisant les porteurs de projets à se substituer aux communes pour le financement de la surcharge foncière, garantie du niveau des moyens budgétaires de l’Etat sur cinq ans
  • défiscalisation pour les câbles sous-marins

GOUVERNANCE :

  • extension du pouvoir de substitution des préfets en cas de carence de la collectivité locale
  • contreseing du ministre de l’outre-mer pour les nominations des chefs de service de l’Etat

INSERTION DES TERRITOIRES DANS LEUR ENVIRONNEMENT REGIONAL :

  • autoriser plus largement la participation des autorités locales, sous mandat, à la négociation d’accords internationaux ayant un impact régional
  • * organiser un sommet international de chefs d’Etat pour relancer la coopération régionale dans la zone Caraïbes
  • assouplissement du régime de 130 visas

EGALITE DES CHANCES :

  • nomination d’un sous-préfet à la cohésion sociale et à la jeunesse dans chaque département d’outre-mer et à Mayotte
  • diminuer de moitié en cinq ans l’écart entre l’outre-mer et la métropole en matière d’illettrisme

CULTURE :

  • faire de 2011 une année de célébration des départements et collectivités d’outre-mer en métropole
  • création d’une agence nationale de promotion des cultures de l’outre-mer
  • renforcer la visibilité de l’outre-mer dans l’offre télévisuelle nationale et diffuser France ô (actuellement chaîne locale gratuite de la TNT en Ile-de-France) sur l’ensemble du territoire national

Et voici l’interview de Mme Penchard avant son départ pour la Caraïbe.

Vous arrivez en Martinique mercredi soir, vendredi en Guadeloupe. Lors de ce déplacement, vous allez venir faire de l’explication de texte sur les mesures annoncées pour l’outre-mer par le président de la République ?

Je tiens à me déplacer rapidement dans les départements d’outre-mer pour expliquer les décisions annoncées par le Président de la République. Je suis respectueuse de toutes ces personnes qui ont participé aux ateliers locaux des Etats généraux. Il est normal de venir présenter les décisions qui résultent de leur travail. J’ai souhaité, avec Hervé Novelli, aborder la question du tourisme aux Antilles au moment où débute la haute saison. Notre objectif est de rencontrer les professionnels de ce secteur et les élus locaux pour répondre à leurs inquiétudes. Nous n’ignorons pas que la période est difficile. C’est pourquoi le Président a fait des annonces fortes dans ce domaine Et comme Hervé Novelli est secrétaire d’Etat au Tourisme, mais aussi au Commerce et à la Concurrence, nous évoquerons également la question du niveau des prix et du respect de la concurrence…

Mais quels sont les grands thèmes que vous allez aborder parmi les 137 mesures ?

Nous allons faire cet exercice en deux temps. Richard Samuel, le coordinateur des Etats généraux, est arrivé lundi pour rencontrer les présidents et les rapporteurs des ateliers afin de leur expliquer l’ensemble des mesures. Puis, il mettra en perspective les thèmes principaux qui feront l’objet d’un échange plus approfondi avec Hervé Novelli et moi-même. Je pense que le thème de la concurrence, celui de l’abaissement du seuil de notification pour la concentration dans la grande distribution et le plan jeunesse feront partie des sujets abordés.

La création du poste de commissaire au développement endogène chargé d’étudier la structuration de filières pour un marché antillais, avec en plus la création des instituts techniques et une représentation à Bruxelles, ça fait penser au travail fait par la profession bananière. Vous en êtes-vous inspiré ?

Le président a parlé dans son discours de l’exemple de la filière de la banane qui a su se positionner sur le marché mondial. Il est utile de se servir des expériences réussies pour les multiplier dans d’autres secteurs d’activités. Le commissaire au développement endogène travaillera également sur le développement du marché Guadeloupe-Martinique et la manière dont ce dernier pourra s’inscrire dans le marché caribéen. Comment va-t-on s’articuler avec le Caricom ? Nous devons chercher les complémentarités pour développer notre attractivité. Mais pas uniquement sur le plan économique. Sur les thématiques de la santé publique, nous avons une formidable carte à jouer avec une université de médecine qui offrira un cursus complet aux étudiants. Nous pourrons ainsi former des médecins aujourd’hui tentés d’étudier à Cuba ou dans d’autres pays de la région… Le commissaire va pouvoir, en lien avec les autres pays de la Caraïbe, renforcer les échanges dans cette zone. J’ai déjà pu en parler avec Pascal Saffache, président de l’UAG. Il est en liaison avec l’université d’Ottawa et une autre située en Amérique du sud.

Pour relancer la destination tourisme, il y a des mesures de court terme comme le moratoire, mais aussi des chèques vacances bonifiés. De quoi s’agit-il ?

3 millions de Français en métropole bénéficient de chèques vacances. Dès lors qu’ils utiliseront ces chèques pour partir en vacances aux Antilles, ils bénéficieront d’une bonification, c’est-à-dire d’une augmentation de la valeur de leur chèque. C’est une façon d’inciter nos compatriotes de l’hexagone à se rendre en Guadeloupe ou en Martinique. L’Etat va jouer pleinement son rôle d’appui et d’accompagnement. Mais pas forcément sous une forme habituelle comme de grandes annonces à la télévision qui coûtent très cher et qui ont un impact incertain. Je veux une méthode de travail qui concilie une démarche d’objectif, des moyens et des résultats. Dans cette période de crise financière où l’Etat s’engage avec des moyens supplémentaires, il faut s’assurer du meilleur retour sur investissement. Je rappelle également que le tourisme est une zone franche globale.

Le président a annoncé l’ouverture de lignes aériennes depuis Roissy…

Sur le hub de Roissy, le président a été prudent parce que tout le monde sait qu’aujourd’hui, la compagnie nationale traverse une période difficile. Pour autant, le Président de la République, a démontré qu’il n’abandonnait pas cette idée dont l’objectif est de faciliter la venue de touristes européens en direction de Pointe-à-Pitre et de Fort-de-France.

Si jamais la Martinique faisait le choix de l’article 74, le 17 janvier prochain, y a-t-il des mesures qui ne la concerneraient plus ?

Aujourd’hui, à la lecture des demandes formulées par le Congrès, les mesures fondamentales concernant la Martinique ne seraient pas remises en cause si les Martiniquais faisaient le choix de l’article 74.

Avec ces 137 mesures, on peut dire que c’est presque une victoire des collectifs du 5 février et LKP…

Ce n’est pas une victoire pour eux puisqu’ils n’ont pas eu le courage de participer aux états généraux. Les collectifs ont lancé des questions que l’opinion publique se posait mais sans y apporter de réponse. Je ne trouve pas satisfaisant de ne pas aller au bout de la démarche. C’est toujours facile de critiquer mais c’est plus difficile de construire ! J’aurai aimé que le collectif participe aux Etats généraux. Les Ultramarins seront en mesure de faire la différence entre ceux qui apportent des réponses et ceux qui veulent mettre le pays en difficulté. L’image de nos territoires, des 44 jours de grève, vous imaginez bien que cela n’a pas arrangé l’activité économique.

Pourtant le président de la République veut la reconnaissance du fait syndical…

C’est très complémentaire. Soutenir l’économie ne signifie pas qu’on laisse faire n’importe quoi. Il faut à la fois stimuler les initiatives, mais aussi veiller au respect des règles sociales comme par exemple contrôler les prix et en même temps reconnaître les représentations syndicales. L’objectif est d’améliorer le dialogue social. On ne peut pas soutenir l’économie et ne pas voir les dysfonctionnent. C’est la responsabilité de l’Etat de jouer son rôle de régulateur.

Réguler la concurrence et les prix en empêchant les trop grandes concentrations et en même temps on sait que si on n’a pas la force d’une grosse centrale d’achat, on ne peut négocier de bons prix de gros… N’est-ce pas un paradoxe ?

Le paradoxe n’est qu’apparent ! Nous sommes dans une économie de marché, mais qui nécessite une régulation. Le seul moyen de faire baisser les prix, c’est d’augmenter la concurrence. Quand une grande enseigne se retire, c’est tout le système économique et social qui est fragilisé. Le vrai paradoxe, c’est qu’on nous reproche de vouloir faire venir de nouvelles enseignes. Il faut que le Collectif explique son projet de renforcer la présence des Antillais dans leur secteur. L’Etat providence ne peut pas tout régler…

C’est dans ce contexte que vous allez présider le comité de suivi, samedi en Guadeloupe ? Avez-vous eu des échanges avec Elie Domota ?

Non, je n’échange pas directement avec lui. Son interlocuteur naturel est le représentant de l’Etat dans le département. Il a laissé entendre récemment que je ne respectais pas ma parole suite à la rencontre que nous avions eue à l’aéroport le mois dernier. J’ai toujours dit que je présiderai la réunion de suivi du protocole de sortie de crise début novembre. Je tiens mes engagements. Nous ferons cette réunion de travail samedi matin avec un ordre du jour, un objectif, une durée et il n’est pas question d’utiliser cette séance de travail pour en faire une tribune politique. Les Guadeloupéens attendent des réponses à leurs problèmes, pas des postures politiques.

Est-ce que l’Etat respecte ses engagements lorsqu’il retranche la prime pour l’emploi du RSTA ?

Est-ce que l’Etat a retranché la PPE du RSTA ? Je retourne la question ! Aujourd’hui, les Guadeloupéens et les Martiniquais touchent le RSTA pour un montant de 100 euros pour 35 heures travaillées par semaine. Alors, il faut arrêter d’agiter le chiffon rouge. La question de la PPE se posera au mois de juin. Nous avons donc le temps d’examiner la situation calmement. Comme moi, le ministre du Budget Eric Woerth a dit clairement que si la PPE remettait en cause le RSTA, le gouvernement corrigerait le tir. Nous prendrons la décision sereinement, après un examen attentif de la situation.

Vous avez annoncé récemment que vous seriez présente en Guadeloupe dans la campagne des régionales, sur une liste. Si vous deviez être élue, appliquerez-vous les consignes strictes du président de la République qui veut que tout élu aux régionales aille siéger dans sa Région et quitte le gouvernement ?

J’ai dit que je serai partie prenante ; je n’ai pas dit que je serai tête de liste. Mon objectif aujourd’hui, c’est de prendre part au débat public…

En deuxième ou troisième position sur la liste ?

Cela se discute au sein de sa famille politique. Que vous soyez quatrième ou cinquième n’est pas la question principale. C’est ce que vous apportez à la liste qui importe… On ne peut pas laisser le débat public sans projet alternatif. Ce n’est pas bon pour la démocratie. Il faut toujours donner la possibilité aux électeurs de choisir entre plusieurs projets. Quand il n’y a pas de débat, c’est le règne de la pensée unique et je ne le souhaite pas à mes compatriotes…

Un autre débat important a lieu avec la consultation en Martinique. Pour quoi penchez-vous ?

La question de l’évolution institutionnelle a été posée à la demande des élus réunis en Congrès. Le président a répondu favorablement aux élus en organisant cette consultation. C’est aux électeurs de décider. En tout état de cause, que ce soit dans l’article 73 ou l’article 74, ces territoires font partie de la France et n’ont pas vocation à cheminer vers l’indépendance.

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM