Tjenbé Rèd salue l’action du CollectifDOM qui interroge les candidatEs aux régionales dans le «cinquième DOM» : l’Île-de-France

Cliquer ici pour écrire à l'auteur : David Auerbach Chiffrin

Depuis 2003, LE COLLECTIFDOM fondé par Patrick KARAM soutient, rassemble et représente les originaires des outre-mers.

En février 2009, au plus fort des mouvements sociaux en Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion, LE COLLECTIFDOM rassemblait plusieurs milliers de ces originaires à Paris, notamment des adhérentEs de TJENBÉ RÈD (association membre du COLLECTIFDOM), solidaires de leurs proches et de leurs familles.

Le 3 mars 2010, LE COLLECTIFDOM présidé par Daniel DALIN adresse un questionnaire en dix points aux principauxLES candidatEs aux élections régionales des 14 et 21 mars en Île-de-France (surnommée «le 5ème DOM» car près d’un million d’originaires des outre-mers y vit).

TJENBÉ RÈD salue cette démarche qui porte notamment sur la mixité sociale, le soutien aux jeunes de la diversité, la santé ou la mémoire de l’esclavage.

9 Commentaires

thierry  on mars 5th, 2010

« car près d’un million d’originaires des outre-mers y vit »

j’ai posé un jour la question à un statisticien de l’Insee : combien d’antillais en Métropole…

Il m’a répondu (en gros):

Tout dépend de ce que vous entendez par antillais (ou ultramarin)…On pourrait faire un programme, mais, un antillais, c’est l’origine d’un ou deux parents; jusqu’à quelle génération; vous avez des originaires des Dom qui sont nés en France, d’autres ailleurs, certains sont mariés à des « métropolitaines » et vice-versa, leurs enfants, sont-ils domiens, certains quittent la France….

Bref, essayez, parlez-en et vous verrez.

David Auerbach Chiffrin  on mars 5th, 2010

Cher Thierry,

Merci de cette remarque entièrement pertinente. Pour notre part, nous nous en tenons à la source gouvernementale suivante : 20 avril 2009 – CLÉS ACTU – Les avancées pour l’égalité des chances des Ultramarins de la métropole
http://www.tjenbered.fr/2009/20090420-99.pdf

Il est vrai que malgré nos demandes, le service gouvernemental en question n’a jamais voulu indiquer ses sources. Sans doute faudrait-il envisager une définition basée sur le sentiment d’appartenance et non plus sur l’origine généalogique… Il faudra en reparler lors de la mise en oeuvre de l’engagement présidentiel du 6 novembre suivant : Lancer une «étude d’envergure» qui portera sur les «ultramarins résidant en métropole». Cf. : 6 novembre 2009 – Le conseil interministériel de l’outre-mer annonce des mesures contre le sida : Tjenbé Rèd rappelle le lien entre prévention du VIH et prévention des homophobies – Communiqué de presse n°TR09POL53
http://www.tjenbered.fr/2009/20091106-00.pdf

thierry  on mars 5th, 2010

Il y a de fait double appartenance qu’elle soit revendiquée ou non.
La culture nationale franco-française et la culture régionale.
Renier, oublier l’une ou l’autre serait du faux sentiment ou du défaut de sentiment.

David Auerbach Chiffrin  on mars 5th, 2010

A ceci près qu’il faut se demander si cela ne reviendrait pas à nier la liberté de certaines personnes de se définir comme elles l’entendent ! Pour prendre un exemple un peu extrême, j’ai entendu une émission récemment sur France Inter qui évoquait les quelques milliers de nègres présentEs dans l’Hexagone au XVIIIème ou XIXème siècles et qui se sont progressivement fonduEs dans la population, se mariant, ayant des enfants, des petits-enfants… dont les descendantEs seraient les premierEs surpriSEs qu’on leur rappelle ces origines afro-antillaises ! Pour prendre un exemple plus proche, nous avons accompagné (à Tjenbé Rèd) un jeune homme victime des propos et actes homophobes de ses propres parents, tous les deux antillais nés aux Antilles : eh bien ce jeune homme parfaitement noir, né dans l’Hexagone, refuse avec énergie de se considérer comme antillais.

thierry  on mars 5th, 2010

S’il refuse de se considérer comme antillais, c’est peut-être parce que ses parents ne doivent pas l’être non plus.

Il s’agit d’un cas de mauvaise considération, ce qui me surprend de vous (au moins à moitié).

David Auerbach Chiffrin  on mars 5th, 2010

Je me suis mal exprimé : ses parents sont antillais, nés aux Antilles, lui-même est né dans l’Hexagone mais parfaitement créolophone, cependant, il refuse de se considérer comme Antillais, en raison notamment du rejet qu’il a subi de la part de ses parents à raison de son orientation sexuelle.

thierry  on mars 5th, 2010

Globalement je ne sous-entend pas que votre association est inutile. Ces personnes doivent être écoutées, les parents raisonnés si possible, leur enfant orienté ou logé, il s’agit cependant d’un cas où l’ « Antillanité » ne spécifie rien.

D’autres cas sociaux semblables de refus existent largement et pour d’autres motifs.

Large et très ciblé à la fois, le but affiché de votre structure en est pénalisé. (il n’arrangerait rien de le cas pris en exemple).

votre but social déclaré, propose l’idée que tout y est lié. métissage, racisme, homophobie, sida etc. Je note que vous ne considérez pas les homosexuels comme formant une race (chromosomique), d’autres ne s’en privent pas.

Donc en ciblant de façon restrictive trop de « problématiques » on promeut surtout une idée reçue, dans votre cas sans pouvoir honnêtement et significativement être efficace.

David Auerbach Chiffrin  on mars 5th, 2010

Cher Thierry, je note que la première ligne de votre dernière intervention contredit sa dernière. Il m’est dès lors difficile d’y répondre. J’ajouterais pourtant que vous évacuez trop facilement les questions identitaires posées par le refus de son « antillanité » d’une personne créolophone dont les deux parents sont nés aux Antilles. Je prends l’exemple d’un jeune homo rejeté par ses parents et vous vous perdez en conjectures oiseuses sur le soutien social à lui apporter alors que tel n’est pas l’objet. J’aurais pu prendre bien d’autres exemples, pour d’autre motifs, de personnes créolophones dont les parents sont néEs aux Antilles mais qui rejettent, avec plus ou moins de force voire parfois de violence, leur « antillanité ». Ces personnes pointent généralement une « mentalité » qui ne leur convient pas ou plus intimement ne leur correspond pas. Je ne dis pas ici qu’elles ont tort ou raison, je dis simplement qu’il faut savoir entendre ces personnes et ne pas évacuer la problématique qu’elles soulèvent en la réduisant à une série de cas particuliers. Cela nécessite une réflexion plus soutenue qu’une succession de lieux communs échangés rapidement par Internet.

thierry  on mars 6th, 2010

La 1ère ligne ne contredit pas la dernière, elle constate que l’avion est au point mort et que les réacteurs sont inactifs.
Je donne un avis, une perception de l’extérieur, c’est utile et rare.

Ces histoires de diversité, d’esclavage, polluent le bien-être des Antillais. L’image et le discours tenus par les acteurs sociaux politisés ou certains politiques sont éloignés des attentes de la plupart des Antillais censés être représentés.

L’ Antillais lambda sait qu’il n’est pas blanc et que ses ancêtres ont été esclaves, comme la condition d’autres ethnies a eu ses misères.

Ce qui est malheureux c’est que peut-être par volonté de nuire on souhaite réduire à l’histoire, c’est-à-dire à un esclavage politico-mental les Antillais.

Un exemple, nous avions une petite radio (< 200000 auditeurs cumulés), une radio antillaise… Aujourd'hui l'espace notamment politique y est placé sous le joug (financier, peut-être) de la diversité. Ce qui veut dire que notre espace, notre univers de représentation "idéologique" a été réduit. Soit c'est les Dom, soit c'est la diversité. La diversité c'est tout le monde, pas seulement les noirs, les maghrébins. Ont nous met de la sorte dans une position défavorable parce qu'exclusive. Sur l'autre radio du couplage "diversité", on y entend beaucoup de français blancs, animateurs, etc… et peu d'antillais.

Ce constat que je fait, beaucoup le font et ne ressente pas le besoin d'envoyer le message sur Internet.

Donc que nos politiques "en herbe", sans vouloir être insultant, se responsabilise et défendent nos intérêts.

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