Marie-Luce Penchard : erreur ou manipulation médiatique ?
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Marwane BEJGANE
Les pseudo-dérapages médiatiques deviennent une habitude dans la politique française.
Jean-Marie Le Pen, grand précurseur, a fait des émules dans la section « Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas et je le fais parce que çà sort de mes tripes ».
Loin de moi l’idée que Madame Penchard aie quelque accointance avec le borgne énervé, mais force est de constater que ce genre de sortie devient un passage obligé de la communication « à la Sarkozy ». On se souvient notamment de Jean Sarkozy à l’EPAD et du « karcher ».
A chaque fois, il y a un objectif précis derrière : masquer une autre actualité ou montrer à une frange de la population qu’au fond, on est comme « Monsieur tout le monde ».
Alors, imaginons que vous êtes Marie-Luce Penchard. Bien sûr, ce schéma est critiquable mais, il faut parfois simplifier pour voir clair.
Vous êtes arrivé au Ministère de l’Outre- Mer en passant par le cabinet de Sarkozy
Vous avez des appuis puissants en Guadeloupe mais aucune légitimité sur le terrain
Vous n’avez même jamais été élue et le reproche principal que vous fais un opposant guadeloupéen socialiste, pour ne pas le nommer, est d’être loin des affaires guadeloupéennes, de fait.
En fait, vous êtes loin des « guadeloupéens » qui d’ailleurs ne vous connaissent pas et n’ont pas « d’histoire avec vous ».
Et puis tout d’un coup, vous leur annoncez que vous êtes prête à sacrifier le fruit d’une très belle carrière de haut fonctionnaire (inégalée pour un antillais) par pur sentiment d’appartenance nationale (ici, nation = peuple + territoire - aucune notion indépendantiste)
Vous dîtes cela devant 50 pelés et 30 tondus.
Et là, le PS de la Réunion se met à gronder ! Jusqu’ici, c’est normal.
Par contre, quand le PS national en parle, ils travaillent pour vous en Guadeloupe et Victorin Lurel (ah mince, je l’ai nommé) doit être un peu alarmé parce que son argument principal est mis à mal par la voix de son propre parti.
On vous reproche d’avoir dit çà en tant que Ministre de l’Outre-Mer et les autres Outre-Mer ont raison de s’alarmer.
Sauf que vous êtes sur une liste pour les Régionales de Guadeloupe.
La dernière fois qu’il y a eu des élections locales, tous les Ministres qui les ont perdus ont été sortis du gouvernement, par exemple M. Juppé.
Donc en conclusion, vous n’êtes déjà plus Ministre : soit vous êtes élue à la Région Guadeloupe soit vous retournez dans un cabinet (bien que sincèrement, je doute que cela soit aussi radical dans ce cas précis.
Ce qui ‘est une « faute » pour la ministre est peut être une bonne opération de communication pour la candidate.
Je citerai au passage le cas de M. Frêche qui ne serait jamais passé au Grand Journal de Canal + si le PS n’avait fait gonfler la polémique, le renforçant au niveau local par la même occasion.
Parfois, on se demande si le PS ne le fait pas exprès.
2 Commentaires
S.H on février 21st, 2010
L’hypothèse est intéressante. Mettre dans la balance devant des militants et sympathisants sa fonction de Ministre et sa « loyauté ethnique » était en effet la meilleure réponse de Marie-Luce PENCHARD à ses détracteurs. Ceci étant, c’était une prise de risque qui n’a pas été forcément préméditée ni évaluée. Surtout qu’elle n’est pas tête de liste. La médiatisation à l’échelle de toute la France en mettant en relief cette prise de risque lui attire certes la sympathie des Guadeloupéens mais ne peut que ternir son image Ministre de la République.


thierry on février 18th, 2010
|)ire que Penchard est éloignée des affaires guadeloupéennes (et elle en a quelques unes) est faux, elle peut si sa présence physique le nécessite prendre l’avion. l’implantation du nom Penchard-Michaux-Chevry est ancestrale et synonyme de services rendus au « pays Guadeloupe » notamment dans le social.
Quant à Lurel, vice-président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui a parlé de « clientélisme éhonté » je ne m’inquiète pas pour sa réussite. Il n’est pas là par hasard.
Penchard, candidate et en temps que telle a dit aux militants présents dans la salle son : «envie de servir qu’une population, la population guadeloupéenne». Ce qui est normal, la presse a détourné le discours pour continuer un mouvement déjà amorcé depuis la nomination de Penchard.
Une partie de la Presse française servile, ne s’est jamais privée de casser du sucre sur le dos de Penchard, cette Presse exprimait et exprime la voix officieuse du maître peut être, mais Lurel…(pardon)… Penchard n’est pas encore virée, puisqu’elle a peu de chance d’être élue et garde un soutien ferme du Chef du Gouvernement. A moins qu’on lui ait préparé d’autres scénàrios et discours de ce genre.