bienvenue Monsieur le président

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Bienvenue à vous MONSIEUR LE PRESIDENT

Dans votre discours de la Réunion vous avez déclaré que quoi qu’il arrive et quelque soit le résultat de la consultation du 24 janvier la Martinique resterait un Département.

C’était certes une forme de mépris à l’égard du vote des électrices et des électeurs de la Martinique, mais cette déclaration a pesé lourd dans leur comportement électoral, car elle signifiait clairement que cette consultation du 24 janvier – que vous avez-vous-même voulue – ne servirait à rien, que vous n’en feriez qu’à votre tête, comme à l’accoutumée, en force s’il le fallait.

Après cette annonce faite à la Martinique, il serait bien mal venu, qu’à postériori vous teniez compte de ce résultat du 24 janvier.

Et si d’aventure votre passage en force consistait à rester fidèle à votre parole Réunionnaise : Au nom du grand Sachem, Département tu es, Département tu resteras !! Alors je vous dirais, qu’en effet c’est le mieux que vous puissiez faire, car les articles 72 et 73 de la Constitution sont si mal rédigés qu’ils ne vous offrent pas d’autres choix que de suivre vos paroles de la Réunion, relayées par la Ministre de l’Outremer sous la forme d’une non-sortie du droit commun.

Car si vous entendiez tenir compte du OUI du 24 janvier, en créant une collectivité Unique à statut particulier, non seulement vous vous renieriez, mais la « malfaçon » de la constitution fait que la Martinique serait exclue de la zone où les lois et règlements s’appliquent de plein droit. En effet l’alinéa 1 de l’article 73 est, on ne peut plus clair, cette zone est constituée des Département et des Régions. A moins d’une révision constitutionnelle destinée à modifier l’alinéa 1 de l’article 73, la Martinique se trouverait propulsée dans un ailleurs juridiquement indéfini.

Il se peut que le Conseil d’Etat, interpellé par mes soins en vienne à annuler cette consultation pour peu qu’il veuille bien relever les impasses constitutionnelles que recèlent ces deux articles. Mais vous pouvez aussi, avec cette insupportable légèreté de l’être, la compter pour du beurre.

Aussi, en l’état actuel de la constitution, la seule solution qu’il vous reste pour demeurer conséquent avec vous-même est de ne pas tenir compte de la consultation du 24 janvier.

Et alors vous recevriez un chaleureux remerciement des 32% d’électeurs ayant voté NON, des 4% qui ont voté blanc, et des 65 % d’abstentionnistes à qui vous avez dit qu’il ne servait à rien d’aller voter.

Vous voyez, Monsieur le Président, cela ferait beaucoup d’heureux !

Cependant, si d’aventure votre projet était de nous signifier un collectif et sonnant « cassez vous, pauvres C… », il vous resterait à attendre que les élections régionales portent à la Région des comparses avides d’autonomie par étapes ou d’indépendance directe.

Pour l’heure ce sont presque 80 % de martiniquaises et de martiniquais qui, le 10 janvier ont dit vouloir demeurer dans la République et le droit commun.

La France, cette douce France des profondeurs de ses provinces, n’aime pas qu’on la malmène qu’on la bouscule. Les présidents de terroirs que furent Mitterand et Chirac ont su la caresser dans le sens du poil, et eux aimaient la Martinique. Vous, tel un Napoléon des temps modernes, cherchez à l’accoucher au forceps. Prenez garde, elle sait aussi se rebeller de violentes rebuffades.

Tenez-en compte, Monsieur le Président, et soyez le bienvenu parmi nous, sur cette terre où flotte encore un drapeau que vous connaissez bien.

Joseph VIRASSAMY

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