Auguste- François Perrinon

Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Gilles FRANCOIS DIT CHRISTOPHE
Auguste-Françios Perrinon, député abolitionniste

Auguste-François Perrinon, député abolitionniste

Né à Saint-Pierre (Martinique) le 28 août 1812, il est le fils de Roise dite « Piquion », affranchie sous le Consulat. Il reçoit le nom de Perrinon suite au mariage de sa mère avec Pierre dit « Perrinon » en 1826. Certains (Pierre Dessalles), prétendraient que son père serait en réalité un Blanc. En outre sa marraine semblerait être Caroline Carrère, petite fille et épouse de gros négociant de la place de Saint-Pierre (ce qui s’avèrera à un moment un soutien non négligeable).

Envoyé en France, il devient élève de l’École polytechnique (promotion X 1832). Il se spécialise dans l’artillerie de Marine à l’Ecole d’application de Metz. . Il est nommé Capitaine en second le 31 janvier 1840 et en  1841, il est  affecté au Service de l’Inspection générale du matériel de l’Artillerie de Marine à Paris.

En 1842, il est envoyé en Guadeloupe comme capitaine en second puis en premier. Son attitude « distante » au service du système esclavagiste provoque l’ire de Schœlcher (qui ne le connaissait pas d’ailleurs). L’Alsacien déplore dans un passage de son ouvrage  Des Colonies françaises, abolition immédiate de l’esclavage l’attitude des gens de couleur élevés en France, qui « ne savent point se suffire avec l’élite de leurs semblables ( …) et peu à peu quittent leur pays pour ne plus y paraître (…) Ils désertent une cause sacrée. On nous a cité un officier d’artillerie sang-mêlé qui, envoyé à la Martinique demanda vite à permuter, ne pouvant tolérer la situation gênante que lui faisait sa couleur de peau. ». Perrinon se contentera d’une simple note technique en guise de réponse à Schœlcher.

On découvre qu’il est Franc-maçon et il est chargé par la loge abolitionniste de l’Union de Saint-Pierre d’obtenir à Paris la lettre de constitution auprès du Grand Orient de France.

En mission à Saint-Martin en 1844, il se lance dans des expériences innovantes pour démontrés que les esclaves et les affranchis pouvaient travailler avec des stimulants matériels. Il rédigera d’ailleurs en 1847  une brochure intitulée Résultats d’expérience sur le travail des esclaves où il s’emploie à démontrer que le travail libre est possible. De retour en France il est nommé à la tête d’une fonderie et reçoit la Légion d’Honneur.

La discrétion de sa réponse à Schœlcher, le succès de son expérience à Saint- Martin et son rôle actif auprès de la loge de l’Union ont étendu l’audience de Perrinon dans les hautes sphères. Lors de la Révolution de Février 1848, les Blancs propriétaires dans les cercles schœlcheristes à Paris appuient la candidature de Perrinon pour contrer Bissette. Il est au côté du comité des colons qui demande l’abolition immédiate à Arago. Schœlcher le fait entrer dans la Commission d’émancipation le 4 mars.

A  la suite du décret d’abolition de l’esclavage, il est envoyé comme commissaire d’abolition, puis commissaire général à la Martinique (juin-novembre 1848). La Commission prévoit le versement aux propriétaires d’une indemnité  destinée, non pas à compenser la perte des esclaves mais à payer le salaire des ouvriers et cultivateurs. En réalité, elle servira surtout à payer les dettes énormes des propriétaires. A cause du manque d’argent il faudra un autre moyen de retenir les travailleurs : c’est ainsi que l’on proposera le recours au système de l’Association.

Le système de l’Association visait à intéresser les travailleurs au produit de la terre, la crainte étant  que ceux-ci aillent monnayer leur talent au plus offrant créant une instabilité pour les petits propriétaires. Il évitait en outre le déblocage de fonds. Il est donc évident que ce système le soutien des propriétaires et surtout de Perrinon.

« Art. III.  La mise de fonds du propriétaire consiste dans la terre de l’habitation(…), les bâtiments et manufactures, les animaux attachés à l’exploitation, les plantations, les ustensiles(…),
La mise de fonds des travailleurs consiste dans le travail de l’industrie de chacun d’eux sur ladite habitation.
Art. IV. (…) La durée de la société est annuelle.
Art. V. (…) Les travailleurs conserveront la jouissance des cases qu’ils habitent et des jardins qu’ils cultivent pour leur compte, sur l’habitation.
La journée de samedi est affectée  à la culture desdits jardins et à la vente des produits appartenant aux travailleurs.
Art.VII. La journée sera de 9 heures. Elle commencera au lever du soleil et se terminera à son coucher.
Art. VIII. Les travailleurs malades sont soignés au frais de la société.
Art. IX. Les produits de toute nature du fonds spécial seront partagés en trois portions égales, dont l’une ira au propriétaire, l’autre pour les dépenses et la dernière pour les travailleurs.
Art. X. Le partage entre travailleurs se fera après la fabrication ou la vente des denrées. Chaque associé recevant une part proportionnelle au nombre de journées de travail effectuées.
Art. XI. Le partage ne pouvant se faire qu’après la vente, chaque travailleur pourra demander une avance sur salaire de deux francs. ».

Sa compagne en faveur de l’Association est mal perçue par la population, surtout chez les noirs. Malgré tout il est élu député de la Constituante pour la Guadeloupe en novembre. Il préfère néanmoins conserver le poste de Commissaire Général de la République à la Martinique. Il siègera en compagnie de Schœlcher le montagnard, Pory Papy et Louisy Mathieu à l’Assemblée Constituante. Schœlcher et lui sont élus en Guadeloupe pour la première assemblée de la IInde République. L’élection est invalidée à cause d’un climat de terreur oblige à convoquer de nouveau les électeurs en 1850.
Le Coup d’Etat du 2 décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte provoque la dissolution de l’Assemblée. Bonaparte demande à Perrinon de prêter serment au régime qui refuse. Il se réfugie à Saint Martin où le double statut de l’île et surtout sa fortune personnelle lui permettent de finir ses jours paisiblement. Il meurt le 2 janvier 1861.

Un commentaire

BRIAND Paul  on juin 2nd, 2009

Jusqu’à présent beaucoup prétendent que Perrinon a été initié à la maçonnerie en 1848 quelques semaines après son retour en Martinique . Apparemment en vous lisant cela ne semble pas être le cas.Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez m’apportez quelques précisions .
Je vous remercie. BRIAND Paul

Laisser un commentaire