Une nouvelle nuit de violences en Martinique.

Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Gilles FRANCOIS DIT CHRISTOPHE
Une guérilla urbaine en plein capitale

Une guérilla urbaine en pleine capitale

Une deuxième nuit de violences dans l’agglomération foyalaise.

Alors qu’en Guadeloupe on semble s’acheminer vers  un accord, comme l’a annoncé hier un membre du LKP aux alentours de minuit, le climat est tout autre dans l’ »Ile aux fleurs ». Pour la deuxième nuit d’affilée, Fort-de France est plongée dans une atmosphère de guérilla urbaine.  Ce sont plusieurs dizaines de commerces qui ont été la proie de casseurs qui semblent s’être approprié les rues de la capitale.

Cette nuit, de mercredi à jeudi,  une nouvelle fois, les rues de Fort-de-France ont été livrées aux exactions incontrôlées de dizaine voir de centaines de pillards qui s’en sont pris à de nombreux commerces. Les foyalais ont vécu sous un véritable état de siège. Voitures incendiées, magasins en pillés, poubelles enflammées, jets de cocktails Molotov…  Les forces de l’ordre ont semblé cette fois dépassée par l’ampleur de la violence déchaînée. Toute la nuit, des jeunes encagoulés ont joué au chat et à la souris avec les gendarmes et policiers.

Cela a commencé par des échauffourées entre agitateurs et gardes mobiles aux abords de la préfecture. Aux jets de gaz lacrymogènes des forces de l’ordre ont répondu des pierres. Les jeunes « voyous », c’est le terme qui peut-être employé, se sont ensuite dispersés  par groupes de deux-roues. Plusieurs automobilistes se sont fait braquer, certaines des voitures ont servi  à commettre par la suite des forfaits. Ainsi, des voitures béliers ont été projetées contre les rideaux métalliques de Carrefour Dillon et de Cyber H, qui ont été pris d’assaut par les pillards. Des gens ont été vus sortir avec des ordinateurs et des écrans à la main. Juste à côté, On a retrouvé un tracteur devant Intersport. Une jeune étudiante foyalaise des Terres Sainville raconte : « J’ai vu passer des dizaines de mecs cagoulés à pied ou en scooter. Ils remontaient la rue avec du matériel hi-fi visiblement. Certains faisaient le guet, d’autres étaient tout simplement spectateurs. J’ai aussi entendu pas mal de tirs de lacrymogènes » .

C’est une population sous état de choc qui doit subir la menace de ces hordes de jeunes dont certains ont parfois 14 ans. Alors que les négociations traînent en longueur, c’est un ras-le-bol  qui commence à s’installer ; les contrôles à l’entrée de la capitale, le manque d’essence et le rationnement pour la nourriture pèsent de plus en plus. Ces trois facteurs  auxquels se rajoutent l’incompréhension entre syndicat et patronat sont un terreau favorable à ce genre de débordements. Depuis mercredi, 27 personnes sont en garde à vue pour les violences de mardi dont deux mineurs le plus âgés ayant 66 ans. La plupart sont sans antécédent judiciaire.

Mais l’amalgame ne doit pas être fait entre l’action syndicale des grévistes et les exactions de bandes de pillards qui profitent d’une situation explosive. La cause défendue par le Comité du 5 février ne doit pas être ternie par les violences de ces deux dernières nuits. Mais le sortir de la crise et la fin des tensions ne auraient se faire sans un accord entre les différentes parties.

Gilles F.D.C.

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